Gouverner autrement
« Gouverner autrement », était le titre de la version initiale du rapport Gautrin.
Dans le contexte socio-politique actuel, cette modification est lourde de sens. « Gouverner ensemble« , c’est un jingle pour une campagne électorale. « Gouverner autrement« , c’était une promesse de changement.
Parmi les 32 recommandations de ce rapport, les 4 premières constituent les fondations d’un gouvernement transparent, collaboratif et participatif.
- Que le gouvernement divulgue progressivement et de manière proactive, sur un site unique, l’ensemble des données gouvernementales. Ces données devraient être disponibles dans des formats libres et compatibles avec les logiciels de traitement de données.
- Que le gouvernement du Québec s’engage à stimuler et à favoriser la participation citoyenne à l’élaboration et à l’évaluation de ses actions et de ses politiques.
- Que le gouvernement s’engage à utiliser le potentiel du Web 2.0 pour stimuler et faciliter la collaboration des employés au sein et entre les différents ministères et organismes gouvernementaux.
- Que le premier ministre du Québec affirme dans une déclaration sa volonté d’orienter son gouvernement sur la voie du Web 2.0 et de faire de son gouvernement un « gouvernement ouvert ».
La 4e recommandation sera-t-elle mise en oeuvre ? Le gouvernement ouvert peut-il s’envoler sans l’autorisation de décoller du premier ministre ?
Modéliser les relations pour socialiser le marketing
Les marques qui investissent de plus en plus de leur budget marketing sur les réseaux sociaux sont-elles devenues plus sociales ? La dimension sociale du marketing, autre que la simple fonctionnalité du « like », échappe encore aux stratèges du marketing.
Relation = émotion : le maillon faible du marketing social
Sur le blogue de la Harvard Business Review, un billet qui contient des pistes de réflexion pour ceux qui s’intéressent à la dimension réellement sociale (patterns d’interactions) du commerce qu’il soit numérique ou brique-et-mortier.
Relationships aren’t rational, but emotional. They certainly aren’t predictable. (Try applying the marketing funnel to your love life and see how it goes. If you date 20 people, in 2.5 years will you end up with 0.7 kids?) In fact, marketing in the social era does start to look a lot like falling in love, following an arc of romance, struggle, stability, and commitment. As anyone who’s ever been in love can attest, it’s not a linear path.
Le modèle d’information du marketing traditionnel (linéaire, unidirectionnel et centré sur un objectif transactionnel) ne correspond pas au modèle social.
Nos rapports sociaux, nos choix et nos réactions sont empreints d’émotions (plus ou moins exprimées). Une dimension peu explorée, et pourtant essentielle, du marketing social. Une dimension qui échappe (encore) aux algorithmes des moteurs de recherche.
Curated commerce : la contextualisation de l’offre
Online retailers have the opportunity to offer a distinct point of view and re-contextualize products in more focused ways, often with a pared-down product offering and a highly visual style that immediately conveys brand values. When less is more for online retailers and their customers
Il serait temps d’organiser vos contenus pour que vos moteurs de recherche soient plus intelligents et puissent contextualiser votre offre. Ça rappelle Ambient findability (O’Reilly, 2005).
Une étude qui met en lumière le maillon faible des systèmes de recherche d’entreprise (Coveo, Endeca, Lucene, etc.). Les algorithmes ne remplacent pas le travail des « curateurs de contenus » ou, plus particulièrement, la contextualisation de la recherche et des résultats.
“Curated ecommerce is becoming recognized by both retailers and shoppers for its simplicity and ability to help fill an online void,” said Krista Garcia, eMarketer analyst and author of the new report, “Curated Ecommerce: How Less Can Be More for Shoppers.” “There will always be a place for comprehensive, multicategory retail sites, but fine-tuned collections enhanced by personal touches also perform a necessary function in the ecommerce ecosystem.”
Après la modélisation des données, il faut modéliser les relations.
Apple : intégrer la chaîne du livre, de l’auteur au lecteur
Serions-nous séduits par un jardin au point de ne pas nous inquiéter de l’absence de portes de sorties ?
Le nouveau programme d’autoédition lancé par Apple propose un modèle de production très audacieux. Voici un premier aperçu et quelques commentaires à chaud, publié par Martin Lessard sur Triplex, le blogue techno de Radio-Canada.
