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Passages : The Media Business: MEDIA, INNOVATION, AND THE STATE

The Media Business: MEDIA, INNOVATION, AND THE STATE

Considérant leur peu d’efficacité démontrée par les gouvernements en matière d’innovation des processus, les médias devraient-ils se tourner vers l’État pour obtenir le support nécessaire à leur adaptation au changement ?

Robert Picard, économiste et spécialiste de la gestion des médias, questionne le souhait émis par certains médias, tant en Amérique qu’en Europe, de voir l’État participer au sauvetage d’une industrie qui a du mal à réagir au changement.

Comment innover

Les médias doivent innover, c’est une question de survie pour plusieurs. Cependant, le véritable défi de l’innovation n’est pas la modernisation d’une industrie, mais la définition de nouvelles fonctions et de nouvelles formes de médias.

Innover, ce n’est pas se limiter à améliorer ou adapter les processus et les produits/services existants, mais trouver de nouvelles façons de produire et de distribuer du contenu:

  • Repenser et reformuler l’offre de contenu;
  • Où, quand, comment ce contenu doit-il être offert ?
  • Quels nouveaux produits et services devraient être offerts et lesquels devraient être supprimés ?
  • À quel point et de quelle manière le contenu devrait-il se distinguer et/ou surpasser celui de la concurrence ?
  • Comment établir de nouvelles et meilleures relations avec la clientèle ?
  • Comment les activités sont-elles organisées et quels processus doivent être élaborés ?
  • Quelles relations doivent être établies avec les partenaires et intermédiaires ?
  • Et, ultimement, comment les activités sont-elles financées ?

Selon Robert Picard, l’État ne sera d’aucune aide si les groupes médias ne s’engagent pas pleinement d’eux-même vers le changement. Et ceci, reste encore à démontrer.

Passages : Media after the site « BuzzMachine

Media after the site « BuzzMachine

La prochaine évolution des médias: après la page, après le site: le flux. Piste pour un modèle économique basé sur le processus (comment est traitée et diffusée l’information) et non sur le produit lui-même.

Media must insinuate itself into our streams.

Intéressante perspective: ce ne sont plus les utilisateurs qui cherchent l’information, c’est la nouvelle qui trouve le lecteur.

  • Très important: le concept d’identité pour un service axé sur l’hyperpersonnalisation.
  • Important également: la priorité (Jarvis fait référence à Clay Shirky: algorithmic authority).

Passages : Context is King ! – AFP-MediaWatch


    Context is King ! – AFP-MediaWatch

    Excellent rapport dirigé par Éric Scherrer (AFP Media Watch) . Une analyse à chaud de la situation actuelle des médias qui suite The Perfect Storm et Mediapocalypse ou mediamorphose.

    N’est-ce pas la pertinence des contenus qui fait défaut aujourd’hui ? Et avec elle, la preuve de la valeur ajoutée ?

    Le vieux modèle économique n’est plus viable parce que basé sur le monopole de la production et de la distribution de contenu. Monopole que le web a remis en question. Le contrôle de l’accès est une illusion. Il faut se résoudre à revoir le modèle. La grande difficulté: les points d’appui d’un nouveau modèle n’émergeront que lentement, alors que les fondements de l’ancien modèle sont déjà érodés.

    Il y une surabondance de contenu (dont une bonne part d’hypermédiation, ou ubiquité de l’information), mais cela résulte-t-il pour autant en information ?

Passages : Du mur de Berlin et des lunettes roses des médias


    How Berlin In 1989 Is Like The Media Business In 2009 | paidContent

    Comme la chute du mur de Berlin, la réduction des barrières à l’accès et à la distribution de contenu est une révolution.

    James McQuivey, analyste pour Forrester Research, souligne à sa façon l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. En permettant à tous de créer, publier et distribuer du contenu, le web a sonnée la fin d’un modèle économique basé sur le monopole du contenu et de la distribution.

    Stop building value on your supposed content and distribution monopolies because digital economics have forever reduced barriers to competitive entry.

    La première réaction des médias est souvent cantonnée au budget (coupures, regroupement, abandon de certain segments). Il est temps de se positionner pour mieux servir les clients (quoi, comment et quand):

    You’ll have to embrace the devices consumers embrace – connected TVs, smartphones and e-readers – offering content as a service that spans multiple platforms, and charging for the convenience of easy access to what you provide.

    Pourquoi continuer à répéter des constats qui ne sont pas nouveaux ? McQuinvey signale que l’état de déni prévaut encore chez un trop grand nombre de décideurs de l’industrie des médias.

    Some chirp that this is all obvious and inevitable, why do we even bother to write about it? Others squawk that we can’t possibly be serious – have we never stopped to consider how impossible such a massive relocation of labor, assets, and economic value is? To the former, I applaud your naiveté and welcome your bold moves in the market. To the latter, I encourage you to learn your history lesson. Those who rebuild now will still be here to discuss the finer points of the digital transition 10 years from now. Those who do not, will not.

