Industrie du livre et numérisation

La liseuse d’Amazon, Kindle, ne suscite plus de commentaires (ou ne fait plus la une) des blogueurs du web 2.0 et des sciences de l’info. Prudence, attente de la réponse du marché. Pendant ce temps, ça bouge côté numérique.

Do it yourself

Les sites d’auto édition lulu.com et blurp.com permettent aux auteurs d’éditeur leurs œuvres et offrent un point de rencontre et de services aux différents prestataires de la communauté (révision, traduction, illustration, photographie , etc.). Lulu.com (fondée il y a plus de 5 ans par le co-fondateur de Red Hat, Bob Young, également v-p de la Ligue canadienne de football) peut même mettre un livre en vente sur Amazon.

Une artiste et conceptriste web montréalaise, Marie-Chantal Turgeon (éclaté, coloré et …bilingue), a publié cet automne un premier ouvrage sur Blurp.com.

Le monde de l’édition à l’ère numérique

En France…

Vente en ligne, numérisation et librairies indépendantes. L’Agence régionale pour l’écrit et le livre en Aquitaine (ARPEL) a publié en novembre son rapport intérimaire sur l’impact du numérique sur la librairie indépendante. Ce rapport a pour objectif de formuler des pistes d’action en matière de politique publique. Rapport final attendu en décembre.

Enjeu: amener toute une profession, et pas seulement les plus avancés ou les plus gros d’entre eux, à anticiper au mieux les changements, et à inventer des pratiques nouvelles de l’activité de libraire, adaptées aux besoins des individus de la société de l’information.

Dans la même veine, outre-Manche…

Booksellers Association of the United Kingdom and Ireland vient de publier son plan d’action concernant les enjeux du numérique et de la distribution sur le Net. Ce document fait suite à l’étude de marché publiée en 2006 (Brave new world – Digitalisation of Content: the opportunities for booksellers and The Booksellers Association).

Embracing the digital age: An opportunity for booksellers and the book trade.

Il faut un niveau d’engagement supérieur entre éditeurs et libraires. Sans celui-ci, l’industrie ne pourra bénéficier des opportunités et avantages des innovations technologiques. Il est urgent que tous les participants de l’industrie se familiarisent avec les technologies numériques. Les plus concernés sont les libraires. Il y a un rattrapage à faire côté marketing et développement des marchés.

Deux éléments fondamentaux au développement du marché numérique:

  • Entente sur les standards d’exploitation des données marketing (responsabilité du Book Industry Communications).
  • Extension de l’infrastructure actuelle de l’industrie du livre.

En 2003, le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) avait publié une étude sectorielle, Les affaires électroniques et l’industrie de l’édition au Canada. C’est alors la vulnérabilité du secteur à la concurrence étrangère qui est l’enjeu principal et les nouveaux modèles d’affaires électroniques doivent assurer la compétitivité de l’industrie canadienne.

Agrégateurs de nouvelles

Remarqué: médias en ligne offrant une agrégation de nouvelles, incluant celles provenant de d’autres sources, ceci ayant pour objectif de devenir la source d’information préférée.

Blogrunner 

Le New York Times va plus loin avec Blogrunner: actualités provenant de sources diverses (journaux en ligne, blogues et sélection de nouveautés sur le Net).

Le Net comme matière première

Le dernier élément ci-haut mentionné (sélection de nouveautés sur le Net) rejoins particulièrement la vision web 2.0 du poste de rédacteur en chef (editor) décrite par Scott Karp sur Publish2: The editor as curator of all the news on the web.

Reconstructing reporting

On peut pousser plus loin en ajoutant la nouvelle façon de pratiquer le journalisme sur le web, en intégrant le réseau professionnel, les acteurs de l’actualité, les lecteurs, et ce sur différentes plateformes. Voir l’article de Mark Glaser qui décrit 3 époques de journalisme (avant, maintenant et bientôt) , sur MediaShift.

Gratuité et propriété intellectuelle sur le Net

Droit d’auteur et internet – France

Repérée et bien présentée par Jean-Michel Salaün (EBSI, Université de Montréal), la position de Philippe Astor (ZDnet) sur le rapport Olivennes : pourquoi on a tort de considérer que la gratuité c’est le vol.

