Nos contenus culturels sont absents du web des données

Ne pas être préoccupé de la présence et de la visibilité des contenus des industries culturelles et créatives sur le web, c’est, pour une institution: attendre d’être obsolète ou, pour une entreprise:  être bientôt ou déjà mise hors jeu par les grands intermédiaires technologiques.

Googlelisation des contenus culturels: captation de l'attention et des données des interactions. Tweet partagé lors du Congrès des milieux documentaires du Québec, 19 novembre 2015.
Googlelisation des contenus culturels: captation de l’attention et des données des interactions. Tweet partagé lors du Congrès des milieux documentaires du Québec, 19 novembre 2015.

 

Mais dans tous les cas de figure, c’est être les grandes perdantes de la guerre que se livrent les grandes plateformes pour occuper nos écrans et promouvoir les contenus qu’elles ont sélectionnés en fonction de leur stratégie. Cette stratégie repose fondamentalement le transfert de la création de valeur du produit à la plateforme. Dans ce modèle, ce sont les règles d’affaires ,et non les produits qui s’adaptent selon les besoins des marchés.  Ces règles d’affaires sont les algorithmes qui  traitent les métadonnées des catalogues, ainsi que les données générées par les interactions avec les consommateurs.

Dans un billet publié la semaine dernière,sur la découvrabilité des contenus culturels, j’ai dénoncé sur la faible exploitation des catalogues, répertoires et archives de contenus et sur la perpétuation des silos de données qui font que nos produits culturels n’ont pas de masse critique, et donc d’existence, dans le web des données.

Parler de découvrabilité sans s’interroger sur les conditions requises pour provoquer la rencontre de l’offre et la demande ou pour favoriser la fortuité du croisement entre une attention disponible et une offre, c’est chercher une médication sans avoir établi de diagnostic médical.

Bien sûr, la découvrabilité est un concept qui ne date pas d’hier. À tout le moins, dans le domaine des sciences de l’information, c’est un élément familier de l’économie du document. Et certainement, il y a différents parcours de découverte pour les contenus: critique, recommandation, promotion, en ligne et hors ligne.

Mais le parcours le plus rentable est celui qui permet de tracer les contenus, de suivre leur consommation, de collecter les données sur lesquelles reposent des décisions tactiques et stratégiques. Ce parcours est celui va de la mise en ligne du catalogue (ou pour les plus avancés, la mise à disposition des données du catalogue en mode public ou ouvert) à l’enrichissement des données d’usage par les consommateurs et, indirectement, par les partenaires.

C’est ce parcours que nos institutions culturelles , comme nos entreprises de la culture et du divertissement, ne perçoivent pas encore comme une condition essentielle de survie, mais surtout, d’autonomie et de contrôle sur le pétrole de l’économie numérique: la donnée.

Comme je le mentionnais, dans le blogue de Direction Informatique,  à propos du commerce électronique:

Le catalogue de produits demeure le maillon faible du commerce électronique au Québec. Pour trop d’entreprises, c’est encore une brochure ou, au mieux, une arborescence de site web. Mais pour les plateformes commerciales à succès, il s’agit plutôt d’un ensemble de données structurées s’adressant aux consommateurs afin de faciliter leurs décisions d’achat. Et pour celles qui sont entrées dans l’économie numérique, c’est aussi la composante d’un système d’information stratégique.

Pour avoir un aperçu de ce que pourrait être ce système d’information stratégique, en culture, il faut absolument lire le 3e cahier Innovation et prospective de la CNIL. Pendant ce temps, nos institutions de mémoire collective (bibliothèques, musées, archives) découvrent le web social et participatif et se demandent s’il faut ouvrir les contenus à la participation du public.

Alors, serons-nous uniquement les clients et utilisateurs des grandes plateformes ou deviendrons-nous les créateurs et bâtisseurs de cette économie numérique?

 

Découverabilité: nos contenus culturels sont-ils visibles?

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 20 novembre 2015.

Tout comme dans le commerce électronique, le catalogue est le maillon faible des industries culturelles et créatives au Québec. À lire l’invitation du Sommet sur la découvrabilité, il semble que nous n’ayons pas encore réalisé ce qui fait le succès des plateformes comme Amazon, Netflix, iTunes ou YouTube : une culture de la donnée qui favorise les rencontres entre l’offre et la demande.

Trop rares sont les entreprises qui, quel que soit leur secteur d’activité, exploitent leurs actifs informationnels sur le web ainsi que le font de nouveaux acteurs issus du numérique qui sont ou qui deviendront rapidement leurs plus féroces concurrents. À ceux-ci il faut ajouter les géants technologiques qui ont choisi le modèle de la plateforme, plutôt que celui du produit, et qui captent lors de chaque transaction, une valeur en micropaiement ou données.

