Archives par mot-clé : sémantique

La donnée est l’élément pivot d’une nouvelle politique culturelle

Nos contenus culturels sont-ils dans le web des données ?

Mémoire déposé dans le cadre de la consultation publique pour le renouvellement de la politique culturelle du Québec, 8 mai 2016.

Représentation du web des données ouvertes liées - 2014

Parmi tous les documents publiés — tant par les gouvernements du Québec et du Canada que par les institutions et organismes préoccupés par le nécessaire renouvellement d’une politique culturelle dans un contexte de transition numérique — il n’est fait aucune mention de la donnée. Celle-ci est pourtant au cœur du « numérique » (peu importe la définition choisie) si bien qu’il est impossible d’élaborer une vision, une politique et des programmes qui soient cohérents et qui aient un impact réel et de longue durée sans une compréhension fine de ce dont il s’agit.

Comprendre la donnée, c’est être en mesure de répondre à la plupart des questions qui se trouvent sous les sept thèmes du document de consultation et, de manière plus générale, à celles-ci :

  • Quels sont les éléments fondamentaux sur lesquels il faut agir pour que la politique culturelle fasse émerger des projets et actions ayant un impact transformateur et durable sur l’économie de la culture?
  • Que devrait-on retenir des orientations qui façonnent les stratégies et les programmes d’états ayant une structure de soutien similaire à celle du Québec?
  • Comment des programmes peuvent-ils avoir une portée transversale sur les trois principaux axes de la politique que sont :
    (1) l’affirmation de l’identité culturelle,
    (2) le soutien aux créateurs et aux arts et
    (3) l’accès et la participation des citoyens à la vie culturelle?

Ces questions ont orienté la rédaction de ce mémoire. Celui-ci a été rédigé à partir d’un rapport-synthèse réalisé à la demande de la SODEC afin de dégager les éléments essentiels à son appréhension du contexte au sein duquel les créateurs et entreprises culturelles vivent désormais.  Lire le mémoire

Commerce électronique: deux bonnes raisons pour aller voir ailleurs

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 18 décembre 2013.

Lorsqu’on parle de commerce électronique au Québec, il est souvent question de stratégie et de technologie, mais rarement d’information. Pourtant, qui n’a déjà fait ou entendu ce genre de commentaire : « C’est plus facile à trouver avec Google que sur le site de [XYZ]! »?

Tout comme l’information stratégique, l’organisation et l’exploitation des données concernant l’offre commerciale ne semblent pas encore faire partie des enjeux prioritaires de trop d’entreprises.

Labyrinthe de la Cathédrale de Reims

Une question d’information

Selon une étude récemment publiée par le CEFRIO, malgré la croissance du nombre d’achats en ligne, ceux-ci sont majoritairement effectués à l’extérieur du Québec. Quel dommage pour notre économie! Parmi les raisons qui pourraient expliquer cette préférence, il y en a deux pour lesquelles il serait tout à fait possible d’apporter des correctifs :

1. Le catalogue de produits n’est pas terrible

Les géants du commerce en ligne, ainsi qu’un nombre croissant de grandes marques américaines, investissent dans la mise en valeur de leur offre commerciale sur Internet en ouvrant aux internautes de très efficaces catalogues de produits.

Cela fait plusieurs années que des sites de commerce européens déploient cette force de frappe numérique. Il suffit, lors d’un séjour outre-mer, de chercher un simple appareil électro-ménager en ligne pour se voir proposer différentes marques et prix à même les résultats affichés par Google. Par ailleurs, plusieurs grandes enseignes s’intéressent au web sémantique afin d’ajuster leur moteur de recherche interne aux besoins exprimés de façon non explicite.