/…/Pour autant, rien n’interdit de chercher à monétiser cette gratuité, ce que de nombreux modèles publicitaires essaient déjà de faire. Je persiste à penser qu’il possible, également, de monétiser les échanges de pair à pair.


Œuvres du domaine public

Projet COMMUNIA de la Communauté européenne. Partage de connaissances et projet de médiation du domaine public.

/…/The main goal of the COMMUNIA project is to build a network of organisations that shall become the single European point of reference for high-level policy discussion and strategic action on all issues related to the public domain in the digital environment, as well as related topics such as alternative forms of licensing for creative material (including, but not limited to, Creative Commons licenses), open access to scientific publications and research results, management of works whose authors are unknown (i.e. orphan works).


Distribution sous licence Creative Commons

Creative Commons qui célebrera ses 5 ans le 15 décembre prochain propose une alternative web et flexible pour des contrats de droits d’auteur.Plusieurs types de licences disponibles. Utilisé, entre autres, par Wikipedia et Flickr.

Recherche de matériel disponible sur le Net, sous licence CC: Google et Yahoo! permettent de chercher spécifiquement du matériel sous licence CC .

Musique en ligne et droit d’auteur

Tenter de trouver un modèle de revenu intéressant pour toutes les parties.Proposition de solution d’une association de l’industrie de la musique:

Danemark – Music industry association recommends flat-rate file sharing (O’Reilly)Proposition venant d’une entreprise (EMI Music):

EMI Music reaches agreements to retail DRM-free, superior sound quality downloads in multiple stores across Scandinavia.

Suggestion d’un lecteur du blogue de Michael Geist :

/…/Recording industry sets up a music service, and/or licenses other services such as iTunes, to provide DRM-free unlimited downloads of all copyrighted music for an access fee of $23/month. No ISP involvement. No peer to peer. Just a fair market revenue scheme and a good value proposition for consumers.

Nouveau projet de loi canadien

Imposer une législation (Boing Boing) à l’image du Digital Millenium Copyright aux États-Unis qui, entre autres, réduira l’accès au matériel éducatif et scientifique et favorisera l’appropriation du futur patrimoine numérique canadien par de grosses entités commerciales.

Mise en garde de la Canadian Library Association, afin d’éviter les erreurs commises par la législation américaine, adressée au Ministre Pentice (septembre 2007).

Commentaires de Michael Geist (carnet technologies et droit).

Expertise

Site de Laura J. Murray, Faircopyright.ca, co-auteur du Canadian copyright: A citizen guide.

Entreprises et web nouveau

Les grandes sociétés conseil se penchent sur les enjeux qui depuis déjà quelques temps, introduisent des remises en question dans les entreprises (valorisation, modèles prévisionnels, modèles de revenus, technologies, etc.). Ce sont quelques indicateurs qui marquent l’amorce de changements plus profonds amenés par le web 2.0*.

*Souhaitons une appellation autre que 2.5 ou 3.0 pour la suite des choses (un reste de concept desktop?).

Enterprise 2.0 – Fad our future?

Sous-titré intéressant: The business role for social platforms. Résultat d’une étude (premier de 3 volets annoncés) de KPMG sur l’adoption des technologies et concepts de réseaux sociaux et collaboration par les grandes entreprises. ¨Prochain volet: résultats d’une enquête menée auprès de directeurs des TI dans de grandes entreprises.

En prime: abécédaire du web 2.0 (Ajax, Blog, Mashup, RSS, Tagging, …) . Tiens, aussi du code libre (Ruby on Rails)

McKinsey: How business are using Web 2.0

Résultat d’une enquête internationale menée auprès de 2 847 directeurs d’entreprise. Satisfaction des entreprises envers leur investissement dans les technologies, dites Web 2.0, surtout celles qui favorisent le travail collaboratif. Ces nouvelles technologies (aucune mention spécifique) sont plus flexibles et d’implantation plus rapides que les solutions d’entreprise traditionnelles.

Applications en code libre – Typlogie et modèles d’affaires

Étude antérieurement mentionnée dans ce carnet, réalisée par FaberNovel. Progression continue de l’adoption de technologies en code libre par les entreprises européennes.

Avantages reconnus: fiabilité, flexibilité, qualité, moins cher que les solutions propriétaires, adhésion aux valeurs véhiculées par le mouvement  »Open source ».