Les fonds qui restent au fond des systèmes 

Pourtant, malgré les refontes de sites, les applications et les innovations technologiques, nos contenus culturels et créatifs sont pratiquement absents du web des données. Les répertoires, catalogues, fonds et archives ne sont accessibles aux humains et aux machines que par l’entremise d’un espace de recherche, souvent peu adapté aux besoins des utilisateurs. La diffusion des contenus dépend généralement de campagnes de promotion ponctuelles et plus ou moins bien ciblées dédiées aux nouveautés, laissant dans l’internet profond des actifs riches qui profiteraient bien de la longue traîne s’ils étaient visibles. Ceci expliquerait en partie le phénomène que décrit l’auteure Annie Bacon dans un récent billet intitulé « Une industrie de la nouveauté ».

L’industrie du livre se rapproche ainsi de l’industrie du cinéma dans laquelle les films n’ont plus que quelques fins de semaines pour convaincre les cinéplexes de les garder en salle. Un mauvais premier week-end et le film disparaîtra avant la fin du mois.

Combien de rendez-vous ratés avec le public et d’opportunités de développement de marché nos industries culturelles ont-elles raté sur le web? Combien de contenus n’ont pas rencontré leurs publics faute d’être visibles et découverts, par recommandation algorithmique ou par simple diffusion de métadonnées au bon endroit?

Le catalogue, actif stratégique?

Nous accusons un retard considérable en matière de diffusion et de distribution de contenu parce que nous ne maîtrisons pas les compétences nécessaires pour transformer nos catalogues et répertoires en données exploitables et interopérables. Si nous n’accordons pas la priorité à ces actifs stratégiques, nous risquons de nous confiner au rôle de fournisseurs et clients de l’économie numérique.  Cette économie est celle de la donnée, elle repose sur la diffusion des métadonnées, ces données qui fournissent une description détaillée d’un livre, d’une chanson, d’un film ou tout autre type de contenu. Ces métadonnées facilitent la recherche, favorisent la découverte et permettent aux entreprises d’enrichir leur connaissance du marché en les croisant avec les données résultant de l’interaction des utilisateurs.

La destination, c’est l’utilisateur

Il existe, bien sûr,  des programmes qui soutiennent le développement de sites internet et d’applications, ainsi que l’appropriation de nouveaux outils. Il s’agit cependant d’actions morcelées qui, en perpétuant les silos de données, obligent les consommateurs à multiplier leurs recherches ou limitent la découverte de nouvelles offres. Selon cette perspective, chaque site ou application est une destination. Dans une perspective numérique, l’utilisateur est au cœur du modèle par les requêtes qu’il adresse, directement, aux moteurs de recherche, ou indirectement, par ses actions et ses choix. L’utilisateur est devenu la destination.

Laisser le champ libre à Google et cie?

Être visible dans une économie numérique, c’est donc aller à la rencontre de son marché. Ne pas aller à la rencontre des consommateurs en mettant les contenus à leur portée, c’est laisser le champ libre à ceux qui ont compris comment, à partir du contenu intégral ou des métadonnées d’une oeuvre, on peut générer de l’information qui soit intelligible pour des lecteurs ou des applications. Voici pour preuve, cette observation partagée sur Twitter lors du Congrès des milieux documentaires du Québec qui avait lieu cette semaine, à Montréal :

McGill-GoogleScholar_tweet-cmd2015

La force des grandes plateformes technologiques repose sur la capacité d’agréger et de croiser des données de sources différentes, de les contextualiser à l’aide des données des utilisateurs et d’en faciliter le repérage et l’interprétation pour diverses applications.

Que faire pour entrer dans le web des données?

Il faut édicter une politique visant à encourager l’adoption,  par tous les acteurs des industries culturelles et créatives, d’un modèle de métadonnées harmonisées. En cela, nous pouvons nous inspirer de la Feuille de route stratégique sur les métadonnées culturelles qui a été publiée l’an dernier, par le ministère de la Culture, en France. Ceci permettrait de briser les silos technologiques et de rassembler les entreprises et institutions autour d’un projet numérique commun qui a une véritable portée stratégique.

Une politique de métadonnées culturelles constitue un instrument de gouvernance essentiel dans une économie de la donnée parce qu’elle requiert une collaboration active :

  • Élaboration d’une vision et d’une stratégie numériques qui soient partagées par les acteurs principaux.
  • Compréhension commune des objectifs et besoins de chacun. Définition et priorisation des enjeux sémantiques, techniques, juridiques et organisationnels.
  • Alignement de projets technologiques sur la stratégie (et non l’inverse).

La visibilité des contenus des industries culturelles et créatives devient un enjeu prioritaire pour le Québec qui se prépare à entrer dans l’économie numérique. Nous devrions, sans attendre, nous inspirer des démarches qui ont été entreprises ailleurs et développer nos compétences et notre maîtrise des données.

Entreprises et institutions culturelles, vos contenus sont-ils bien visibles?

Consultation publique sur le Québec numérique et le défi de la démocratie participative

Consultation publique - Politiques numériques au Québec 20151120

Sylvain Carle nous conviait le 20 novembre dernier à une Consultation publique sur les politiques numériques au Québec. À sa façon, il nous faisait participer, en parallèle, à la démarche  du gouvernement du Québec sur la transition numérique où seuls quelques représentants des industries et institutions étaient conviés.