Désolée d’insister : les métadonnées descriptives sont au cœur de la recherche sur Internet. Les moteurs de recherche raffolent particulièrement de celles qui s’appuient sur des formats standards car elles sont faciles à interpréter et à contextualiser. Or, la plupart des catalogues en ligne au Québec ne sont constitués que de fiches d’information qui sont fournies par les manufacturiers. Résultat : il y a aucun format commun et on utilise un vocabulaire qui s’adresse davantage au service de l’approvisionnement qu’à la clientèle cible.

Enrichir les données d’une fiche produit avec des métadonnées permet d’ouvrir un catalogue à un grand nombre d’applications de recherche, et ainsi, de diffuser plus largement une offre qui, autrement, restera confinée au site Internet d’origine.

De tous les secteurs d’activité au Québec, par exemple, seule la musique connaît une initiative liée aux métadonnées. Il s’agit de TGiT, qui promeut l’adoption de métadonnées standards incrustées aux fichiers MP3 afin d’intensifier la présence numérique des créations québécoises.

La concertation autour de normes requiert des efforts considérables de la part de l’ensemble des acteurs d’un écosystème, mais c’est à ce prix que s’acquiert une présence forte et une certaine autonomie face aux géants du web comme Amazon et Apple.

2. La recherche sur ce site est une corvée

L’accessibilité et la qualité de l’information concernant les produits et leurs processus d’achat sont à l’origine de l’insatisfaction de nombreux consommateurs.

Si la partie transactionnelle peut être améliorée par des spécialistes de l’interface utilisateur, l’architecture de l’information devrait être élaborée avec les méthodes des sciences de l’information. De trop nombreux catalogues en ligne, incluant ceux des grandes entreprises, n’ont pas de schéma de classification, de catégorisation et de métadonnées cohérents et évolutifs qui permettraient aux moteurs de recherche internes et externes d’être plus efficaces.

Les moteurs de recherche internes sont rarement paramétrés adéquatement et cela constitue le plus grand irritant : il y a trop de résultats ou bien aucun résultat, le tout sans proposition d’alternative.

Un autre sujet d’amélioration est la recherche à facettes, qui permet de trier des résultats en fonction d’attributs spécifiques. Ces attributs se limitent habituellement au prix et à la marque, alors que d’autres informations plus utiles, comme les caractéristiques propres au type de produit, n’y sont pas.

Par exemple : pour un convecteur de 150 watts, on devrait proposer linéaire, thermostat intégré, puissance, spécialité (p. ex. un chauffe-serviettes). C’est un investissement qui permet de faciliter la recherche et, donc, d’accroître les ventes et de rentabiliser ainsi le coût d’acquisition de la technologie.

De plus, ces attributs permettent non seulement de contextualiser l’offre (p. ex. la variété des options), mais également d’enrichir l’analyse des données sur les besoins de la clientèle.

Le catalogue de produits demeure le maillon faible du commerce électronique au Québec. Pour trop d’entreprises, c’est encore une brochure ou, au mieux, une arborescence de site web. Mais pour les plateformes commerciales à succès, il s’agit plutôt d’un ensemble de données structurées s’adressant aux consommateurs afin de faciliter leurs décisions d’achat. Et pour celles qui sont entrées dans l’économie numérique, c’est aussi la composante d’un système d’information stratégique.

Pour Noël 2014, les sites de commerce en ligne seront-ils enfin passés en mode « information » au Québec?

Élections municipales: affiches électorales sur Twitter

Dimanche soir, j’écoutais Twitter dans l’aquarium de CIBL avec l’équipe de journalistes et d’animateurs. Déçue par ce que j’ai observé par la visualisation de données, j’ai terminé ma soirée électorale en commentant, sur Twitter:

50 nuances de beige. Une carte lexicale d’un ennui… Montréal se cherche un administrateur, pas un visionnaire. #mtl2013 #polmtl

Tout au long de la campagne, les thèmes, porteurs de vision, n’avaient laissé que de faibles traces.  La dynamique n’avait pas changé pendant la dernière journée de la campagne.

Où sont les enjeux ?

