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Stratégie numérique pour le Québec: sur les modèles d’une nouvelle économie

Site de la consultation sur la stratégie numérique, Ministère de l'Économie, de la Science et de l''Innovation, Québec.

Mes contributions, dans le cadre de la consultation sur la stratégie numérique du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec. Celles-ci témoignent de ma perspective, qui est essentiellement orientée vers les sciences de l’information. Et c’est d’une pluralité de regards et d’expertises sur les enjeux des transformations en cours dont nos dirigeants ont besoin.

C’est malheureusement, pour ceux et celles qui souhaiteraient offrir autre chose qu’une liste de souhaits, une démarche qui appartient plus à la réalisation d’une étude de marché qu’à un processus structuré d’écoute pour enrichir une réflexion (décision?) gouvernementale. Voici mes contributions fournies en quatre temps, compte tenu de l’espace accordé, mais qui sont ici, allongées de quelques mots afin d’en préciser le sens.

Économie numérique 1/4 – Les modèles
Des modèles d’affaires centrés sur l’exploitation de l’information: la donnée a plus de valeur que le produit qu’elle décrit et l’exploitation de données est plus rentable que la production de ressources. Nous n’avons pas de culture de la donnée (absence de normalisation et d’interopérabilité des bases de données, au sein d’un même système d’information et entre organisations apparentées).

Économie numérique 2/4 – Les données
Les données de nos BD sont inexploitables dans le web (normalisation, interopérabilité, sémantique) parce que nous concevons des systèmes sans penser à générer de l’information pour qu’elle soit largement diffusée. Nous formons des professionnels compétents mais nous les confinons à la gestion de bibliothèques.

Économie numérique 3/4 – Les compétences
Nous sommes mal équipés pour comprendre et réagir rapidement aux changements en cours. Nous passons du web des documents au web des données. Nous risquons d’être mis hors jeu par des joueurs qui participent à l’élaboration des règles que nous ne maîtrisons pas, alors que nous focalisons sur le développement d’outils.

Économie numérique 4/4 – Le web des données
La capacité de découvrabilité de nos produits dépend de plateformes étrangères qui, elles, s’enrichissent avec l’exploitation des données que nous générons. Allons-nous continuer à soutenir le développement de silos de données ou apprendre les changements qui  sont à l’oeuvre dans le web  et à quoi servent des métadonnées?

Consultation publique sur le Québec numérique et le défi de la démocratie participative

Consultation publique - Politiques numériques au Québec 20151120

Sylvain Carle nous conviait le 20 novembre dernier à une Consultation publique sur les politiques numériques au Québec. À sa façon, il nous faisait participer, en parallèle, à la démarche  du gouvernement du Québec sur la transition numérique où seuls quelques représentants des industries et institutions étaient conviés.

Plusieurs participants ont appelé à passer à l’action. Agir, oui, mais sur quoi et, surtout, dans quelle(s) direction(s) et avec quelles intentions? Nous pourrions nous ranger derrière les 13 écrits, mais tout comme les programmes des partis politiques (auxquels nous reprochons leurs processus en vase clos), il manque la vision. Cette vision d’un Québec transformé socialement et économiquement par ses citoyens qui se sont affranchis des vieux modèles de pensée, découvrent de nouveaux outils et expérimentent de nouveaux usages.

Conversations et convergence

Cette rencontre était nécessaire. Il était plus que temps que nous conversions/convergions depuis la publication des écrits des 13 étonnés. Publication qui fut médiatisée mais non accompagnée des espaces et usages du web participatif. L’invitation de Sylvain a permis de réaliser la diversité des définitions, attentes et visions de ce que signifie la transition numérique du Québec (chercher le mot clic #numQc sur Twitter). Et encore, une partie de la diversité, puisque l’assemblée était très majoritairement masculine, francophone, blanche, certainement très diplômée et entre la trentaine et la soixantaine. Ceux et celles qui se trouvent de l’autre côté de la fracture numérique n’y étaient pas représentés.