Plusieurs participants ont appelé à passer à l’action. Agir, oui, mais sur quoi et, surtout, dans quelle(s) direction(s) et avec quelles intentions? Nous pourrions nous ranger derrière les 13 écrits, mais tout comme les programmes des partis politiques (auxquels nous reprochons leurs processus en vase clos), il manque la vision. Cette vision d’un Québec transformé socialement et économiquement par ses citoyens qui se sont affranchis des vieux modèles de pensée, découvrent de nouveaux outils et expérimentent de nouveaux usages.

Conversations et convergence

Cette rencontre était nécessaire. Il était plus que temps que nous conversions/convergions depuis la publication des écrits des 13 étonnés. Publication qui fut médiatisée mais non accompagnée des espaces et usages du web participatif. L’invitation de Sylvain a permis de réaliser la diversité des définitions, attentes et visions de ce que signifie la transition numérique du Québec (chercher le mot clic #numQc sur Twitter). Et encore, une partie de la diversité, puisque l’assemblée était très majoritairement masculine, francophone, blanche, certainement très diplômée et entre la trentaine et la soixantaine. Ceux et celles qui se trouvent de l’autre côté de la fracture numérique n’y étaient pas représentés.

Démocratie participative

Cette rencontre, je l’espère, devrait nous rappeler d’être inclusifs, de mettre les avantages numériques au service du bien commun et de ne pas retomber, au cours de notre démarche (ou action politique), dans les ornières de ces processus que nous nous efforçons de changer.  La démocratie ouverte et participative est un apprentissage dans l’action qui demande beaucoup d’humilité et d’authenticité.

Lors de cette rencontre, et lors de toute prochaine activité, nous devons nous rappeler les mots clés de cette culture numérique que nous souhaitons tant voir contaminer les esprits, les organisations et les collectivités: pluralité, conversation, ouverture, collaboration, partage, etc. Oui, c’est difficile de changer, et oui, agir en démocratie participative nous demandera du temps et des efforts. Comment nous poser en sherpas numériques si nous ne pouvons pas y arriver?

Expo67 à l’ère numérique: nos mémoires mises en réseau

Pourquoi s’intéresser aux souvenirs d’Expo67 quand « Internet, c’est une exposition universelle à tous les jours » ?

Écoutez bien Julie Bélanger, fondatrice du groupe Expo67 sur Facebook, et Luc Gauvreau, passionné de culture et d’histoire (et un peu geek à heures). Les valeurs et l’esprit de l’événement qui a fait entrer le Québec dans la modernité sont encore bien présents et ont également marqué l’ADN culturel de Montréal.

En participant au hackathon des Journées de la culture, à Montréal du 25 au 27 septembre 2015, Luc et moi souhaitons attirer l’attention des institutions (bibliothèques, musées, archives) sur les contributions citoyennes à la mémoire collective à l’ère numérique:

  • Comment celles-ci pourraient-elles se connecter à nos souvenirs partagés?
  • Comment pourraient-elles entrecroiser nos mémoires avec leurs propres collections?

Le 50e anniversaire d’Expo67 sera plus qu’une commémoration, ce sera un point de départ pour la mise en réseau de nos mémoires et de nos cultures. Et si l’esprit d’Expo67 se manifestait dans l’île de Montréal, ses bibliothèques publiques et ses lieux de culture lors de cet anniversaire alors que nous soufflerons les 375 bougies de Montréal ?

Vidéo réalisée par Christian Aubry, au Parc Jean-Drapeau (Expo67, Terre des Hommes), le 19 septembre 2015.

Culture participative et mémoire collective: tous curateurs des souvenirs d’Expo 67

Expo 67 c’est plus qu’un événement: c’est un « éveillement ».

Ce mot est de Luc Gauvreau, un spécialiste de littérature et d’histoire québécoise qui devenu un peu geek à force de numériser des documents pour en extraire des données et les passer à la moulinette de Google Refine.

Je ferai équipe avec Luc (et d’autres volontaires) lors de l’édition montréalaise du Hackathon des Journées de la culture, du 25 au 27 septembre prochains.

Plan de l'Expo 67 appliqué sur une vue par satellite (Google Earth) des îles Saine-Hélène et Notre-Dame.
Plan de l’Expo 67 appliqué sur une vue par satellite (Google Earth) des îles Saine-Hélène et Notre-Dame.

En 2017, Montréal célébrera son 375e anniversaire. Il y aura également 50 ans que, dans un Québec tout juste sorti de la Grande noirceur,  une ville accueillait le monde sur des îlots au milieu du fleuve. Nous nous proposons de réutiliser ou adapter des technologies existantes et gratuites afin de cartographier les lieux et pavillons d’Expo 67 et d’enrichir la documentation disponible avec les contributions des citoyens. Cette interface permettra de stimuler la mémoire des visiteurs et des témoins afin de recueillir leurs souvenirs. Réunis dans un grand calendrier collectif des événements, ces témoignages pourront ainsi être partagés avec les générations plus jeunes.