C’était prévisible. Au cours de la campagne électorale municipale, sur les flux #mtl2013, #polmtl et #cmmtl, les « affiches électorales virtuelles » ont pratiquement dominé le contenu des publications. Les principaux sujets des publications ont très majoritairement été les candidats(tes) des partis. Les mots les plus fréquemment employés ont été des noms propres et des noms de partis. Quelques mots faisant référence à des thèmes et enjeux de la vie municipale émergeaient, ça et là, mais sans aucune mesure, de façon comparable à la promotion des candidats.

Marketing et communication de masse

Les organisations politiques et leurs agences de communication ont ajouté Twitter à la panoplie des outils et s’en servent à la manière d’un média de masse: pour publier et relancer à répétition un message concernant les activités et bons mots des candidats. Trop peu de candidats s’en sont servi pour écouter les échanges et proposer de l’information utile sur des enjeux précis. Il y en a donc peu, dans cette carte lexicale générée à partir des contenus publiés du  1er août à la fermeture des bureaux de vote, le 3 novembre, à 20h00.

Mtl2013_Lexical_FermBurVot
Carte lexicale des flux #mtl2013 #polmtl #cmmtl (conseil municipal de Montréal), du 1er août au 3 novembre 2013, à 20h00- Nexalogy

Toile de fond: transports collectifs

Quels sujets ou enjeux ont-ils été les plus populaires ? Derrière le changement, thème récurrent en période électorale, ce sont les sujets qui ont trait aux transports collectifs (métro, tramway, SRB ou service rapide par bus) qui ont le plus suscité de publications.

Parmi les 200 mots les plus présents dans les tweets publiés durant cette période, voici ceux qui sont liés à des enjeux ou des thèmes de la politique municipale. Les mots sont suivis de leur rang et de la fréquence de publication :

  • Changement (31e) 1174
  • Métro (72e) 707
  • Tramway (85e) 566
  • Parc (99e) 547
  • SRB (108e) 532
  • Idées (112e) 523
  • Familles (115e) 507
  • Quartier (141e) 437
  • Économique (146e) 429
  • Transparence (157e) 399
  • Idée (161e) 392
  • Enjeux (175e) 371
  • Développement (184e) 361
  • Bus (193e) 354
  • Taxes (195e) 352
  • Étudiants (198e) 349

Opinion publique ou opinion médiatique ?

Les médias constituent la source de la presque totalité des liens échangés. Pendant les 48 heures qui ont précédé le vote, les éditoriaux des quotidiens Le Devoir et La Presse ont été parmi les 5 liens les plus populaires.

Élections du 3 novembre – Pour Bergeron, Bernard Descôteaux, Le Devoir, 2 novembre 2013

Denis Coderre à la mairie , André Pratte, La Presse, 1er novembre 2013

Communiquer, oui, mais quoi ?

L’annonce de l’élection de Denis Coderre à la mairie de Montréal a immédiatement généré de nombreux commentaires dont une grande partie étaient négatifs, ironiques et voire même malicieux. Près de 48 heures après cette annonce, ceux-ci ont disparu de la carte lexicale. Seul un commentaire publié par Gabriel Nadeau-Dubois subsiste car il est abondamment repris. Il témoigne de l’insatisfaction d’une partie de l’électorat face à la faiblesse du contenu proposé.

Carte lexicale - 48 heures après la fermeture des bureaux de vote
Carte lexicale – 48 heures après la fermeture des bureaux de vote (Nexalogy)

Gabriel Nadeau-Dubois, "Cette élection marque le triomphe de la communication vide" - Twitter

Soirée électorale et écoute sociale

Carte des interactions sur Twitter - #mtl2013 #polmtl #cmmtl 2 novembre 2013, 21h30
Carte des interactions sur Twitter – #mtl2013 #polmtl #ccmtl 2 novembre 2013, 21h30 (Nexalogie)

Marco Fortier, journaliste pour Le Devoir, a donné un bref aperçu de l’activité des candidats à la mairie de Montréal sur les médias sociaux.  Je ne crois pas qu’il s’en trouve pour nier que les réseaux sociaux constituent un canal de plus à intégrer dans une stratégie de communication.