Démocratie participative

Cette rencontre, je l’espère, devrait nous rappeler d’être inclusifs, de mettre les avantages numériques au service du bien commun et de ne pas retomber, au cours de notre démarche (ou action politique), dans les ornières de ces processus que nous nous efforçons de changer.  La démocratie ouverte et participative est un apprentissage dans l’action qui demande beaucoup d’humilité et d’authenticité.

Lors de cette rencontre, et lors de toute prochaine activité, nous devons nous rappeler les mots clés de cette culture numérique que nous souhaitons tant voir contaminer les esprits, les organisations et les collectivités: pluralité, conversation, ouverture, collaboration, partage, etc. Oui, c’est difficile de changer, et oui, agir en démocratie participative nous demandera du temps et des efforts. Comment nous poser en sherpas numériques si nous ne pouvons pas y arriver?

Feuille de route de l’économie numérique: il y a un trou

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 26 octobre 2015.

À la feuille de route et au groupe-conseil sur l’économie numérique annoncés le 23 octobre par Philippe Couillard, il manque ce qui fait la puissance des géants technologiques et la vraie modernisation de l’État : la culture de la donnée. Dommage d’accorder si peu d’intérêt à une compétence du domaine de l’information, le « I » des « TI » dont on ne retient que la technologie.

Attendre quoi?

Plusieurs observateurs au sein de mon réseau, tels Mario Asselin et Clément Laberge, se sont inquiétés de la volonté affichée de prendre le temps de « bien faire les choses ». Leurs allégeances politiques n’entrent pas en ligne de compte car, en l’occurrence, ce sont avant tout des partisans d’un Québec numérique. Cette mise en attente est décevante pour ceux et celles qui forment les cohortes des nouveaux métiers et entreprises de l’économie numérique.  Il y a méprise sur la nature du changement. La véritable rupture est occultée par les innovations technologiques qui ne sont que les instruments et infrastructures permettant d’exploiter la matière première de cette économie : les données.

On consulte…

Nous nous attendions à ce que notre gouvernement propose une politique afin de soutenir la transformation de l’État et de favoriser le passage de notre économie de l’ère industrielle à l’ère numérique. Nous devrons cependant patienter en attendant les résultats d’une consultation qui vise à « établir un diagnostic de l’économie numérique au Québec, à déterminer les priorités d’action et à définir les grandes lignes de force où le Québec devrait investir afin de prendre une place enviable dans ce domaine ».

Permettez-moi d’exprimer la crainte qu’une telle démarche se solde par l’élaboration de nouveaux programmes visant uniquement le développement technologique alors que le plus grand défi à relever concerne l’aptitude des dirigeants à comprendre et à adopter de nouveaux usages et modèles d’affaires.

Au cœur de l’économie numérique : les données

Ce qui a particulièrement retenu mon attention, c’est qu’il n’y a pas de place pour l’information au sein du groupe-conseil. On a pensé aux entreprises, aux groupements associatifs pour le développement des affaires, aux organisateurs d’événements, aux start-ups, aux organismes de recherche en technologies de l’information, mais, hélas, pas aux sciences de l’information. Où sont ceux qui font la promotion des formats standards pour l’interopérabilité des ensembles de données, des politiques pour la production et la diffusion de métadonnées et des opportunités qu’offre le web sémantique? Qui viendra souligner qu’une véritable littératie de l’information permettrait de corriger la myopie technologique des équipes de projets numériques?

Il y a deux ans, je concluais ainsi un billet sur le faible intérêt de nos dirigeants pour la matière première de l’économie numérique: « Si l’information est réellement le carburant de l’économie du savoir, alors il semble que nous soyons en train de construire des réseaux de pipelines sans nous soucier de l’approvisionnement en pétrole ».

Oui, nous sommes en retard de plusieurs trains et à plus d’un titre. Nous disposons pourtant de nombreuses sources d’inspiration, notamment en France, avec le projet de transformation de l’État par le numérique et la feuille de route stratégique sur les métadonnées culturelles qui a pour objectif d’accroître le rayonnement des contenus culturels.