Le web a permis aux passionnés d’histoire et de culture comme Luc de déterrer des documents enfouis dans les répertoires et bases de données, de partager les fruits de leurs recherches et d’accomplir des tâches souvent ingrates et pour lesquelles les institutions ont peu de ressources (ou d’intérêt). Je crois, comme Luc, que nous devons réanimer la mémoire d’un lieu qui, bien qu’aujourd’hui disparu, a tourné définitivement Montréal vers le monde et a activé dans son ADN la curiosité, l’ingéniosité, l’envie de faire autrement et un goût prononcé pour les rassemblements festifs.  Réactiver Expo 67 dans la mémoire de chacun, c’est aussi ouvrir un laboratoire nouveau pour transmettre la culture.

Nous disposons des éléments suivants:

Mises à jour (16/09/2015)

  • Site Villes éphémères, de Roger La Roche qui fait un impressionnant travail de documentation. Un bon exemple de la contribution des citoyens-experts au travail de mémoire collective.
  • Expo67 – Vive le Québec moderne! Ce blogue, signé prettykitsch, est un coffre au trésor. Parmi de très nombreux documents et anecdotes, on y trouve les archives de Claire Cloutier La Chance, qui travaillait au service des relations publiques de l’Expo, à titre de responsable des manifestations spéciales et des cérémonies officielles de la Place des Nations.

Mise à jour (17/09/2015)

  • Expo Lounge, très chouette blogue, en anglais, d’un amateur de la culture populaire de l’époque (et fan de Michèle Richard). Mention spéciale pour les anecdotes et liens vers des trouvailles.

Mise à jour (18-09-2015)

Nous recherchons des équipiers qui pourront contribuer, par leurs connaissances techniques et leurs conseils,  à faciliter la cartographie collaborative du site. Nous souhaiterions, notamment, que les citoyens puissent ajouter (sans programmation) des éléments sur la carte, les enrichir par leurs commentaires et liens vers d’autres ressources.

En complément, voici deux vidéos repérées par Luc, parmi une multitude de documents partagés sur YouTube:

Tout comme Luc, les membres du groupe Expo sur Facebook et tant d’autres ailleurs sur Internet, l’auteur de ces modélisations expose au présent des bribes de notre histoire sociale et culturelle.  Le projet que nous souhaitons concrétiser lors du hackathon est bien plus que de la technologie. Il vise une mise en relation d’éléments qui leur donnera encore plus de sens et une mise en réseau de passionnés autour d’un sujet commun. Nous avons bon espoir que les institutions de la mémoire collective accueillent avec intérêt les initiatives issues des cultures de la participation et du réseau.

Il est primordial que  la mémoire de cet événement ne se perde pas et qu’il soit possible aux générations futures de découvrir ce qui a amener le monde à Montréal et permis aux Montréalais de s’ouvrir sur le monde.

Apprenons à collaborer pour mieux coopérer à l’ère numérique

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 17 août 2015.

Vue sur les contrats - Outil de visualisation des contrats et subventions octroyés par la Ville de M.ontréal

La plupart des organisations sont mal préparées à entreprendre des projets numériques qui soient innovants ou qui leur fassent faire le saut dans une culture radicalement différente. La réalité des projets numériques est en effet beaucoup plus complexe que ce que l’on persiste à croire et trop souvent on a tendance à sauter les étapes essentielles permettant d’en favoriser le succès.

Les apparentes difficultés qu’ont rencontrées les concepteurs de la nouvelle plateforme d’information sur les contrats publics de la Ville de Montréal et la déception des attentes de certains utilisateurs ne sont pas exceptionnelles, ni spécifiques à l’administration publique. Ce type de projet s’inscrit en effet dans le construit humain qu’est une organisation, avec ses règles et ses enjeux. À cela s’ajoutent les interactions avec les clients, fournisseurs, partenaires ou citoyens. Malheureusement, il est rare que l’on investisse le temps et les ressources permettant d’arrimer les projets avec les usages, la culture et les intervenants concernés, quelle que soit leur position dans l’organigramme.

Darwinisme numérique et course aux projets

Voici quelques-uns des séismes poussant les entreprises et les gouvernements vers la transformation numérique:

  • Apparition de nouveaux concurrents.
  • Perte du contrôle de l’information.
  • Obsolescence de modèles économiques.
  • Montée en puissance de contre-pouvoirs.

Le « darwinisme numérique » — un concept popularisé par Brian Solis — favorise la survie des organisations qui s’adaptent le plus rapidement au rythme effréné des changements technologiques et sociaux. Faut-il pour autant se précipiter sur la solution technologique sensée nous tirer d’affaires en nous transportant à l’avant-garde des espèces évoluées ? Évidemment, non. Sans véritable travail d’arrimage entre l’organisation et le projet, il y a risque d’anéantissement du potentiel de transformation numérique promis par la technologie.

Dans ma pratique, le plus grand défi n’est pas tant de trouver la meilleure option technologique pour satisfaire un besoin d’information que de convaincre les dirigeants de la nécessité d’une étape préliminaire. Celle-ci permettra de formuler et partager une vision commune et ainsi, d’identifier et opérer les changements humains et organisationnels qui sont essentiels pour que la technologie livre les résultats attendus.

