Archives de catégorie : Faire le Québec numérique

Passages : Projets dinosaures à l’heure du web 2.0

ongoing · Doing It Wrong

Comment peut-on encore s’enliser dans des projets interminables et honteusement coûteux à l’ère du code libre, de la virtualisation des serveur et du développement Agile ?

« Stop the madness! » Un cri du coeur d’un développeur, chez Sun Microsystems, qui dénonce les modes de développement de systèmes d’entreprise qui résultent en des projets extrêmement coûteux et souvent, en échecs (mais, combien profitables pour les grandes sociétés-conseils qui sont assurées de remporter des appels d’offres taillés sur mesure).

Amusingly, all the IT types who write about this agree that the problem is “excessive complexity”, whatever that means. Predictably, many of them follow the trail-of-tears story with a pitch for their own methodology, which they say will fix the problem.

Développement itératif et culture agile

Bien que la modernisation de systèmes patrimoniaux (ou « legacy systems », ces systèmes aux technologies à présent obsolètes et dont la création remonte parfois à la fin des années 60) présente des difficultés particulières, c’est la méthodologie et les choix technologiques que dénonce l’auteur.

The time between having an idea and its public launch is measured in days not months, weeks not years. Same for each subsequent release cycle. Teams are small. Progress is iterative. No oceans are boiled, no monster requirements documents written.

Le billet renvoie également à des sources qui tiennent des listes de projets informatiques désastreux.

Quelques exemples de projets désastreux au Québec

Commission de la santé et sécurité du travail (2009) – Projet de modernisation abandonné au bout de  2 ans et demi. Radiation de 30 millions de dollars.

GIRES (2003) – Méga projet de gestion intégrée des ressources (intégration d’un millier de logiciels dans 138 ministères et organismes, au gouvernement du Québec. Débuté en 1999, le projet est abandonné après plus de 400 millions de dollars investis.

Société des alcools du Québec (2003) – Système de gestion intégrée d’entreprise (ERP) – L’opération qui devait s’étendre sur 18 mois et coûter 57 millions de dollars, a demandé près de 3 ans et coûté 95 millions.

Hydro-Québec (2003) – Projet de modernisation (plus de 200 applications), non encore terminé et dont le coût devrait atteindre plus de 600 millions de dollars.

Passages : Les salons et foires en mutation ?


    Sans Hachette, le Salon du Livre se cherche un second souffle | Rue89

    Le Salon du livre de Paris (et les autres évènements de même envergure) n’échappera pas à la mutation que les nouveaux usages du Web ont enclenché dans d’autres activités de marketing.

    Que ce soit pour des raisons financières (coûts élevés de ce type d’évènement pour les participants), écologiques (transport, consommation) ou sociales (affirmation d’une spécificité régionale), une nouvelle tendance se dessine-t-elle pour les grands évènements de type conférence ?

    Hachette se retire du Salon du Livre de Paris et souhaite que l’évènement évolue

    Entre salon professionnel et grand public, on cherche à se repositionner. Les gros évènements semblent moins rassembleurs au goût de certains participants (professionnels de l’édition). Faut-il aller au delà de l’audience, trop diffuse et se recentrer sur les communautés d’intérêt ?

    Couleur locale ou régionalisation: répondre aux attentes d’une clientèle et de certains représentants du monde de l’édition, dont les auteurs, qui souhaiterait des évènements régionaux, adaptés aux spécificités locales.

Passages : Journalisme et démocratie – Les électeurs restent indifférents à l’appel des médias (Le Devoir)

Journalisme et démocratie – Les électeurs restent indifférents à l’appel des médias (Le Devoir)

Article accessible aux abonnés du Devoir uniquement.

Les médias ont-ils encore de l’influence sur leurs lecteurs ? On peut en douter en constatant le faible taux de participation aux élections municipales de Montréal, malgré la médiatisation de la série de scandales qui secouent la mairie. Les médias sont-ils toujours les chiens de garde de la démocratie ? Ils aboient, mais aboient-ils au bon moment ?