Yves Williams, l’un des pionniers de l’histoire du Québec numérique, a répondu à ce commentaire :  « Le train n’est pas en retard… il est toujours en gare. Il se cherche une locomotive! ».

Le premier ministre Philippe Couillard sera-t-il celui qui mettra enfin sur les rails la locomotive de l’économie numérique?

Promesses du «BI» et réalités de l’information

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 13 novembre 2013.

Si les collections des bibliothèques étaient gérées comme on gère l’information dans les organisations, nous aurions des bibliothèques du Moyen-Âge, où seul un moine érudit pourrait trouver l’information dont vous avez besoin.

Avec ses innombrables répertoires de fichiers, ses nomenclatures incompréhensibles, ses cachettes et ses cul-de-sac, l’écosystème de l’information en entreprise ressemble bien plus à la bibliothèque cauchemardesque du roman Le nom de la rose qu’à un centre de données parfaitement bien organisées. L’informatique décisionnelle ou business intelligence en anglais réaliserait-elle des prodiges ?

Statistiques et indicateurs

La réalité de la gestion et de l’exploitation de l’information dans une organisation a peu changé depuis des décennies. Si la capacité de traitement et d’analyse de l’informatique décisionnelle a considérablement évolué, les problématiques de la gestion stratégique de l’information sont demeurées les mêmes :

Les silos informationnels

C’est l’un des défis les plus importants de l’informatique décisionnelle. Produire une information exacte et complète à propos d’une situation ou d’un événement requiert la mise en relation de données et d’informations diverses et en provenance de différents systèmes et unités d’affaires.

C’est un parcours qui comporte des barrières structurelles (directions, divisions, services), culturelles (rétention de l’information, lutte de pouvoir) et technologiques (systèmes fermés et incompatibles, absence de formats de métadonnées standards).

La partie immergée de l’iceberg

Tel que commenté dans un précédent billet, les organisations investissent davantage dans l’informatique que dans l’information. Rares sont les entreprises qui ont su instituer une véritable culture qui valorise sa gestion et son partage. Le repérage, la collecte et le traitement de l’information sont pourtant des activités quotidiennes : aux courriels, échanges verbaux, annotations de document, présentations et rapports auxquels s’ajoutent aujourd’hui les contenus transitant sur les plateformes collaboratives et les réseaux sociaux.

Cette information n’est pas constituée de données structurées, elle n’est pas catégorisée, elle n’est pas toujours explicite (plus souvent implicite ou ambiguë) et elle est difficilement repérable à l’aide d’un moteur de recherche. Elle a pourtant autant de valeur que celle qui se trouve parmi les données structurées et unifiées dans un entrepôt de données.

L’absence de contexte

La mise en contexte des données est essentielle à une information de qualité. Les indicateurs des systèmes d’aide à la décision projettent une réalité : celle qui provient des données structurées, des calculs et des rapports. On peut s’interroger sur leur capacité à traduire la complexité des multiples facettes d’une organisation. Prenons par exemple la baisse des ventes d’un produit qui peut être liée à un ensemble de facteurs et dont les indicateurs avancés sont, entre autres, des données non explicites et des contenus non structurés comme des échanges de courriels, le tout en provenance de sources diverses :

  • La gestion du personnel (roulement élevé du côté des représentants);
  • Le service à la clientèle (réclamations des consommateurs);
  • La veille stratégique (succès d’un produit concurrent);
  • Le marketing (dénigrement sur les médias sociaux);
  • La gestion des stocks (difficulté d’approvisionnement);
  • La production (baisse de la qualité des pièces d’un fournisseur);
  • Les ventes (commentaires d’acheteurs: produit vieillissant).

Pour contextualiser l’information, il faut pouvoir faire des liens entre les ensembles de données. Une tâche quasi impossible, compte tenu des silos informationnels.

Intelligence collective et informatique décisionnelle

L’intelligence collective d’une organisation repose sur une approche méthodique de la gestion de l’information qui s’appuie sur des standards reconnus, comme les formats de métadonnées descriptives. Elle devrait recourir à des compétences spécialisées dans le traitement et l’organisation des contenus. Elle concerne par ailleurs tous les membres de l’organisation. À cet égard, il faut développer une culture de l’information qui encourage la participation de chacun à la qualification (signalement, validation, modification) et à la gestion des contenus (sélection, mots clés).