Apple à l’assaut du livre scolaire 2.0
Il est évident qu’Apple a compris depuis le début ce qu’il fallait faire : offrir gratuitement des outils de création et les gens s’y précipiteront pour y créer du contenu. Il faudra bien éventuellement qu’ils achètent la plateforme de production ou de lecture (l’iPad) et qu’ils passent par des tuyaux pour diffuser leur contenu (l’iTunes U). C’est à ce moment-là précis qu’Apple est à la caisse enregistreuse.
Une discussion sur les possibles avantages pour l’amélioration des pratiques dans le domaine de l’éducation s’est poursuivie sur mon fil Google+ avec Mario Asselin, spécialiste des technologies et de l’éducation (entre autres choses).
Je suis prêt à modifier ma position si on me prouve que l’outil de l’écosystème iBooks 2, iBooks Author et iTunes U permet facilement la co-construction via la capacité d’adapter un manuel par un prof et des élèves qui l’utiliseraient, ceci dans une dynamique où l’interopérabilité des dispositifs serait au service de l’avancement des connaissances et des itinéraires pour les présenter à des apprenants qui n’intègrent pas tous en même temps les mêmes choses au même rythme.
Un autre commentaire, à chaud, par Clément Laberge, un des spécialistes québécois de l’édition numérique que je suis, (avec Christian Liboiron et Patrick M. Lozeau). Un commentaire prudent qui résonne comme une mise en garde.
Et si Apple était devenu éditeur ?
Non, décidément, je ne reproche rien à Apple. Et je n’en suis pas moins admiratif. Je juste un peu préoccupé de l’absence de produits/services/approches alternatives pour éviter une hégémonie qui me semble incompatible avec ma vision de l’éducation et de la culture en général.
Apple détournerait-il le standard de l’édition numérique, EPUB, à son profit ? Des questions adressées à Apple par un des collaborateurs de ZDNet, Ed Bott. Les réponses sont attendues.
How Apple is sabotaging an open standard for digital books
So, for nearly two years, Apple has wooed digital book publishers and authors with its unconditional support of an open, industry-leading standard. (The EPUB standard is managed by the International Digital Publishing Forum [IDPF], of which Apple Inc. is a member.)
With last week’s changes, Apple is deliberately sabotaging this format. The new iBooks 2.0 format adds CSS extensions that are not documented as part of the W3C standard. It uses a closed, proprietary Apple XML namespace. The experts I’ve consulted think it deliberately breaks the open standard.
À jouter dans mes liens sur la guerre de l’Internet ?
La guerre de l’Internet ce sont des batailles pour la propriété intellectuelle et le contrôle des utilisateurs (contrôle de ce à quoi on accède et du comment on y accède). Apple est la plateforme technologique, l’éditeur, le responsable du marketing et le détaillant. Les acteurs de l’écosystème de l’édition doivent analyser les avantages et les risques (ou concessions) qui sont présents dans un tel système.
Industrie culturelle et littératie numérique
Why 2012 will be year of the artist-entrepreneur
Le Web a démocratisé l’usage des technologies de l’information en offrant à tous l’accès aux outils de création et de diffusion numérique.
Sans aller aussi loin que Douglas Rushkoff, spécialiste de la cyberculture, qui affirme program or be programmed, je crois effectivement qu’une certaine maîtrise du Web fait désormais partie de notre apprentissage, comme savoir lire et compter. Cela ne veux pas dire connaître les arcanes des langages de programmation et des entrailles des machines.
J’entends plutôt acquérir des connaissances et adopter des comportements :
- connaître l’écosystème du Web (machine, application, serveur, Internet, site, base de données, hébergement, fournisseur d’accès Internet,…);
- connaître les usages (utiliser le Web de façon sécuritaire, prévenir les fraudes, différencier un blogue d’une page Facebook, …);
- comprendre les modèles d’affaires (logiciels ouverts, libres et propriétaires, license d’utilisation, systèmes ouverts et fermés, …).
… qui permettent de développer un esprit ouvert et critique :
- Qu’est ce qu’on m’offre comme valeur (accès, usage, diffusion, …) ?
- Qu’est-ce que j’offre en échange (argent, données personnelles, production de code ou de contenu) ?
- Quelle est la valeur créée pour ma collectivité, la société, la planète ?
Une littératie à développer, non seulement dans l’intérêt de tous les entrepreneurs du domaine culturel (artistes, producteurs, diffuseurs, agents), mais dans celui de l’ensemble des citoyens
Plan Nerd : des citoyens-experts passent à l’action au GouvCamp
GouvCamp à Québec, le 22 février 2012
GouvCamp est une initiative de citoyens-experts qui permettra, on le souhaite, de passer à l’action après OpenGouv (16 novembre 2011). J’y retrouverai des amis comme Martin Lessard et des gens qui ne me connaissent pas mais que je suis sur le Net, comme Thierry Goulet.