Stéphane Baillargeon a interrogé deux professeurs en science politique *  et en journalisme **. Il y a 3 trois leçons à tirer pour les médias:

Les médias ont peu d’influence sur les choix politiques

    «Les enquêtes montrent que les éditoriaux n’ont pas d’impact dans l’opinion», enchaîne encore plus cruellement le professeur Marc-François Bernier, titulaire de la chaire en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa. «Ils sont lus par une frange politisée qui a déjà son opinion et n’en changera que petit à petit.»

Les médias traditionnels ont fait leur travail d’enquête

Par contre, en région, les médias ne disposent pas des budgets et ressources leur permettant de réaliser ce type d’enquête. Les médias citoyens (blogues, forums) ont fait office d’amplificateurs.

«Les blogueurs fonctionnent comme les animateurs de lignes ouvertes, dit-il. Ils lisent les journaux et ils commentent.»

La vie politique n’a pas suffisamment de place dans les médias

Les chiens de garde de la démocratie se détournent-ils de leur cible dès qu’un os alléchant leur est jeté (la soirée des élections, entre le Gala de l’ADISQ et l’épisode clé de la série de télé réalité) ?

«La structure de certains médias et l’environnement social peuvent être défavorables à l’enquête»

* Anne-Marie Gingras, professeure agrégée de science politique à l’Université Laval, spécialiste des rapports entre la démocratie et les médias.

** Marc-François Bernier, titulaire de la chaire en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa.

La mode québécoise a bien besoin du Web

La  Semaine de mode , l’évènement annuel du milieu de la mode à Montréal bat son plein. Et s’il y a un secteur d’activité où les avantages marketing et communication du Web sont sous exploités (méconnus ?), c’est bien celui de la mode. C’est un secteur jeune, créatif et une pépinière de nouvelles entreprises de design (la production étant majoritairement délocalisée, comme ailleurs).

Curieusement, les efforts de commercialisation et de développement de marché de ces petites entreprises semblent bouder le puissant outil de diffusion qu’est le Web social, pourtant beaucoup plus accessible, efficace et rentable qu’un site en Flash. Je passe les désavantages de la réalisation d’un site en Flash, déjà abordés avec éclat par Michelle Blanc, experte en commerce électronique.

C’est plus spécifiquement la quasi absence (ou l’immobilisme), hors les blogues des passionnés(ées) de mode, des créateurs et des entreprises de mode du Québec sur les différentes plateformes de diffusion et de communication Web. La plupart des actions se limitent à l’envoi de courriels très beaux, mais un peu longs à charger et souvent interceptés par les logiciels anti pourriels. Les activités de commercialisation et de relations publiques sont très majoritairement cantonnées aux médias traditionnels. Extrait de l’article du journal Le Devoir:

Dans le milieu de la mode, on parle actuellement d’un petit buzz autour de la Semaine de mode. «La Semaine n’était pas commencée que j’avais déjà donné trois interviews, dont une pour un portrait que fera Fashion TV sur Muse», raconte Christian Chenail, le créateur de la maison de mode québécoise Muse.

Les besoins de l’industrie, exprimés par ses représentants, sont autant de bonnes raisons de mieux connaître et de mettre à profit les leviers du rayonnement Web, du mix média et des réseaux sociaux:

«On agit donc sur deux tableaux: le prestige qu’offrent les défilés, avec les retombées médiatiques qui en découlent, et les retombées économiques par le réseautage et les ententes contractuelles», dit la coprésidente de Sensation mode.

Et ce ne sont pas les objectifs qui manquent:

«On a de grandes ambitions», dit Chantal Durivage, qui explique que si la Semaine de mode de Montréal veut attirer le public, elle est aussi là pour les acheteurs et les médias internationaux. Cette année, 250 acheteurs ont répondu à l’invitation. «On veut vraiment augmenter la visibilité des designers, mais on veut que ça résonne dans le tiroir-caisse.»