L’informatique décisionnelle repose essentiellement sur des données structurées. La technologie ne constitue donc qu’un élément de la solution. Ce sont l’expertise et l’expérience humaine qui contribuent à enrichir cette matière brute en l’organisant, en la reliant à d’autres informations, en la contextualisant et en la partageant.

Tant que les silos informationnels perdurent et qu’il n’y a pas de véritable culture de la gestion de l’information, l’informatique décisionnelle ne peut être vraiment efficace.

Dans ces conditions, ne croyez-vous pas qu’une prise de décision éclairée relève du miracle ?

Analyse des médias sociaux : aller au-delà des évidences

Je réponds ici aux questions qu’un lecteur a formulées en commentaire de mon précédent billet.  Je le remercie d’avoir pris la peine de s’exprimer et de m’obliger à préciser mes constats.

Machine à écouter les conversations
Machine à écouter les conversations

Mais globalement est-ce que cela modifie les conclusions ? Même intuitivement, ou en analysant rapidement mon fil d’actualité Twitter, j’aurais dit que la grande majorité des commentaires sur Twitter sont pro-étudiants.

Je ne suis pas intéressée aux conclusions de cette étude, mais uniquement à la démarche employée. Une telle étude peut être d’une grande utilité pour les médias ou les organisations qui désirent se positionner dans ce débat.  Cependant, la démarche doit être rigoureuse et l’analyse doit aller au-delà de ce que l’on peut déjà percevoir par la simple lecture des flux sur Twitter. On peut toujours remettre en question ou discréditer une étude dont la méthodologie n’est pas rigoureuse. J’ai pour preuve, la controverse qu’ont suscité les sondages récemment publiés à propos de la loi 78.

Par ailleurs, si la plupart des échanges semble prendre une couleur particulière, c’est probablement parce qu’il y a des acteurs plus déterminés, plus présents et qui maîtrisent les outils du web social. Ceci dit, bien des échanges sur qui ne sont pas marqués par des mots clic comme #manifencours, auront échappé à cette analyse.

Le constat de cette étude ne fait que renforcer la perception de polarisation, ce qui apporte peu aux organisations et individus qui souhaiteraient passer un message divergeant. Elle aurait pu relever les groupes qui ont des échanges démontrant des positions plus nuancées. Ce sont ces groupes qu’il faudrait cibler avec des contenus ayant une valeur informationnelle et non ceux qui n’échangent que des opinions, sans aucun ouverture à la discussion.

Un des objectifs de l’analyse des échanges sur les médias sociaux est le choix des conversations parmi lesquelles se positionner en diffusant de l’information utile.

Mais, même si je ne suis pas sûr de ce qu’ils voulaient dire exactement dans leur conclusion, je pense qu’il n’y avait pas de réelle stratégie. Il y avait des tactiques brillamment menées, des opportunités rapidement exploitées, de la coordination extrême, une capacité à gérer le chaos, etc. Je ne sais pas si on peut parler de stratégie et peut-être, que d’une certaine façon, la stratégie est morte (On dirait un mauvais titre de Wired ; )

Je ne crois pas que la stratégie soit morte, elle est simplement réinventée dans le contexte numérique (bottom up plutôt que top down). Les médias sociaux sont désormais un élément incontournable de l’écosystème de l’information. Savoir les utiliser est stratégique et beaucoup plus efficace qu’une page de publicité payée dans les journaux.

je ne comprend pas ton point sur la police…

Concernant le Service de police de la Ville de Montréal, cette étude a remarqué sa présence. Il n’était pas nécessaire d’employer une application de recherche pour se rendre compte de la fréquence de l’acronyme spvm dans le flux #manifencours (et même hors du flux) pendant les heures d’activité du compte Twitter du SPVM (et, également, hors de ses heures d’activité). Ce qui est remarquable, c’est que ce compte est au centre des conversations et qu’il constitue un exemple de maîtrise des médias sociaux (voir mon précédent billet). Contrairement au gouvernement du Québec, le service de police a compris le changement socio-culturel en cours avec le numérique et s’est rapidement fait conseiller (d’excellente façon, d’ailleurs). Bien des marques qui sont établies depuis quelques années sur les médias sociaux ne lui arrivent pas à la cheville pour sa réactivité, son professionnalisme et la valeur de l’information échangée.