    Les lunettes roses des patrons de presse

    Pour preuve qu’il faut continuer à marteler le message, les résultats d’un sondage de l’American Press Institute qui démontrent un certain décalage entre patrons de presse et internautes.  La perception de la valeur du contenu et de la difficulté de trouver une alternative aux sites de journaux est bien différente selon qu’on soit le producteur ou le consommateur.

    eMarketer - Newspapers Hold Out Hope for Paid Models
    eMarketer - Newspapers Hold Out Hope for Paid Models

Passages : Local Bookstores, Social Hubs, and Mutualization – Clay Shirky


    Local Bookstores, Social Hubs, and Mutualization – Clay Shirky

    Il n’y a pas que certains patrons de presse qui utilise des arguments fallacieux pour protéger les acquis d’un modèle économique en déclin et s’éviter ainsi les efforts d’une démarche d’adaptation et de changement.

    Clay Shirky explique le faux débat lancé par l’American Booksellers Association à propos de l’accessibilité à la littérature. Les sites de vente de livres en ligne et les grandes enseignes du livre sont des menaces parce qu’ils réduisent potentiellement le choix, la disponibilité et la diffusion des titres.

    Après le déni, l’illusion d’une situation temporaire et d’un retour prochain à la « normale.»

    re-imagines what bookstores are for and how they are supported, rather than merely hoping that if enough nice people seem really concerned, the flow of time will reverse.

    Également, la transformation de la librairie en point de rencontre local d’une communauté d’amateurs de livres, est un leurre, selon l’auteur.Il ne désapprouve pas les intentions qui sont derrière cette idée, mais il n’y voit pas de modèles économique viable.

    The core idea [bookstore-as-coffeeshop] is to appeal to that small subset of customers who think of bookstores as their “third place”, alongside home and work. These people care about the store’s existence in physical (and therefore social) space; the goal would be to generate enough revenue from them to make the difference between red and black ink, and to make the new bargain not just acceptable but desirable for all parties. A small collection of patron saints who helped keep a local bookstore open could be cheaply smothered in appreciation by the culture they help support.

    Dernier recours, dans une nation qui est pourtant traditionnellement opposée à l’intervention de l’État dans les marchés, la ABA fait appel à la loi pour protéger les intérêts de ses membres.

    All of which is to say that trying to save local bookstores from otherwise predictably fatal competition by turning some customers into members, patrons, or donors is an observably crazy idea. However, if the sober-minded alternative is waiting for the Justice Department to anoint the American Booksellers Association as a kind of OPEC for ink, even crazy ideas may be worth a try.

Passages : Upstart service offers to sell magazine articles like iTunes sells music – Canadian Magazines


    Upstart service offers to sell magazine articles like iTunes sells music – Canadian Magazines

    Journaux et magazines – L’illusion du modèle iTunes

    Les consommateurs préfèrent de plus en plus butiner parmi une offre de contenu variée et en croissance exponentielle sur le web plutôt que de limiter leurs sources d’information en s’abonnant. Le modèle de vente d’iTunes fait l’envie de plusieurs parmi l’industrie du contenu.

    De jeunes analystes financiers ont délaissé Wall Street pour lancer un agrégateur de contenus donnant accès aux articles de plus de 650 magazines. Actuellement gratuit, l’accès à ce kiosque à journaux numérique, deviendra en partie payant (encore aucune information sur ce que sera cette partie à valeur ajoutée dite « premium »).

    Contenu à usage unique

    La comparaison avec iTunes s’arrête à la différence de comportement entre les consommateurs de musique et d’information: l’information est jetable après usage.

    The comparison with iTunes may be apt in all but one way; purchasers of individual cuts or whole albums through the online music service usually intend more than one-time use; one wonders whether the same will hold true to individual magazine articles.

    La croissance exponentielle des contenus sur le web, dont la vaste majorité est gratuite,  a donné aux internautes un choix jusque là inégalé. Ils sont également des consommateurs beaucoup plus critiques et exigeants.

    La loyauté des abonnés ne s’obtiendra qu’au prix de réels efforts pour offrir un contenu unique et une expérience client de grande qualité.

    Laisser l’avantage aux agrégateurs de contenu

    Le modèle de vente unitaires d’iTunes est beaucoup plus payant pour le propriétaire de la plateforme (Apple) que pour les maisons de disque. Sans parler de la perte de contrôle de la relation avec la clientèle dans un contexte marketing où le social prend toute sa valeur.

Passages : TOC: Piracy may boost sales, research suggests | theBookseller.com

    TOC: Piracy may boost sales, research suggests | theBookseller.com

    Dans l’industrie du livre, le piratage a un effet extrêmement positif sur les ventes. Le partage illégal de livres permet à ceux-ci de connaître une plus grande diffusion et de bénéficier de l’effet d’amplification des réseaux (recommandations).

    Résultat d’une étude réalisée sur une période d’un an, par Magellan Media en collaboration avec O’Reilly. L’étude a été présentée dans le cadre de Tools for Changes, une des série de conférences pilotées par O’Reilly, ainsi qu’au salon du livre de Francfort.