Mais l’adoption de nouveaux usages ne change pas nécessairement notre façon de voir le monde. Si les tweets et les publications sur Facebook remplacent les communiqués sur les fils de presse, on utilise encore les réseaux sociaux comme un média de masse, c’est à dire, d’abord pour diffuser un message, puis, quelquefois, pour interagir avec d’autres internautes. Rarement est-il question d’écouter ce qui ce dit sur un sujet donné avant de prendre la parole.

L’écoute sociale en quelques cas:

Écouter pour mieux communiquer

Dimanche, 3 novembre, je me joindrai à l’équipe de CIBL (101,5 à Montréal) qui, pour la soirée des élections, ouvrira les portes de son studio au public, au coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine.

J’utiliserai le logiciel développé par Nexalogie pour analyser les contenus et les interactions sur les flux #mtl2013, #polmtl et #cmmtl. Je partagerai mes observations avec les animateurs et commentateurs qui seront sur place et, également avec l’audience de CIBL.

Il faut être familier avec les interfaces de requête et de production de rapports, ainsi qu’avec les concepts (et pièges) de l’analyse de données. Cependant, Nexalogie a développé une interface qui s’adresse au grand public. Les internautes peuvent donc dès maintenant visualiser les sujets des tweets, les liens qui sont échangés et les comptes qui sont les plus actifs.

L’activité des flux des principaux mots-clés (hashtag) sur Twitter peut être visualisée en français et en anglais:

Élection Montréal sur Twitter en français

Élection Montréal sur Twitter en anglais

La #charte sur Twitter: les mots dépassent-ils la pensée ?

Analyse du contenu et des interactions à propos de la Charte des valeurs québécoises sur Twitter.

Projet lancé à 00h00 le 12 septembre 2013, avec le logiciel d’analyse de Nexalogy. Données recueillies en français (#charte et charte AND polqc) et en anglais (#charte et charter + (qc OR quebec OR polqc)).

Campagne de recrutement - Lakeridge Health

Depuis jeudi dernier, le grand gagnant (flux français et anglais) de l’agitation sur Twitter est un hôpital en Ontario qui est à la recherche de personnel et qui a rapidement repéré l’opportunité. Les hyperliens menant vers la page Facebook de la campagne, ainsi que les différentes affiches publicitaires se sont rapidement propagées parmi les flux sous observation.

Dans l’ensemble, la cartographie des thèmes et groupes lexicaux présente un enchevêtrement confus d’émotions, d’accusations, de sarcasmes et de liens d’actualité. Les appels à l’unité y sont à peine visibles car trop peu fréquents.

Religion et politique

Parmi les thèmes présents, celui de la religion est prépondérant. C’est de l’Islam, plus que toute autre religion, dont il est surtout question; notamment, au sujet du port du voile.

Depuis samedi dernier, jour de la manifestation contre la charte, une thématique a pris de l’ampleur: les droits des femmes. Le mot « femmes » figure au 7e rang des 200 mots les plus fréquents. En marge des autres groupes lexicaux, celui-ci fait état des enjeux entre féminisme et pratiques religieuses.

La politique provinciale occupe une part importante des contenus. De nombreuses publications sont des déclarations partisanes qui concernent plus le Parti Québécois que le contenu de la charte.

Carte lexicale du flux #charte - en français - sur Twitter
Carte lexicale des contenus du flux #charte, en français, sur Twitter, 12 au 16 septembre 2013 (Nexalogy)

Société distincte ?

À la différence du flux français,  le flux anglais a de nombreux contributeurs hors-Québec. Là aussi, la politique s’est invitée:  les personnalités de 4 partis fédéraux sont très fréquemment mentionnées (au bas de la carte) et le commentaire d’un député conservateur (Jason Kenney, tout en haut de la carte) a abondamment circulé.