Mise à jour (9 juin 2012)

Melissa Carroll anime le compte du SPVM depuis novembre 2011 et est une autodidacte des médias sociaux. Voir cette entrevue réalisée par Marie-Annick Boisvert : Portrait de gestionnaire de communauté : Melissa Carroll.

 

De la pertinence des meilleures pratiques Web

Qui pourra inciter les organisations à adopter de meilleures pratiques Web si l’avant-garde technologique (dont la « maison du Web à Montréal ») ne le fait pas ?

L’annonce de la mise en ligne du nouveau site de la Maison Notman, hier sur Facebook, a déclenché une  discussion qui illustre parfaitement la difficulté d’encourager l’adoption de meilleures pratiques pour la réalisation de projets Web.

Il s’agit d’un très petit projet pour lequel il n’y avait que peu ou pas de budget (comme la très grande majorité des sites Internet). Le site, réalisé en toute bonne foi par des bénévoles, comporte des lacunes en regard de la conception et de l’utilisabilité (là aussi, comme la très grande majorité des sites Internet). En commentaires de l’annonce sur Facebook, les échanges ont porté sur la pertinence de mettre en application les meilleures pratiques (planification, conception, production, évolution) dans un contexte de développement rapide, comme c’est le cas dans les jeunes entreprises en TIC.

Ceux qui proposent une mise en ligne rapide, suivie d’une amélioration par itérations soulignent une réalité trop souvent vécue : les projets interminables et coûteux dont les principales caractéristiques sont les suivantes:

  • Lourdeur du processus de réalisation (sur-documentation, lenteur de la prise de décisions, décalage entre le livrable et les besoins qui ont changé depuis l’amorce du projet);
  • Trop nombreux intervenants dans le projet (perte de vue des objectifs d’affaires et des intérêts des utilisateurs finaux);
  • Affectation inadéquate des ressources (les bonnes expertises, au bon moment);
  • Choix technologiques contraignants.

On peut effectivement mettre un site en ligne rapidement, en prévoyant l’améliorer plus tard, version après version. Mais si les problèmes sont de nature conceptuelle ou structurelle, les interventions nécessaires seront trop importantes et on les remettra à une éventuelle refonte. Les utilisateurs du site devront prendre leur mal en patience ou aller voir ailleurs.

Une bonne question

Une question subsiste :  les meilleures pratiques Web sont-elles pertinentes dans une approche de développement rapide («release early, release often») ?

Si la réponse est oui, alors comment s’assurer de la rapidité et de l’agilité de la réalisation ?

Passages : la tablette n’est pas la bouée de sauvetage de l’imprimé

Survey finds iPad negatively affecting print media

Article repéré par l’agence web TP1.

Se servir de supports électroniques pour vendre plus de publications imprimées est une mauvaise idée. Cette stratégie n’exploite pas les avantages spécifiques du numérique et ne tient pas compte du changement de comportement d’une partie grandissante des consommateurs.

Inclure les tablettes numériques dans votre stratégie de distribution (ou de visibilité par la diffusion) est une meilleure idée.

While this trend may ultimately curtail print editions, it also creates a new distribution method for those newspapers willing to move out of their comfort zone. Several large newspapers, including the WSJ, The New York TImes, and the London-based City A.M., are making that transition and have released iPad apps.

Et alors ?

