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Web des données: les connexions qui transforment

Web des données depuis 4 ans (2010).

Comme il est possible de le constater en effectuant une recherche avec Google, le web se transforme progressivement et, avec lui, les systèmes d’information.

Nous passons de bases données qui sont conçues pour retrouver une information à des données ouvertes et liées qui, publiées dans le web, permettent à des machines d’établir des connexions et de générer, par inférence, une information qui ne se trouve pas dans notre base de données.

Sélection de lectures parmi mes signets les plus récents sur Diigo:

Connexion

Le web a été conçu pour être exploré par des humains et par des machines. Pour les modèles d’affaires numériques, la découverte de ce que nous ignorions a beaucoup plus de valeur que la recherche de choses que nous connaissons.  C’est, notamment, pour cette raison que les géants du numériques investissent dans les technologies du web sémantique (ou web des données) car elles permettent de représenter les connexions possibles entre différents éléments d’information.

“The value that I see going forward is the linking part of the data environment,” Wiggins added. “You start searching at one point, but you may be linked to things you didn’t know existed because of how another institution has listed it. This new system will show the relationship there. That’s going to be the piece that makes this transformative. It is the linking that is going to be the transformative.”

Searching for Lost Knowledge in the Age of Intelligent Machines – As search engines are radically reinvented, computers and people are becoming partners in exploration.

Curation de données

Nouvelle compétence clé: la curation de données, à la quelle on ajoutera le nécessaire esprit critique qui ne peut être remplacé par les algorithmes.

Avec tous les algorithmes statistiques et tous les outils d’analyse automatique de données (« big data analytics ») du monde, nous aurons encore besoin d’hypothèses causales, de théories et de systèmes de catégorisation pour soutenir ces théories. Les corrélations statistiques peuvent suggérer des hypothèses causales mais elles ne les remplacent pas. Car nous voulons non seulement prédire le comportement de phénomènes complexes, mais aussi les comprendre et agir sur la base de cette compréhension. Or l’action efficace suppose une saisie des causes réelles et non seulement la perception de corrélations. Sans les intuitions et les théories dérivées de notre connaissance personnelle d’un domaine, les outils d’analyse automatique de données ne seront pas utilisés à bon escient. Poser de bonnes questions aux données n’est pas une entreprise triviale !

La litéracie en curation de données

Médiation

Comment éveiller des décideurs aux changements radicaux qui sont annoncés partout, mais qui ne s’expérimentent pas dans le quotidien puisqu’il se transforme de façon beaucoup plus lente et progressive ?

In addition to the artworks and product demos, there are video infographics explaining what companies can and are doing with your data right now, whether it’s credit score calculation, email metadata analysis, or how your wifi-enabled smartphone is basically always snitching on you.

Once you’re thoroughly alarmed by the reality of what we have given up in freedom for the conveniences wrought by our ad-driven world, the team has helpfully created a Data Detox Bar where you can learn about reasserting control over your network existence and limiting your exposure. And the entire exhibit is staffed with all white-wearing “Ingeniouses” who will answer questions or just provide a shoulder to scream into after discovering that there is no such thing as “anonymized data.”

For the truly curious, of which I am one, there are workshops and presentations that provide an even deeper look into the gaping maw of our networked world.

Go to The Glass Room. If Black Mirror Had a Showroom, This Would Be It

Industries culturelles: la vraie nature de la transition numérique

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 7 décembre 2015.

Le plus grand défi imposé par la révolution numérique aux industries culturelles et créatives n’est pas de nature technologique mais organisationnelle.  Nous ne voyons encore que trop peu d’expérimentations hors des modèles de création et de distribution traditionnels. Qu’est ce qui retient nos entreprises culturelles?

Lors du Sommet sur la découvrabilité, qui était organisé par le CRTC et l’ONF et qui avait lieu à Montréal la semaine dernière, j’ai eu l’impression qu’il fallait encore convaincre les participants que les changements qui bouleversent leur univers sont, non seulement irrémédiables, mais qu’ils s’accélèrent. Pourtant, nous ne sommes plus uniquement en présence de nouveaux usages numériques, mais d’une nouvelle génération de « consommacteurs » autour desquels s’élaborent des services et des outils. Un public plus difficile à joindre et qui a sa propre grammaire, comme le mentionnait Suzanne Lortie, professeur et directrice du programme en stratégie de production culturelle et médiatique à École des médias de l’UQAM, en parlant des YouTubers, ces jeunes créateurs de contenus qui sortent des codes habituels de l’audiovisuel et ont des succès d’audience.

Il y a pourtant plusieurs années maintenant qu’ont été publiés les rapports du CALQ et de la SODEC sur le nécessaire virage numérique.  Il est donc fort probable que tous étaient déjà bien au fait des transformations qui affectent la création, la distribution et la consommation de contenus culturels.  C’est pourquoi les conférences qui composaient la première partie de l’événement n’ont pas déclenché d’électrochoc mais ont rappelé l’urgence d’agir face à des écosystèmes et des modèles qui se mettent en place en ne nous laissant qu’un rôle de fournisseur de contenus.