Les nouvelles habiletés collaboratives

De quels changements s’agit-il? Près de dix ans après l’apparition du concept d’entreprise 2.0, les organisations ne s’estiment toujours pas bien préparées aux nouvelles façons de travailler. L’implantation d’outils et de systèmes ne permet ni de développer les habiletés collaboratives, ni de faire tomber les silos structurels et culturels qui entravent les flux d’information et freinent la participation. Dion Hinchcliffe, expert des TI en entreprise, insiste sur les conditions de réussite de la transition numérique:

« Digital technology today requires a new and very different set of workforce skills, ones that are far more knowledge-centric, network-centric, and openly collaborative. These skills, which are largely almost entirely separate from the technology itself, are required to get the most interesting and exciting outputs from digital teamwork. In other words, rolling out new collaboration technology, without fostering these skills, won’t accomplish nearly as much. »

Traduction libre:

« Aujourd’hui, la technologie numérique requiert de la main d’œuvre un nouvel ensemble d’habiletés beaucoup plus centrées sur la connaissance, réseaucentriques et clairement collaboratives. Ces habiletés qui sont en général presque entièrement distinctes de la technologie en soi, sont essentielles pour obtenir les résultats les plus intéressants et motivants du travail en équipe à l’ère numérique. En d’autres mots, déployer une nouvelle technologie collaborative, sans développer ces habilités, ne permettra pas d’accomplir grand chose. »

Maîtriser les pratiques émergentes

La transition numérique des organisations commence donc à l’interne, en apprenant les rudiments de la collaboration pour organiser le travail différemment, progressivement, projet par projet, et pour créer des réseaux de partage des connaissances. Il sera plus facile de développer une culture de coopération avec des acteurs externes lorsqu’on aura appris à naviguer dans une dynamique collaborative au fil de projets internes.

Harold Jarche, qui s’intéresse à la transformation des organisations à l’ère du réseau, explique brillamment ce qui distingue, selon lui, la collaboration de la coopération. Il démontre, par ailleurs, comment ces formes d’organisation permettent de faire face à la complexité issue de l’imprévisibilité des systèmes hyper-connectés. Il faudrait donc apprendre à collaborer, au sein d’une structure et pour un objectif défini, afin de mieux coopérer, en réseau librement constitué, sur un projet collectif et dont le résultat déprendra de la contribution de chacun.

« Cooperation in our work is needed so that we can continuously develop emergent practices demanded by this complexity. What worked yesterday won’t work today. No one has the definitive answer any more, but we can use the intelligence of our networks to make sense together and see how we can influence desired results. »

Traduction libre:

« Nous avons besoin de coopération dans notre travail afin de continuer à développer les nouvelles pratiques rendues essentielles par la complexité. Ce qui fonctionnait hier ne fonctionnera plus aujourd’hui. Il n’y a plus de réponses définitives, mais nous pouvons cependant utiliser l’intelligence collective de nos réseaux afin de mieux comprendre ce qui se passe et trouver le moyen d’infléchir le cours des choses vers les résultats souhaités ».

Plus que des systèmes informatiques, ce sont ces nouvelles formes d’organisation qui utilisent la force du réseau, qui font les villes intelligentes, qui inspirent les gouvernements numériques et dynamisent les entreprises connectées. La coopération « côté client » peut difficilement se réaliser sans que ne soient amorcées les transformations internes permettant l’émergence de pratiques véritablement collaboratives.

Tout projet numérique ne devrait-il pas être envisagé comme une opportunité d’apprentissage et de transformation de l’organisation?

BDSO : la gouvernance des données en mal de leadership

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 6 août 2015.

BDSO - Banque de données des statistiques officielles sur le Québec
Banque de données des statistiques officielles sur le Québec.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a annoncé l’abolition prochaine de la Banque de données sur les statistiques officielles du Québec (BDSO), qui contient des indicateurs socioéconomiques provenant de plusieurs ministères et organismes publics du Québec.

Cette nouvelle envoyait un bien mauvais signal à tous ceux qui s’efforcent de faire entrer le Québec dans l’ère numérique. Quelques heures plus tard, on apprenait que le gouvernement remettait en question cette décision. Quoi qu’il en soit, les enjeux soulevés demeurent bien présents.

En uniformisant et en regroupant les indicateurs au même endroit, la BDSO facilite en effet l’accès à de l’information de qualité pour divers utilisateurs, notamment des chercheurs, des journalistes et des entrepreneurs. Abandonner aux différentes institutions la décision de publier ou pas leurs données, ainsi que le choix des formats de publication, ne permettrait plus d’assurer leur qualité, leur interopérabilité et leur accessibilité. C’est exactement ce que font les organisations qui n’ont pas de politique encadrant la qualité des données, et qui démontrent généralement peu d’intérêt pour leurs actifs informationnels.

La zone grise des actifs informationnels

Emboîtant le pas aux géants de l’économie numérique, de nombreux États se tournent désormais vers l’exploitation des données afin de faciliter la prise de décision, réduire les risques et découvrir de nouvelles opportunités de développement.