  • Les habitudes des consommateurs évoluent plus rapidement que l’industrie des médias. N’oubliez pas vos utilisateurs actuels et potentiels lorsque vous élaborez votre stratégie de marché.
  • Cessez de tenter de reproduire ce que vous connaissez, vous n’êtes plus en territoire connu (les nouvelles technologies n’ont peut-être pas encore changé votre façon de voir les choses, nous ne sommes qu’au début d’une vague de changements). Comme bien d’autres, sortez de votre zone de confort en explorant de nouveaux usages.
  • Attention aux mirages : le modèle de distribution d’Apple n’est pas avantageux pour tous les éditeurs de contenu (iPad au secours des vieux modèles ?).

Les DRH feront-elles l’entreprise 2.0 ?

La DRH, le parent pauvre des directions d’entreprise, saura-t-elle prendre une part active au développement de l’entreprise 2.0 ?

  • Le web des années 2000 était encore le fief des directions informatiques.
  • Le web 2.0 a mis les technologies participatives entre les mains des directions marketing et communication.
  • Lentement, mais sûrement, les RH investissent les outils sociaux et les approches collaboratives et devraient jouer un rôle central dans l’entreprise 2.0.

L’entreprise 2.0 passera en 2010 par les RH, titre Vincent Berthelot sur le blogue de B-R-ENT. Il remarque un changement d’attitude des RH, pour l’utilisation du 2.0. en entreprise.

L’évènement « Comment le web 2.o révolutionne les RH », organisé par l’APEC (association paritaire française dont l’objectif est de conseiller les entreprises et cadres sur les sujets touchant à l’emploi).

Plusieurs personnalités du web et des affaires animaient des ateliers dont: Jean-François Ruiz, Franck La Pinta, Fred Cavazza, Edwy Plenel (ex directeur de la rédaction du Monde et fondateur de Mediapart.fr).

TechTocTv a assuré la captation et la retransmission des ateliers; captations qui devraient être bientôt disponibles.

Jean-François Ruiz a déjà mis en ligne sur Webdeux.info,  ses impressions de l’évènement et sa présentation.

Apprendre à marcher avant de courir

Si pour vous, la réalisation d’un projet Web débute encore par la phase de développement, il est temps de prendre connaissance du Guide des meilleures pratiques Web, réalisé par Alliance numérique (et efficacement rédigé par Martin Lessard).

Un projet Web ne se limite plus à une réalisation technologique mais demande un ensemble d’expertises diversifiées, peu importe qu’il ait pour futurs utilisateurs des clients, des employés, des fournisseurs ou des investisseurs.

Combien de gestionnaires d’entreprises sont encore aux prises avec le cauchemar d’un projet mal parti, n’ayant pas su comprendre les enjeux et sélectionner les ressources appropriées ?

Plus désolant encore : combien de fournisseurs de services dans le domaine du Web sont-ils en mesure de guider leurs clients dans un contexte qui a beaucoup changé depuis la fin du siècle dernier ? De plus, pour beaucoup de firmes de « développement » (du programmeur travaillant en solo à l’entreprise établie dans la Cité multimédia, à Montréal), la planification stratégique est réduite à sa plus simple expression (esquisse de site fournie avec le devis), faute de disposer des compétences requises dans l’équipe.

Alliance_numerique_Guide_Web

Rendu public tout récemment, ce guide a pour objectif de mieux préparer les entreprises à la conduite de projets Web. Ce sont cependant les fournisseurs de services de réalisation Web qui auraient intérêt à bien intégrer le contenu de ce document, et à s’organiser en conséquence.

La part du coût de réalisation d’un projet Web qui est consacrée à la planification stratégique est encore bien souvent infime, comparativement à celui de la réalisation technique alors que les attentes des entreprises ont évolué. Un des billets de Marc Poulin, Comment tuer son commerce en ligne, est, à ce titre caractéristique du manque de planification et de la disparité entre la valeur de l’investissement dans un projet Web et les résultats espérés.

Avant de se lancer dans le Web 2.0, il faudrait d’abord avoir bien réaliser la phase Web 1.0. Si les fournisseurs de services de réalisation Web ne sont plus en mesure de bien conseiller leurs clients, entre autres, grâce à ce guide qui leur aura ouvert les yeux, ceux-ci pourront toujours se tourner vers d’autres fournisseurs, plus allumés.