Cependant, l’étude relève que la méconnaissance du modèle d’affaires (modèle de revenu, structure de coût) des applications en code libre est un frein à leur adoption par les entreprises. Ce sont les services complémentaires qui génèrent la plus grande part des revenus.

L’étude présente une typologie des différents modèles;

  • Services complémentaires ou valorisation indirecte
  • Distribution à valeur ajoutée
  • Double licence (produit standard gratuit et produit version pro payant)
  • Mutualisation (version de base gratuite et modules développés sur mesure, payants)

Réseaux sociaux et entreprises

Une société conseil française du secteur des nouvelles technologies, FaberNovel, a récemment publié une étude sur les réseaux sociaux, leurs spécificités et leur positionnement (Réseaux sociaux en ligne: principes de base et bonnes pratiques, en anglais).

Intéressant:

  • Typologie des réseaux sociaux.
  • Positionnement sur deux axes: Identité (réelle ou fantaisiste) et résultat recherché (exposition/auto promotion – objectifs qualitatifs)

L’étude a pour objectif de permettre aux entreprises qui souhaitent intégrer le concept (et bénéfices) des réseaux sociaux à leur modèle d’affaires, de trouver le type de réseau correspondant le mieux à leur stratégie.

Fabernovel a antérieurement publié des études sur Facebook et les technologies en code libre.

Note: cette étude est publiée sous licence Creative Commons.

Médias traditionnels et Internet

Statistiques de l’industrie des journaux sur le net

La Newspaper Association of America publie depuis 2003 ses statistiques relatives au volet numérique des activités des journaux membres (Digital Media Resources).

L’Association canadienne des journaux ne présente toujours pas de données relatives aux activités sur le net.

Journaux et magazines et le web 2.0

Aperçu de la présence en ligne (rattrapage) et des initiatives timides des journaux et magazines américains pour s’approprier les nouveaux médias. Rapports (journaux, magazines) du Bivings Group, société conseil spécialisée en communication, encore d’actualité.

Partage de données bibliographiques

Wordlcat est offert par OCLC (Online Computer Library Center) et permet de:

  • Chercher du matériel (livres, musique, vidéo) parmi les catalogues en ligne de bibliothèques (près de 10 000 selon le site).
  • Constituer des listes (références selon 5 formats courants) et les partager.
  • Localiser la bibliothèque la plus près (API de localisation par code postal, province, état, pays)

*** Alternative à l’interface de recherche avancée: recherche à facettes ( auteur, contenu, format, langue, année) permet de préciser sa pensée si l’objet de la recherche est plutôt vague ou d’explorer.

Partage de données entre bibliothèques et entités commerciales

Étude de Karen Coyle comparant les données produites et utilisées par les éditeurs et détaillants et celles des catalogues bibliographiques. Évidement, les objectifs et besoins ne sont pas les mêmes et les entités commerciales n’utilisent pas de listes d’autorité.

Open cover database

Une autre manière de naviguer, valoriser ou diffuser des éléments de collection : fureter parmi les jaquettes ou couverture de livres, DVD ou CD, pouvoir les utiliser pour compléter l’information relative aux ouvrages.

CoverThing: projet complémentaire à LibraryThing (partage de collections, de listes de lecture).

Vers de nouveaux modèles de revenus

Après le passage à la gratuité pour le contenu en ligne du New Times, plusieurs réflexions sur les modèles de revenu.

Payer pour quoi?

Payer pour la distribution de contenu (listes, compilation, sélection éditoriale) , payer pour la création de contenu.Reinventing the economics of news . Pour la création, il faudrait que le contenu en ligne se démarque considérablement du contenu papier.

S’inspirer des expériences des plateformes de diffusion vidéo ?

Article du New York Times sur l’influence du net sur la production télévisuelle (et le déplacement des productions vers les plateformes web). Partage des revenus allant jusqu’à 50/50 entre les diffuseurs et les producteurs de contenu.

Rapportée par LostRemote, une entente conclue par ABC.com pour les épisodes de Lost conçus pour diffusion sur le web ( »…pays the writers $800 per webisode and a 1.2-2 percent residual on licensing fees »).

Mutations – Modèles, usages et contenus numériques