    /…/ while non-pirated books (both print and e-books) showed a « trending decline » after an initial sales peak, the sample titles saw a second peak at the onset of piracy. From week 19, which is on average when titles began to be pirated, to week 23, which was the average second peak, sales rose 90%.

    Il semble également que le rapport que les lecteurs ont avec le livre, même en format numérique, est différent de celui que les amateurs de musique ont avec les fichiers MP3.

    Voir aussi le billet précédent où des représentants de  l’industrie du livre font la comparaison entre l’état de leurs affaires et celui de l’industrie de la musique.

Passages : Le livre peut éviter les erreurs de l’industrie musicale | Technologie | Reuters


    Le livre peut éviter les erreurs de l’industrie musicale | Technologie | Reuters

    Commentaires des représentants des industries du livre et de la musique lors du Salon du livre de Francfort sur les similarités et différences des effets ressentis de l’évolution des technologies de l’information et des nouveaux usages du Web.

    L’industrie du livre est mieux préparée pour tirer partie de la révolution numérique que ne l’était l’industrie musicale il y a dix ans, les éditeurs de livres disposant pour vendre et améliorer leurs produits de solutions que leurs homologues n’avaient pas.

    Présentation d’une étude, du cabinet conseil Magellan Media, qui démontre que le piratage ne constitue pas une menace sérieuse pour l’industrie du livre.

    Les résultats montrent que les ventes légales des 21 titres qui ont été piratés ont atteint un pic après le début du piratage – ce qui suggère que pour certaines niches du marché le piratage pourrait être une forme de marketing gratuit.

    « Il y a un monde entre consacrer 15 heures à la lecture d’un livre et un clip musical de 30 secondes. » Une différence de taille qui a son effet sur le partage illégal de contenus.

Mon média personnel ne connait pas la crise

My changing media habits (or: there is no crisis!)

Très intéressante information sur la consommation des médias, par le journaliste Andrea Kluth (The Economist), repérée via Transnets , le blogue de  Francis Pisani, journaliste du Monde).

Constats fort honnête de la part d’un journaliste professionnel: il consomme plus volontiers de l’information en format vidéo et audio qu’en texte et que la plus grande part de cette information ne provient plus de journalistes.

Lorsqu’il se penche sur sa consommation actuelle des médias, M. Kluth note ceci (et c’est, à mon avis, capital pour toute l’industrie du contenu qui cherche à se renouveler):

Débarrassé des supports traditionnels (télévision, abonnement aux journaux imprimés), son accès à l’information est beaucoup plus efficace. Comme la plupart d’entre nous, il a adopté de nouveaux outils et usages. Il a élaboré son propre média par agrégation de sources sur des supports flexibles et mobiles.

En devenant le curateur de ses sources d’information, M. Kluth n’est plus le récepteur passif de contenus ayant plus ou moins d’intérêt. Paradoxalement, malgré la croissance exponentielle de l’information, il est beaucoup plus efficace.

La féroce compétition des producteurs d’information (professionnels et amateurs) pour accaparer notre attention a cela de bon qu’elle favorise les contenus de qualité (originaux, pertinents, approfondis) au détriment des contenus redondants et à faible valeur informationnelle.

As Clay Shirky has been saying for years: We have a surplus of time, once we get rid of the crap in our lives.

Conclusion d’Andrea Kluth : il n’y a pas de crise des médias. Jamais nous n’avons eu d’accès à autant d’information et jamais nous n’avons eu autant de moyens de sélectionner et de comparer nos sources. La crise des médias est structurelle et évidement, il y aura des disparitions d’emplois, c’est à l’industrie du contenu de s’adapter.

Ce n’est donc plus le média (journal, télévision, radio), mais les contenus que nous consommons. Nous nous faisons notre propre média grâce aux technologies qui nous permettent de  publier, sélectionner, remixer, commenter et partager.

Les médias traditionnels n’ont pas d’autre choix que celui de se réinventer, car nos habitudes de consommation changent de façon irréversible.

Passages : Look Beyond Data When Considering New Models for News (MediaShift Idea Lab )

Do we really know what readers want?

    /…/Without listing every single study undertaken and tallying all the money spent, I think I can safely assert that over the past two decades, the news industry has spent millions of dollars accumulating data about readers and what they supposedly want. And our industry has responded by altering its products and newsrooms to produce the things that they thought the data told them that readers really wanted. Today, metro newspapers write shorter stories, with faster ledes, and publish more pictures about fluffier stuff. Our leaders have steadily used this data to make decisions that have made newspapers worse every year. Somehow, no one has stopped to consider that no industry has ever solved its problems by making its main product worse. Instead, management points to the data from readers’ survey to insist they’re doing what people say they want. The result is that we’re worse off than ever.

A « design thinking process »

An excellent article, by Chris O’Brien, on why gathering data about readers is not enough to find a new model for news media. The author propose a qualitative approach to product design, based on the observation of readers’ behavior, using the  « design thinking » process (where you see the product with the eyes of the user).