Au Québec, malheureusement, pour la majorité des administrations publiques comme pour la plupart des entreprises, il s’agit toujours d’une zone grise. Hors des champs de compétence des directions TI et incompris de la plupart des dirigeants, les ensembles de données forment des amas disparates, difficilement exploitables, et ce, malgré les promesses de l’informatique décisionnelle, ce fameux «BI».

Politique de qualité des données

S’il existe bien, depuis 2004, un Cadre de référence gouvernemental en gestion intégrée des documents, la normalisation des ensembles de données à travers tout l’appareil d’État semble encore échapper au dirigeant principal de l’information.

Mieux que tout méga-système informatique, cette approche contribuerait pourtant à faire disparaître les silos technologiques et organisationnels qui entravent l’efficacité de la fonction publique. Sans approche concertée pour formuler et appliquer des politiques de qualité et d’accès aux données, chacun conserve le choix de sa méthode d’organisation et de ses formats. Et c’est ainsi que les silos perdurent.

Qui est responsable des données?

Si le titre désormais populaire de Chief Data Officer (directeur général des données) témoigne de la volonté de transformation numérique de certaines organisations, il est encore trop tôt pour en constater les résultats concrets.

Cependant, on s’interrogera sur l’autorité et les moyens réels qui lui sont accordés afin d’assurer à la fois la stratégie, la gouvernance et la mise en œuvre de la gestion des données à travers l’organigramme. Il serait peut être plus judicieux de considérer la littératie des données comme une compétence essentielle pour tout dirigeant, au même titre que les autres compétences numériques.

La décision de l’ISQ est donc de nature à semer le doute sur la capacité de nos dirigeants à repérer et décoder les transformations socioéconomiques en cours. Elle envoie donc un signal négatif à ceux qui cherchent un contexte favorable à l’innovation et au développement de la nouvelle économie numérique.

Ne serait-il pas temps que le gouvernement assume enfin un réel leadership dans ce domaine en accordant une priorité stratégique à la gestion et à l’exploitation des données?

Femmes en TI : libérer l’ambition pour transformer notre monde

Grace Hopper, conceptrice du langage COBOL.
Grace Hopper, conceptrice du langage COBOL.

 

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 11 mai 2015.

La conférence 2015 Femmes en TI, organisée par le Réseau Action TI et ses partenaires, avait lieu la semaine dernière. Alors que la difficulté de se faire une place dans un univers surtout masculin était l’un des principaux sujets de discussion l’an dernier, c’est le thème de l’ambition féminine qui a été à l’honneur cette année.

La présence des femmes dans le secteur des technologies de l’information (TI) a une multitude de visages et se manifeste de bien des façons. Pourtant, elles y demeurent peu représentées : on compte deux femmes pour huit hommes en TIC au Québec, selon le Diagnostic sectoriel 2015 de TECHNOCompétences.

La question était donc de savoir quels moyens prendre pour faire changer cette statistique.

1. Bâtir et entretenir notre réseau

Isabelle Hudon, chef de la direction de la Financière Sun Life Québec et présidente d’honneur de la conférence, a lancé avec humour : « le réseautage est un sport extrême où les hommes excellent ».

Généralement très actives sur les réseaux sociaux, nous, les femmes, semblons en effet beaucoup moins enclines que les hommes à développer des relations professionnelles ou d’affaires. C’est une compétence qu’il faut pourtant maîtriser afin d’accéder à des projets et des responsabilités qui constituent autant de défis que d’apprentissages.

2. Sortir de notre zone de confort

À la fin de ses études de mathématiques, Joanne L. Martin a dû se documenter sur le « benchmarking » (analyse comparative en français) après avoir décroché son premier emploi. Elle s’est ensuite hissée à la fonction de responsable de la sécurité des systèmes d’information et vice-présidente en risques TI chez IBM. Aujourd’hui retraitée, elle a insisté sur la nécessité de prendre des risques pour saisir les occasions : « You don’t need a detailed map. Chance will happen. But you have to be willing to take risks ».

Il faut donc compter sur notre expertise, nos compétences clés, et continuer à apprendre en n’hésitant pas à relever de nouveaux défis. Pour Marie-Josée Lamothe, qui est directrice générale en stratégie de marques pour Google Canada, cette philosophie devrait logiquement nous forcer à « sortir de notre zone de confort quand tout va bien. »

3. Embrasser la complexité des projets numériques

Protection des données personnelles, prévention des risques, visualisation de données : les projets numériques, on le voit, réunissent à présent plusieurs métiers et relèvent souvent de plusieurs unités d’affaires. La plupart d’entre nous avons déjà les compétences requises pour faire face à la complexité des interactions à dimensions multiples.

4. Changer la culture: de la tradition à la diversité

Et si nous mettions notre différence à profit pour transformer nos organisations ainsi que les pratiques relatives aux métiers des TIC? Selon Caroline Deguire, directrice générale de l’Association québécoise des informaticiens et informaticiennes indépendants (AQIII), nous avons « les compétences pour contribuer à changer la façon de concevoir et de produire en TI ».