L’intégration des immigrants, les valeurs partagées et la laïcité, ne sont pas des sujets de controverse qui sont spécifiques au Québec : de nombreux liens échangés proviennent de sources hors-Québec et font référence à des controverses qui ont lieu dans d’autres provinces.

Carte lexicale du flux #charte - en anglais - sur Twitter
Carte lexicale des contenus du flux #charte, en anglais, sur Twitter, 12 au 16 septembre 2013 (Nexalogy)

Quelles valeurs ?

Des 200 mots les plus fréquents parmi les 16 200 tweets recueillis jusqu’à présent sur le flux français, 4 termes font références à des valeurs :

  • 5.  laïcité (575 fois)
  • 37. inclusif (225 fois)
  • 75. égalité (143)
  • 90. liberté (133 fois)

Des 200 mots les plus fréquents parmi les 11 500 tweets recueillis jusqu’à présent sur le flux en anglais, 6 termes font références à des valeurs :

  • 36. secularism (167 fois)
  • 72. freedom (104 fois)
  • 87. diversity (82 fois)
  • 168. freedoms (50 fois)
  • 183. equality (46 fois)
  • 199. inclusive (43 fois)

Quel débat ?

Dans un billet qu’il a publié ce dimanche, Clément Laberge se demande si l’instantanéité, n’étouffe pas le débat.

On peut-tu prendre un break? Une semaine? Pour laisser retomber un peu la poussière. Pour se donner le temps de lire les documents auxquels on fait référence, pour écouter attentivement les défenseurs et les opposants — et les amener à expliquer ce qu’ils appuient et ce qu’ils dénoncent dans la proposition. Pour sortir des antagonismes et créer un climat plus propice à l’expression des nuances et à la formulation de propositions alternatives — parce que le document peut certainement être amélioré; et qu’il a d’ailleurs été présenté comme tel.

Cette réflexion rappelle le dernier ouvrage de Douglas Rushkoff, Present Schock – When everything happens now, où il présente les effets sur notre comportement, d’une existance en temps réel. Au cours d’une entrevue, il illustre bien l’effet de l’instantanéité sur nos conversations numériques:

Remember those early conversations on the Well? We got to sound smarter than we were in real life, because we had all the time in the world to respond. They were asynchronous conversations, fully consonant with the asynchronous character of digital technology. When we strap this stuff to our bodies and respond to each vibration, we are turning them into something very different.

 

 

 

 

Confiance et engagement dans un débat public : leçons du conflit étudiant

Un an après le début du conflit étudiant, l’utilisation de Twitter par le Service de police de la Ville de Montréal (@SPVM) demeure la meilleure illustration d’un comportement suscitant l’engagement, même dans des échanges polarisés. Tel que démontré lors d’une analyse des conversations sur les flux #manifencours et #ggi, le compte @SPVM se positionnait alors au centre des interactions (graphique généré par Nexalogy Environics).

Carte des interactions - Nexalogie
Crise étudiante – Carte des interactions (comptes Twitter) – Nexalogie

Voici ce que ce nous apprend le comportement du SPVM pour établir la confiance et susciter l’engagement dans un débat public dans l’espace numérique :

  • Écouter activement

Melissa Carroll, la spécialiste des médias sociaux qui opère le compte du SPVM demeure visiblement à l’écoute. Elle est fréquement sollicitée par des interpellations (messages débutant par l’identifiant du compte) et répond.

  • Partager de l’information utile

En transmettant de l’information utile (déplacement de la manifestation, actes commis, fermeture de rues), le compte SPVM a attiré des abonnés, peu importe leurs positions relativement aux actions de la police.

  • Identifier des interlocuteurs réceptifs

En n’interagissant qu’avec des détenteurs de comptes dont le ton est modéré et dont les interpellations sont pertinentes, quel que soit leur position, le compte SPVM évite les conversations polarisées et élargit son audience.