Dans l’appareil gouvernemental, la technologie souffre d’être seulement entre les mains des responsables financiers, dit-il. Or, on ne peut plus voir ça aujourd’hui uniquement comme un simple outil de production. C’est un enjeu social. (Sylvain Carle, inspirateur de l’évènement, dans un article du journal Le Devoir)
De gouvernement en ligne à gouvernement ouvert
OpenGouv à Montréal, dans le cadre du Webcom, le 16 novembre 2011, OpenGouv était une journée d’échanges webdiffusée en direct et pilotée par le groupe de travail sur le gouvernement ouvert. Ce groupe est sous la direction du député Henri-François Gautrin.
- Collection des documents et meilleurs tweets sur Storify – OpenGouv – Webcom Montréal
- Capsules vidéo de la journée sur YouTube -OpenGouv – Webcom Montréal.
De gouvernement en ligne à gouvernement ouvert
Le premier rapport Gautrin (juin 2004) a atterri sur les tablettes d’une salle d’archives. Voir billet de Michel Dumais dans le Devoir.
Nous attendons toujours la version 2011 du rapport Gautrin (ou Gautrin Web 2.0), qui attend l’approbation de Jean Charest, premier ministre et instigateur du Plan Nord (vaste programme d’exploitation des ressources naturelles et de partenariats avec diverses industries et firmes conseils). Pour patienter, voici la vidéo officielle de la présentation du groupe GautrinWeb2.0.
Ailleurs
En décembre dernier, la France a lancé son portail de données ouvertes Étalab . Avec la participation active, sur le Net, de groupes de citoyens dont le blogue Regards citoyens qui propose Aidons le gouvernement à améliorer data.gouv.fr.
Big data : ces données que nous ne savons pas exploiter
Les barrières technologiques et organisationnelles sont des freins à l’exploitation des données. Ajoutons à ceux-ci l’absence de compétences. Un problème qui n’est pas spécifique au commerce de détail.
Retail’s BIG Blog | 5 digital retail trends to watch in the next 5 years
Data
We all know analytics are important. Heck, we’ve been trying to use them for years! But Joel predicts a massive transition in which retailers combine their current very linear relationship with data with the more cyclical silo that comes from gathering data from many different places.Social CRM is imminent (and we probably won’t be calling it that for very long!). The problem Joel foresees is that retailers just aren’t staffed for this kind of analytics yet. (Mitch Joel)
À l’ère de la fragmentation des marchés et des audiences, la problématique de l’exploitation des données est une tendance lourde.
Big data: The next frontier for innovation, competition, and productivity (McKinsey)
There will be a shortage of talent necessary for organizations to take advantage of big data. By 2018, the United States alone could face a shortage of 140,000 to 190,000 people with deep analytical skills as well as 1.5 million managers and analysts with the know-how to use the analysis of big data to make effective decisions.
Un nombre incalculable d’applications et de technologies analogiques et numériques recueillent des données dont le volume est en croissance exponentielle. Il y a de nombreux enjeux, dont la sécurité, la protection des renseignements personnels et la censure. La meilleure façon d’y faire face est l’ouverture.
The Data Deluge (The Economist)
The best way to deal with these drawbacks of the data deluge is, paradoxically, to make more data available in the right way, by requiring greater transparency in several areas. First, users should be given greater access to and control over the information held about them, including whom it is shared with. Google allows users to see what information it holds about them, and lets them delete their search histories or modify the targeting of advertising, for example. Second, organisations should be required to disclose details of security breaches, as is already the case in some parts of the world, to encourage bosses to take information security more seriously. Third, organisations should be subject to an annual security audit, with the resulting grade made public (though details of any problems exposed would not be). This would encourage companies to keep their security measures up to date.
Reconfiguration des professions de la « gestion du savoir » (bibliothécaires, documentalistes, archivistes) dont les compétences sont codifiées et qui font une place importante aux enjeux d’éthique.