5. Libérer notre ambition

Isabelle Hudon, Marie-Josée Lamothe, Kim Tomassin (associée directrice chez McCarthy Tétrault), Isabelle Marcoux (présidente du conseil de Transcontinental) et Sophie Brochu (présidente et chef de la direction de Gaz Métro) en sont à la deuxième phase de l’Effet A, un projet qui vise à soutenir l’ambition de femmes d’âges et de milieux différents. Selon elles, l’ambition est légitime et doit être encouragée chez les femmes. Perçue par certain(e)s comme la manifestation d’un opportunisme centré sur des intérêts personnels, l’ambition a davantage le sens d’une force de contribution personnelle à la mission d’une organisation ou aux aspirations d’une collectivité.

Le pouvoir de transformer notre monde

Ce sont les mots d’un homme que je reprendrai en guise de conclusion. Dominique Fagnoule, premier vice-président à la direction en TI à la Banque nationale du Canada, a livré ce constat très juste : « les TI ne font pas le changement. C’est la diversité qui est porteuse de changement ».

Oui, les femmes ont un rôle important à jouer dans la transformation des TI.

Au lieu de nous questionner sur les raisons pour lesquelles on y retrouve encore si peu de femmes, misons plutôt sur ce qui pourrait les y attirer.

Myopie technologique et dérive des projets numériques

Œillères pour poney.
Œillères plates pour poney.

 

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 18 mars 2015.

L’absence d’une gouvernance de l’information serait-elle à l’origine des dérives des projets numériques?

En janvier dernier, à la suite d’une discussion que nous avons eu sur les histoires d’horreur en projets informatiques, Pierrot Péladeau publiait un billet de blogue sur les compétences que devrait posséder une direction de l’information.  À titre de spécialiste de l’organisation et de la circulation de l’information, je réitérais ce que j’avais déjà exprimé dans un billet publié sur ce blogue. L’approche technocentriste, comme l’arbre qui cache la forêt, accroît considérablement le risque d’échec ou d’enlisement d’un projet. C’est une vision unidimensionnelle d’une réalité multidimensionnelle.

Analyse d’affaires unidimensionnelle

Exiger d’un analyste d’affaires la connaissance d’une technologie spécifique c’est faire passer le schéma d’une application (modules, tâches, fonctions) avant la réalité de l’organisation. Celle-ci est pourtant beaucoup plus complexe, étant un construit humain diversifié et imprévisible.  Pour bien marquer l’écart entre ces deux mondes, ajoutons la réduction des silos fonctionnels, l’émergence des réseaux informels et non hiérarchiques et la mise en place de structures collaboratives.

Conséquemment, on ne s’étonnera pas qu’une analyse des besoins d’affaires tienne davantage de l’analyse fonctionnelle et qu’elle ne parvienne pas à anticiper les délais et les coûts additionnels qui sont générés par les « externalités ».

Confusion de l’information et de l’informatique

Depuis plus de 25 ans, nous confondons le contenu et le contenant : le système informatique est devenu l’information. Un directeur principal de l’information (Chief Information Officer en anglais) ne détient pas de compétences spécifiques en matière d’organisation et de circulation de données et de documents. Un système d’information n’est plus un ensemble de données, documents, processus et outils, mais une marque, un produit technologique. On investit dans les pipelines, mais on oublie ce qui y circule.

Pourquoi une gouvernance de l’information?

Cette confusion a des conséquences extrêmement importantes sur le développement d’une vision stratégique du rôle de l’information. C’est une problématique étrangement peu étudiée en sciences de la gestion, mais qui est clairement exposée par le professeur Cédric Beaudet, de HES, Neuchâtel) :

Le système d’information d’entreprise n’étant pas entièrement informatisé, il ne doit pas être confondu avec le système informatique. Les technologies de l’information (matériel informatique et logiciels) sont quant à elles le support du système informatique.  Nous pouvons donc affirmer que la gouvernance IT permet de diriger et de contrôler le système informatique et non pas le système d’information d’entreprise.

En amont de la gouvernance de projets numériques, une gouvernance de l’information offrirait un cadre pour la prise de décision et la reddition de compte qui sont nécessaires pour la production, l’usage, l’archivage, la qualité et la valorisation de l’information.

Multiplier les perspectives, réduire les risques

La gouvernance est une discipline multiexpertises. Professeur en physique, informatique et biologie, Albert-László Barabási est directeur du Center for Complex Network Research. Il propose des approches qui permettent d’anticiper le comportement de systèmes complexes.

I believe that for a field to be successful, you have to have an ecosystem there, an ecosystem of very different perspectives because if you have a one-line type of thinking, any problem in the field could destroy it. But if you have lots of different people who look at different aspects of the problem, with different expertise and have a different set of goals that they’re trying to get out from the project, then the field is much healthier, much more innovative. It progresses in a better way.

Traduction libre :

Je crois que pour qu’un champ de pratique soit propice à la réussite,  il faut un écosystème;  un écosystème qui réunit des perspectives très différentes parce que si vous avez une seule ligne de pensée,  un seul problème survient et tout est détruit. Mais si vous avez beaucoup de gens différents qui considèrent les différents aspects du problème, avec une expertise différente et en fonction de buts différents, le champ de pratique est alors beaucoup plus sain, beaucoup plus innovant. Il progresse beaucoup mieux.

