Données ouvertes et liées: connexions possibles entre les données de différentes institutions.

Musées: des données ouvertes aux données ouvertes et liées

Données ouvertes et liées: connexions possibles entre les données de différentes institutions.
Si nos collections étaient dans le web des données, elles pourraient se lier aux données mondiales de la culture grâce aux métadonnées descriptives.

Comment les musées peuvent-ils rester pertinents dans l’espace numérique ? Alors que la recherche et la découverte de nouvelles connaissances passent par l’intermédiation des moissonneurs de données, robots indexeurs et algorithmes de filtrage, la richesse des institutions de mémoire collective n’est ni accessible, ni compréhensible à ceux-ci.

En sortant de leurs voûtes technologiques les données qui décrivent les objets composant leurs collection, les musées peuvent multiplier les opportunités afin qu’elles se trouvent sur le parcours des machines et des internautes.

Libérer des données pour développer de nouvelles compétences numériques

Cependant, pour publier des données dans le web, il faut convertir celles-ci afin de leur donner des métadonnées et une syntaxe qui soient compréhensibles pour des machines. Même limité à une petite collection d’objets, ce chantier s’avère exigeant pour une équipe ne disposant pas des connaissances des modèles et standards de métadonnées, ainsi que des technologies du web sémantique. C’est pourquoi libérer un ensemble de données constitue un projet idéal pour se familiariser avec les concepts et les enjeux spécifiques à l’exploitation de données dans le web.

Un exemple ? Nathalie Thibault (Musée national des beaux-arts du Québec) et Isa Mailloux (Musées de la civilisation) partagent leurs expériences acquises avec des projets de données ouvertes.

De données ouvertes à données ouvertes et liées: quoi, pourquoi, comment

La vidéo précédente est tirée du dossier Données ouvertes au musée préparé par la Société des musées du Québec (SMQ).  C’est sur le thème des données ouvertes que cette dernière avait organisé les conférences et discussions de la journée professionnelle du 22 juin dernier. Dans la perspective du web des données, de l’apprentissage machine et du traitement algorithmique de l’information, les données ouvertes et liées apparaissent comme la suite logique des données ouvertes. Conçu en collaboration avec l’équipe de la SMQ, le document (PDF 11,2 Mo) qui accompagne les vidéos des présentations a pour objectif de présenter de façon accessible le quoi, le pourquoi et le comment des données ouvertes et des données ouvertes et liées dans le contexte spécifique aux collections muséales.

De la découvrabilité à l’intelligence artificielle

Publier des données dans le web permet d’opérer des changements radicaux, mais nécessaires dans un contexte de transformation numérique:

Exposer l’information et aller à la rencontre des publics

Il faut sortir l’information des voûtes technologiques, car celle-ci a plus de valeur pour l’utilisateur, lorsqu’elle peut être mise en relation, enrichie et contextualisée, que lorsqu’elle est isolée. Dans une économie de l’attention mondialisée, offrir une information tissée en réseau, navigable et exploitable dans le web est plus stratégique qu’attendre la visite d’internautes, chacun sur son site web.

Collaborer et mutualiser les ressources et compétences

Puisque les réseaux se construisent sur la confiance, il faut considérer les autres institutions et acteurs du domaine culturel comme des alliés et, possiblement, des partenaires potentiels afin de travailler collectivement à rendre nos sources d’information interopérables. Ensemble, nous pouvons réaliser beaucoup plus et beaucoup mieux.

Faire des liens et générer plus d’information

Grâce aux métadonnées qui en précisent le sens (par exemple, les métadonnées creator ou subject permettent de distinguer une personne dans son rôle de créateur d’une œuvre ou de sujet d’une œuvre), il est possible de relier entre elles des données provenant de sources différentes. Et ceci, même si les modèles de métadonnées employés ne sont pas les mêmes, pour autant que ces derniers soient issus de référentiels standards et ouverts. La recherche d’information n’est donc plus limitée à un ensemble d’éléments fini et prévisible tel que le contenu d’une base de données. Par le jeu des relations ou par inférences, elle peut déboucher sur une nouvelle information qui n’était pas présente dans l’ensemble initial.

Penser agrégation de données plutôt que sites web

Parce que les données constituent le capital de l’économie numérique, libérer des données permet d’acquérir des connaissances et pratiques essentielles pour le développement de produits et services innovants. Il ne faudrait cependant pas se satisfaire de la production d’ensembles de données constituant, même au sein du domaine muséal, des silos d’information non exploitables dans le web et non-interopérables. Les données ouvertes sont donc une étape vers les données ouvertes et liées et la possibilité de réaliser l’agrégation des données culturelles québécoises.

Le web sémantique permet d’élaborer des requêtes et de programmer des algorithmes qui réalisent des opérations de raisonnement en mettant en relation des informations faisant du sens. Les données ouvertes et liées nous amènent à l’intelligence artificielle grâce à laquelle nous pouvons étendre le champ de nos connaissances et avoir, sur nos collections, une perspective intégrée que ne peuvent nous donner des bases de données isolées les unes des autres.

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