Vers des architectes de l’information
L’enjeu pour ces nouveaux professionnels sera de concilier les pratiques des différents mondes du document. Il leur faudra, de façon très pragmatique, construire à la fois des prestations et des institutions qui soient réellement dédiées à la communauté qu’ils servent, reprenant à leur compte la longue tradition des infrastructures épistémiques, sans l’inféoder aux stratégies industrielles qui visent à verrouiller le Web ni la réduire à la logique performative des ingénieurs. (Jean-Michel Salaün)
J’adore mon métier.
Audience: mesurer l’impression ou l’expression
Watching with the World – Television Audiences and Online Social Networks, rapport de recherche.
L’auteur, Alex Leavitt, a été assistant de recherche de danah boyd.
TV viewing as an expressive process
Regarder la télévision n’est pas une activité aussi passive qu’on le croirait. Un téléspectateur exprime bien des choses lorsqu’il choisit une émission, la commente, partage ses commentaires parmi son réseau social, participe à des évènements à titre de fan, achète des produits dérivés ou même, quitte la pièce et fait autre chose pendant l’émission.
The ratings systems that dominate the television industry fix the television audience as a group that exhibits one behavior: watching television programming. However, media audiences actually exhibit a range of practices beyond mere viewing, such as evaluating media, discussing topics socially, generating content, sharing information, attending fan events, and even leaving the room during a TV show.
Audience expression over impression
Dépasser les limites des outils de mesure actuels (taille de l’audience) pour connaître les motivations et le comportement des membres d’une audience.
These other behaviors beyond simply watching television are valuable for understanding how and why viewers connect with and mobilize around media content, providing more productive feedback about audience interest and value.
Télé sociable
Mesurer le nombre de paires d’yeux (les impressions, dérivé de la publicité imprimée) permet de vendre de la publicité. Recueillir des données pour savoir comment les téléspectateurs consomment les contenus télévisuels et comment ils interagissent entre eux permettrait de rejoindre plusieurs types d’audiences là où elles sont, en leur proposant ce qui les intéressent.
La télé pourrait-elle être plus sociable ?
La guerre de l’Internet est commencée
Lors du Chaos Computer Congress, à Berlin, en décembre dernier, Cory Doctorow annonçait que l’Internet ouvert est devenu l’enjeu d’une guerre sans merci entre les tenants du contrôle et les défenseurs des libertés individuelles (Lockdown, The coming war on general purpose computing).
Nous subissons déjà, par le biais de nos ordinateurs et applications, un contrôle insidieux :
- comment on accède aux contenus (des interfaces si faciles à utiliser);
- à quoi on nous donne accès (des contenus sélectionnés et contrôlés pour notre bien).
The fantasies of those days were like a boring science fiction adaptation of the Old Testament Book of Numbers, a tedious enumeration of every permutation of things people do with information—and what might be charged for each.
Unfortunately for them, none of this would be possible unless they could control how people use their computers and the files we transfer to them.
Vidéo de la conférence de Cory Doctorow, The coming war on general computation.
Il y a actuellement un débat enflammé autour du contrôle des machines et des applications au nom de la protection du droit d’auteur (Stop Online Piracy Act). Il y a également l’affaire des rootkits implantés dans les téléphones portables.
We haven’t lost yet, but we have to win the copyright war first if we want to keep the Internet and the PC free and open. Freedom in the future will require us to have the capacity to monitor our devices and set meaningful policies for them; to examine and terminate the software processes that runs on them; and to maintain them as honest servants to our will, not as traitors and spies working for criminals, thugs, and control freaks.
Qu’est ce qui fait le plus peur : les possibles dérives des usages numériques de quelques-uns ou le contrôle d’un médium à présent intégré dans notre quotidien pour des raisons politiques et économiques ?
Contraintes légales et surveillance des internautes, jardins clos (le Web dans l’environnement contrôlé d’une plateforme de réseau social), « appification » croissante du Web (accès aux contenus sur Internet par le biais d’applications développées par des entreprises comme un service) : la guerre de l’Internet est commencée.
Audience de masse et nouveaux médiateurs sociaux
Le déclin des médias dits de masse
Les nouveaux médiateurs sociaux
For « audience » researchers, then, the interesting questions are less and less, when and why do people watch television or read a newspaper, if this question means, implicitely, why do they do this instead of doing something else? Rather, as social spaces, and social relations, which are untouched by mediated form of communication become fewer and fewer, we must instead ask questions about how, and with what consequences, it as come about that all social situations (whether at home or work, in public or in private, at school or out shopping) are now, simultaneously, mediated spaces, thereby constituting their participants inevitably as both family, workers, public or communities and as audiences, consumers or users?