La réalité ne suit pas le discours. Dans la liste des participants à la Braderie de mode québécoise qui aura lieu du 22 au 25 octobre prochain, presque toutes les entreprises ont un site web. Cependant, à voir la facture de la majorité des sites, on se demande comment peuvent-elles rentabiliser leur investissement (si toutefois, la fréquentation du site est mesurée) ?

  • Site difficile à trouver avec les moteurs de recherche
  • Pas de détails sur les produits (textiles, matières, couleurs, tailles disponibles)
  • Photos très artistiques, mais ne permettant pas de bien voir le produit
  • Pas de liste de détaillants distribuant les produits (s’il y a des noms, il n’y a pas d’adresse)

Les créateurs craignent-ils de perdre leur image artistique et d’exclusivité en employant des moyens qu’ils jugent trop populaires ou commerciaux ? Ou ne manque-t-il pas un volet important à la formation que reçoivent les étudiants en commercialisation de la mode ?

Apprendre à marcher avant de courir

Si pour vous, la réalisation d’un projet Web débute encore par la phase de développement, il est temps de prendre connaissance du Guide des meilleures pratiques Web, réalisé par Alliance numérique (et efficacement rédigé par Martin Lessard).

Un projet Web ne se limite plus à une réalisation technologique mais demande un ensemble d’expertises diversifiées, peu importe qu’il ait pour futurs utilisateurs des clients, des employés, des fournisseurs ou des investisseurs.

Combien de gestionnaires d’entreprises sont encore aux prises avec le cauchemar d’un projet mal parti, n’ayant pas su comprendre les enjeux et sélectionner les ressources appropriées ?

Plus désolant encore : combien de fournisseurs de services dans le domaine du Web sont-ils en mesure de guider leurs clients dans un contexte qui a beaucoup changé depuis la fin du siècle dernier ? De plus, pour beaucoup de firmes de « développement » (du programmeur travaillant en solo à l’entreprise établie dans la Cité multimédia, à Montréal), la planification stratégique est réduite à sa plus simple expression (esquisse de site fournie avec le devis), faute de disposer des compétences requises dans l’équipe.

Alliance_numerique_Guide_Web

Rendu public tout récemment, ce guide a pour objectif de mieux préparer les entreprises à la conduite de projets Web. Ce sont cependant les fournisseurs de services de réalisation Web qui auraient intérêt à bien intégrer le contenu de ce document, et à s’organiser en conséquence.

La part du coût de réalisation d’un projet Web qui est consacrée à la planification stratégique est encore bien souvent infime, comparativement à celui de la réalisation technique alors que les attentes des entreprises ont évolué. Un des billets de Marc Poulin, Comment tuer son commerce en ligne, est, à ce titre caractéristique du manque de planification et de la disparité entre la valeur de l’investissement dans un projet Web et les résultats espérés.

Avant de se lancer dans le Web 2.0, il faudrait d’abord avoir bien réaliser la phase Web 1.0. Si les fournisseurs de services de réalisation Web ne sont plus en mesure de bien conseiller leurs clients, entre autres, grâce à ce guide qui leur aura ouvert les yeux, ceux-ci pourront toujours se tourner vers d’autres fournisseurs, plus allumés.

Passages : Le livre numérique [3] : L’agrégateur québécois (Carnet de Gilles Herman)


    Le livre numérique [3] : L’agrégateur québécois (Carnet de Gilles Herman)

    Description de l’entrepôt numérique, projet de l’Association des éditeurs de livres (Québec), mis en ligne au printemps 2009.
    La nouvelle plateforme soutien le modèle d’affaires traditionnel de l’édition (intermédiation des éditeurs/diffuseurs/distributeurs).