  • Engager la conversation avec ses adversaires

Le compte SPVM ne répondait pas uniquement aux demandes d’information de ceux qui exprimaient leur soutient aux interventions policières.

Maîtrise des métadonnées: enjeu culturel et économique majeur

The Semantic Web isn’t just about putting data on the web. It is about making links, so that a person or machine can explore the web of data. With linked data, when you have some of it, you can find other, related, data. Tim Berners-Lee, Linked Data

Les 5 règles des données liées (linked data)

Métadonnées: la France est en retard…

Le numérique est avant tout un espace d’échange de métadonnées : si vous ne contrôlez pas les métadonnées, vous laissez à d’autres le pouvoir d’exposer ou non vos œuvres, de vous rémunérer ou pas… Je trouve que nous gérons collectivement cet enjeu des métadonnées avec beaucoup trop de légèreté, le réveil risque d’être douloureux.

Pendant qu’en France nous enchainons les colloques sur la nécessité de s’intéresser aux métadonnées, le gouvernement anglais investit des millions de livres pour faire émerger le plus rapidement possible des acteurs mondiaux sur la gestion des métadonnées.

ÉlectronLibre, entrevue avec Jean-François Bert, fondateur de Transparency, une société qui agit comme un tiers de confiance pour les ayants droit qui veulent surveiller l’exploitation de leurs oeuvres sur le Net.

Le Québec numérique dans son enfance

Pour réaliser à quel point notre retard va nous mettre à la merci des économies numériquement plus avancées, il suffit de visiter des sites comme semanticweb.com. On retrouve très rarement au Québec et au Canada des postes similaires à celui-ci (extrait) :

Core to the work of Pearson International is excellence in information architecture. Information architecture benefits PI businesses by making content reusable through the application of standards; and « smart » by the use of metadata, taxonomies and semantic technologies.

Candidate Profile

Deep understanding of the complex challenges of information and knowledge management.

• Proven success incorporating Taxonomy and Metadata programs within a large enterprise organisation.

• Experience leading teams on taxonomy and metadata strategy projects

• Experience implementing industry taxonomy standards

• Experience implementing metadata standards such as Dublin Core

Un risque pour la culture et l’économie

Les récentes interrogations de l’industrie de la musique illustrent le retard numérique du Québec, notamment en ce qui concerne le web des données:

Au Québec, les ventes d’albums et de pistes numériques représentent 24 % du total; aux États‐Unis, cette proportion passe à 47 %, un peu plus que les 45 % du marché de la musique enregistrée au Canada. /…/ Non seulement la vente d’albums et de fichiers individuels de produits québécois est‐il significativement plus faible qu’en format physique, mais, contrairement à la tendance générale /…/, elle est en recul depuis deux ans.

/…/

Dans un contexte où le format physique semble condamné à perdre du terrain face au commerce numérique de la musique, il appert essentiel que les produits québécois accroissent leur part de marché au courant des prochaines années pour assurer la pérennité du disque québécois. Comment s’y prendre? Est‐ce que le disque (et le « single ») québécois sont assez bien représentés sur les différentes plates‐formes de téléchargement légal (iTunes, eMusic, Zik)? Peut‐on exiger de ces détaillants du Web qu’ils mettent mieux en valeur les produits québécois, voire qu’ils créent une « boutique Québec » sur leurs plates‐formes? Est‐ce que l’industrie de la musique doit investir davantage dans la publicité sur le Web et dans les réseaux sociaux pour mieux diffuser la musique d’ici?

(Philippe Renaud, Un portrait de la chanson québécoise, janvier 2013, pages 19-20)

S’il se vend moins de musique québécoise, c’est, en grande partie, parce qu’elle n’est pas présente/visible là où vont les consommateurs pour trouver de nouveaux contenus culturels (sur Internet). La découverte de contenus culturels québécois sur le Web passe par des métadonnées de qualité (nos catalogues de produits sont en général pitoyables, sémantiquement). De plus, la multiplication des plateformes aux technologies  propriétaires et aux formats non standards (voir la définition des données liées, au début de ce billet) entraîne une balkanisation de l’offre culturelle au détriment des consommateurs.