La gouvernance de l’information ne vise pas uniquement à corriger la myopie technologique des organisations, elle constitue avant tout une démarche de changement intégral pour faire tomber les silos organisationnels, culturels et technologiques.

Si nous retirions le mot « numérique » de l’expression « transformation numérique », nous inviterions probablement les bonnes personnes autour des tables de discussion.

Dans une économie où des empires se créent sur l’exploitation de données, ne serait-il pas temps de développer une véritable culture de l’information?

Données ouvertes: comment améliorer la qualité et l’utilisabilité des ensembles

 

Commission européenne - Formation en ligne sur la qualité des données ouvertes

 

Éléments d’information pour la préparation d’un atelier dans le cadre d’un événement montréalais pour la Journée internationale des données ouvertes, le 21 février prochain, à la Maison Notman.

Voici des enjeux et des exemples qui sont susceptibles de réunir des représentants des gouvernements, des organismes et des citoyens autour d’une démarche constructive.

Littératie de l’information et culture des données

Développer une culture des données pour que la libération de données soit plus qu’une démonstration de transparence : le développement d’écosystèmes actifs et diversifiés.

L’open data est-il un leurre politique ?

Nous avons besoin d’une culture qui fasse bien comprendre qu’une donnée n’est pas quelque chose de naturel, mais de construit. Les données sont construites, produites, et le processus de fabrication est aussi important que la donnée en elle-même.

Curation des données: améliorer le rendement de la libération des ensembles

Il n’est pas suffisant de libérer des données: il faut pouvoir les trouver et comprendre ce à quoi elles peuvent servir. Ceci implique un catalogage précis des ensembles: type d’information, origine, secteurs d’activités concernés, liste des données, période couverte de même qu’une indexation par mots clés contrôlés et par les utilisateurs (folksonomie). L’indexation permet de relier entre eux des ensembles de données quelque soit leur origine et leur classification.

Sorting Through the Government Data Explosion

All the data the American government is pouring onto the Web will be useful only if people can make sense of it. What’s needed are tools for sorting, combining and presenting raw data sets in visual form.

Approche centrée sur l’utilisateur

Accéder à l’information municipale, provinciale et fédérale qui concerne notre lieu de résidence ou la localisation de notre entreprise. Remédier à la dispersion de l’information (qui, quoi, quand, où?) par la standardisation des métadonnées et l’interopérabilité des ensembles de données.

The biggest failure of open data in government

Do you know all the different government bodies and districts that you’re a part of? Do you know who all your elected officials are? Do you know where and when to vote or when the next public meeting is? Now perhaps you’re thinking that this information is easy enough to find, so what does this have to do with open data? It’s true, it might not be too hard to learn about the highest office or who runs your city, but it usually doesn’t take long before you get lost down the rabbit hole. Government is complex, particularly in America where there can be a vast multitude of government districts and offices at the local level.

Interopérabilité des données quelque soit leur origine

Un guide pour favoriser l’interopérabilité des ensembles de données. Métadonnées descriptives de base : organisation, événement, personne, législation.

The Open Civic Data Project – Sunlight Foundation

Using Open Civic Data makes it is easier for governments to share data and for people to engage with their governments. Open Civic Data also provides guidance on how to publish all of this information so it can be shared across city, county and state jurisdictions. Adoption of Open Civic Data can:

  • Make content about local governments easier to find.
  • Provide a clear path for archiving and relating data across years.
  • Help governments make their data more open to citizens and developers alike.
  • Increase data portability across cities, counties and states.

Standards d’interopérabilité : modèles d’approches

Utiliser un langage commun à tous les services du gouvernement qui produisent des données pour la description des ensembles de données. Standards d’interopérabilité de la politique de qualité des données du gouvernement de l’état du New South Wales, Australie.

Data Interoperability Standards

The links below provide access to data standards which support data interoperability and exchange of information by NSW Government agencies.

Standards offer a common language enabling agencies to appropriately share or compare data managed across diverse systems.

  • Standard Approach to Metadata (pdf)
  • Standard Approach to Information Architecture (pdf)
  • Standard for Customer Reference Data (pdf)
  • Standard for Spatially Enabling Information (pdf)
  • Standard for Human Services Classification (pdf)
  • Standard for Data Quality Reporting (pdf)

Facteurs contribuant à la réutilisation des données

Éléments communs des meilleures pratiques de gestion de données ouvertes. Série de présentations du groupe Open Data Support, au sein de la Communauté européenne.

La qualité des Données et Métadonnées Ouvertes

  • Fournir des descriptions appropriées aux données (métadonnées);
  • Utiliser des vocabulaires standards pour les données et métadonnées;
  • Spécifier la licence sous laquelle les données peuvent être réutilisées;
  • Respecter les exigences légales en matière de protection de données personnelles et autres données sensibles;
  • Représenter les métadonnées et les données selon les principes de données libres en utilisant les URIs persistants pour identifier les ressources;
  • Fournir des informations sur la source des données.

 

Mutations – Modèles, usages et contenus numériques