    Orientations de développement de la plateforme:

    Les éditeurs doivent avoir le plein contrôle sur leurs livres et sur leur exploitation numérique
    Les éditeurs doivent pouvoir fixer les prix de vente et contrôler leurs revenus
    Les éditeurs sont les seuls à être détenteurs des droits d’auteur des œuvres versées dans l’entrepôt
    Les fichiers numériques doivent être hébergés au Québec.

    Parallèlement, on assiste à l’émergence de nouveaux modèles. Ceux-ci sont favorisés par l’appropriation des technologies et le développement de partenariats hors de l’industrie (exemples d’Orange, géant européen des télécommunications, qui se lance dans la distribution de contenu et de services d’auto édition, comme lulu.com).

Et l’infrastructure technologique ?

Une lettre d’opinion de Jonathan Vianou, journaliste et ingénieur, dans Le Devoir, relève l’absence de mesures concernant l’infrastructure technologique dans le budget fédéral récemment présenté le gouverment de Stephen Harper.

Les programmes d’infrastructure qui y sont présentés sont créateurs d’emploi et essentiels au maintien des voies de transport, cependant, selon M. Vianou, il y a de quoi s’alarmer du manque d’intérêt pour le développement de l’économie numérique au Canada.

Dans l’économie du savoir, Internet haute vitesse doit être considéré comme essentiel, au même titre que la poste, le téléphone et la télévision. Or, le Canada perd progressivement son leadership à ce chapitre. Deuxième en 2002 parmi les 30 pays membres de l’OCDE, en termes d’abonnés à Internet haute vitesse, il récolte maintenant une 10e position. Pire, il se classe 27e pour son rapport qualité de vitesse et prix! Sans compter que la limite de téléchargement moyenne canadienne de 60 Go par mois est rapidement atteinte, comparativement à celle américaine, qui est de 250 Go.

Le Canada ne semble pas vouloir suivre les propositions de l’OCDE pour l’intégration de la cyberéconomie. De sa position de tête, en 2001, le Canada a rapidement perdu du terrain, tant pour la tarification que pour laqualité du service.

Chiffres pour le moins déconcertants publiés par  David Crane, un chroniqueur de la revue d’affaires BCBusiness dans son article From First to Worst:

Canada’s broadband prices are higher than 20 other countries in the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD). In fact, Canadian prices are nearly 30 times as high as those in Japan, 12 times as high as in France, 11 times as high as in Sweden and just over 10 times as high as in Korea.

Canada also has one of the slowest average advertised broadband speeds, ranking 15th in the OECD. Compared with Canada, Japan’s downloading speeds are nearly 12 times as fast, France’s and Korea’s nearly six times as fast and Sweden’s three times as fast.

En milieu rural,  et surtout pour les régions éloignées des centres de services, l’accessibilité aux services par Internet constitue un facteur essentiel du développement économique et social.  Pourtant, l’accès Internet à haute vitesse n’est pas encore disponible sur tout le territoire du Québec, sur la Côte-Nord, en Gaspésie  et même dans certaines aglomérations de l’Estrie. Encore moins accessible sur l’ensemble du territoire canadien (env. 80% des communautés n’y ont pas accès).

Et pour ajouter à la somme des obstacles au développement de la nouvelle économie : la pratique de ralentissement délibéré du trafic (throttling), récemment autorisée par le CRTC,  par les géants des télécommunications.

Bell Canada et le ralentissement délibéré du trafic Internet

L’Union des consommateurs vient de joindre sa voix à celles de milliers d’individus et d’organisations au Canada pour dénoncer une pratique illégale de Bell Canada. Le CRTC a reçu la requête de l’UC.

Bell Canada, et bien d’autres fournisseurs d’accès Internet, sont pointés du doigt depuis plusieurs mois pour délibérément ralentir le trafic pour certaines applications (notamment le téléchargement de fichiers mp3 et de vidéos).

Dépôt de plaintes auprès du CRTC.

Vuze, une plateforme de téléchargement de vidéos (Bit Torrent) offre un plugiciel gratuit permettant de détecter les interruptions délibérées du trafic par les fournisseurs d’accès.