Twitter, mots-clics et démocratie à La Sphère (entrevue)

Josée Plamondon au micro de La Sphère
© Radio-Canada / Philippe Couture

Qu’est-ce que le conflit étudiant peut nous apprendre sur l’engagement civique et les réseaux sociaux ?

Lors de cette entrevue* donnée aujourd’hui à l’émission La Sphère, sur Radio-Canada, l’animateur Matthieu Dugal m’interroge sur la question de Twitter, des mots-clics et de la démocratie dans le contexte  de la conférence que Claude Théoret (Nexalogy) et moi espérons donner en mars prochain, à South By SouthWest (SXSW).

      Écoutez l'entrevue à Radio-Canada - La Sphère :

Ou bien télécharger le fichier mp3.

Startup Festival : carte des interactions et pistes narratives

En facilitant le repérage de connections entre des sujets et des acteurs, l’analyse des conversations sur les médias sociaux permet de raconter des histoires.

La deuxième édition du Startup Festival (informations plus détaillées dans la version anglaise du site) avait lieu les 11, 12 et 13 juillet derniers, au bout du quai Alexandra. J’utilisais jusqu’à présent la technologie de Nexalogy pour filtrer et analyser les contenus et les interactions sur les réseaux sociaux.  Dès la fin de la première journée de conférences, la carte des interactions m’a permis de repérer les éléments d’une histoire à raconter.

Parler de startups et d’opportunités au festival des startups de Montréal

StartupFest sur Twitter_Interaction_Comptes les plus actifs
Startupfest sur Twitter - Carte des interactions (comptes les plus actifs) Les comptes du Festival sont au centre des interactions. Plus les autres comptes sont près de ces derniers, plus ils sont en interaction avec eux.

Plusieurs femmes ont participé à cet évènement. C’était remarquable car les technologies de l’Internet attirent relativement peu de femmes. Vers la fin de la première journée de conférence, la carte des interactions a révélé la présence active de plusieurs participantes dans l’espace numérique des conversations. Qu’elles développent des applications ou des contacts d’affaires, ces entrepreneures font tranquillement leur chemin dans un univers bien différent de celui des entreprises de l’ère industrielle.

Potentiel narratif: 6 femmes, 6 histoires d’entrepreneures

@christinerenaud
Fondatrice de E-180, une plateforme qui permet de faire connaître et partager votre expertise ou votre savoir-faire en rencontrant des gens qui ont les mêmes affinités.

@JessicaLChalk
Entrepreneure de l’Ontario, responsable au développement des affaires pour I Think Security qui offres des services et des solutions de protection des données.

@misskavita
Kavita Ajwani, née à Montréal et a vécu en Thaïlande et en Inde avant de revenir démarrer une startup, Taskhire.com, qui permet de trouver en ligne de l’aide pour effectuer diverses tâches et travaux.

@MorganeSuel
Étudiante en anthropologie médicale, originaire de la Silicon Valley (ce qui explique sa passion pour les startups) et animatrice de la communauté du Startup Festival.

@sarahQB
Sarah Queen Browning, diplômée de Stanford et co-fondatrice de Panafold, une startup qui développe des interfaces et des applications mobiles pour faciliter l’acquisition de connaissances.

@SuzanneMGrant
Entrepreneure d’Ottawa qui contribue à la croissance d’un écosystème pour les startups du monde arabe. Elle publie le blogue ArabStarts.

Les contenus échangés par ces participantes, ainsi que leur profil et leurs traces sur le web recèlent un potentiel narratif, une perspective différente sur l’univers des startups.

Analyse des médias sociaux : aller au-delà des évidences

Je réponds ici aux questions qu’un lecteur a formulées en commentaire de mon précédent billet.  Je le remercie d’avoir pris la peine de s’exprimer et de m’obliger à préciser mes constats.

Machine à écouter les conversations
Machine à écouter les conversations

Mais globalement est-ce que cela modifie les conclusions ? Même intuitivement, ou en analysant rapidement mon fil d’actualité Twitter, j’aurais dit que la grande majorité des commentaires sur Twitter sont pro-étudiants.

Je ne suis pas intéressée aux conclusions de cette étude, mais uniquement à la démarche employée. Une telle étude peut être d’une grande utilité pour les médias ou les organisations qui désirent se positionner dans ce débat.  Cependant, la démarche doit être rigoureuse et l’analyse doit aller au-delà de ce que l’on peut déjà percevoir par la simple lecture des flux sur Twitter. On peut toujours remettre en question ou discréditer une étude dont la méthodologie n’est pas rigoureuse. J’ai pour preuve, la controverse qu’ont suscité les sondages récemment publiés à propos de la loi 78.

Par ailleurs, si la plupart des échanges semble prendre une couleur particulière, c’est probablement parce qu’il y a des acteurs plus déterminés, plus présents et qui maîtrisent les outils du web social. Ceci dit, bien des échanges sur qui ne sont pas marqués par des mots clic comme #manifencours, auront échappé à cette analyse.

Le constat de cette étude ne fait que renforcer la perception de polarisation, ce qui apporte peu aux organisations et individus qui souhaiteraient passer un message divergeant. Elle aurait pu relever les groupes qui ont des échanges démontrant des positions plus nuancées. Ce sont ces groupes qu’il faudrait cibler avec des contenus ayant une valeur informationnelle et non ceux qui n’échangent que des opinions, sans aucun ouverture à la discussion.

Un des objectifs de l’analyse des échanges sur les médias sociaux est le choix des conversations parmi lesquelles se positionner en diffusant de l’information utile.

Mais, même si je ne suis pas sûr de ce qu’ils voulaient dire exactement dans leur conclusion, je pense qu’il n’y avait pas de réelle stratégie. Il y avait des tactiques brillamment menées, des opportunités rapidement exploitées, de la coordination extrême, une capacité à gérer le chaos, etc. Je ne sais pas si on peut parler de stratégie et peut-être, que d’une certaine façon, la stratégie est morte (On dirait un mauvais titre de Wired ; )

Je ne crois pas que la stratégie soit morte, elle est simplement réinventée dans le contexte numérique (bottom up plutôt que top down). Les médias sociaux sont désormais un élément incontournable de l’écosystème de l’information. Savoir les utiliser est stratégique et beaucoup plus efficace qu’une page de publicité payée dans les journaux.

je ne comprend pas ton point sur la police…

Concernant le Service de police de la Ville de Montréal, cette étude a remarqué sa présence. Il n’était pas nécessaire d’employer une application de recherche pour se rendre compte de la fréquence de l’acronyme spvm dans le flux #manifencours (et même hors du flux) pendant les heures d’activité du compte Twitter du SPVM (et, également, hors de ses heures d’activité). Ce qui est remarquable, c’est que ce compte est au centre des conversations et qu’il constitue un exemple de maîtrise des médias sociaux (voir mon précédent billet). Contrairement au gouvernement du Québec, le service de police a compris le changement socio-culturel en cours avec le numérique et s’est rapidement fait conseiller (d’excellente façon, d’ailleurs). Bien des marques qui sont établies depuis quelques années sur les médias sociaux ne lui arrivent pas à la cheville pour sa réactivité, son professionnalisme et la valeur de l’information échangée.

Mise à jour (9 juin 2012)

Melissa Carroll anime le compte du SPVM depuis novembre 2011 et est une autodidacte des médias sociaux. Voir cette entrevue réalisée par Marie-Annick Boisvert : Portrait de gestionnaire de communauté : Melissa Carroll.