La table ronde qui réunissait des experts, praticiens et enseignants a permis d’entrevoir, trop brièvement, ce qu’un réseau de compétences et d’expériences diversifiées pourraient apporter à des projets novateurs.  Ces « partenariats improbables » évoqués par Sylvain Lafrance, professeur à HEC Montréal et ancien vice-président exécutif de Radio-Canada, ne seraient-ils pas plutôt des alliances naturelles dont on a ignoré le potentiel ?

Face au rouleau compresseur culturel des grandes plateformes numériques ne faudrait-il pas développer un réseau de partenaires afin de miser sur la mutualisation de ressources et de compétences? Et, pourquoi, tel que le suggérait le conférencier principal et consultant en nouveaux médias, Pascal Lechevallier, ne pas établir des partenariats à l’échelle de la francophonie ? C’est cette même ouverture sur le monde et les marchés francophones, que réclamait Jean-Daniel Nadeau, journaliste au Devoir, en dénonçant la myopie des médias, à la suite du Congrès de la fédération des journalistes du Québec.

Ces questions avaient pourtant déjà été soulevées en 2012, lors d’un forum France-Canada sur les enjeux des contenus numériques, organisé par le Conseil des technologies de l’information et des communications. Plusieurs des participants au sommet de la semaine dernière y étaient d’ailleurs présents.

Le véritable défi pour les contenus culturels à l’ère numérique est de sortir d’un modèle de création et de production qui n’est plus supporté par l’écosystème. Comme je l’ai démontré dans un billet précédent, la vraie nature du changement est culturelle: il faut abattre les silos disciplinaires et organisationnels pour connecter nos réseaux de compétences et mettre en commun nos savoirs.

Ce sont les réseaux collaboratifs qui permettent de décoder les signaux faibles du changement, de varier les perspectives sur une problématique et d’élaborer un prototype de solution. Pourquoi des organisations qui ont des enjeux communs ne collaboreraient-elles pas ensemble pour expérimenter des solutions? Parmi nos créateurs et nos entreprises culturelles, quels sont ceux et celles qui rechercheront ces « partenariats improbables »?

Québec numérique: le vrai changement n’est pas technologique

Jeu de la transition numérique - Fing
Le jeu de la transition numérique – Fing

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 4 novembre 2015.

Peut-on faire entrer le Québec dans l’ère numérique avec une démarche, des politiques et des programmes de l’ère industrielle?

C’est pourtant l’impression que donne la consultation annoncée il y a une quinzaine de jours par le gouvernement. Comment, alors, échapper au darwinisme numérique, cette sélection naturelle des cerveaux qui met hors jeu ceux qui n’ont pas appris à se réinventer?

La véritable nature du changement

S’il s’agissait uniquement d’un enjeu technologique, la modernisation des infrastructures et des équipements constituerait une piste de solution toute tracée. Cependant, les défis auxquels la société, les industries et les institutions font face sont d’une toute autre nature. Il est important de rendre explicite cette « transformation numérique » dont on parle afin de bien saisir la véritable nature d’une transformation qui est souhaitée ou redoutée, selon notre niveau de confort face à un monde qui change.

Le modèle mental de l’ère industrielle

Consultant et conférencier, Fred Cavazza  analyse et commente la progressive adoption des nouveaux usages par les entreprises depuis les premiers âges du web.  Selon lui,  il est tentant d’adopter de nouvelles technologies, comme un site de commerce en ligne, sans opérer les transformations qui sont pourtant vitales pour les dirigeants et organisations de l’économie numérique. Il insistait encore tout récemment sur l’urgence d’acquérir les connaissances et aptitudes qui sont essentielles à la transformation:

/…/même si c’est plus valorisant et beaucoup moins risqué, résistez à l’envie de procéder à des transformations de surface pour gagner du temps. L’important n’est pas de sauver les apparences, mais de s’intéresser à la partie immergée de l’iceberg. Pour ce faire, la formation est un élément-clé pour transmettre rapidement des savoirs, faire évoluer les mentalités et initier une dynamique de changement en interne.

Victime ou acteur du changement?

Mais  pourquoi changer si tout fonctionne encore de manière acceptable? En affaires, comme dans notre vie personnelle, le changement nous est imposé par des circonstances extérieures. Nous ne modifions nos stratégies et nos projets que lorsque nous rencontrons des écueils ou que nous sommes en situation d’échec. Certains esprits clairvoyants tentent d’identifier et de décoder les signaux faibles des discontinuités afin d’avoir le temps de se repositionner. Or, en général, par aversion aux efforts intellectuels et matériels que requiert tout changement, la majorité des individus et des organisations attendent d’être au pied du mur pour réagir. Ce fut le cas des médias. C’est actuellement le cas, entre autres, du commerce de détail et c’est peut-être déjà le cas de plusieurs institutions.

Le numérique, c’est complexe

La révolution numérique étant un phénomène qui transcende les secteurs d’activité humaine, sa définition varie selon la perspective de celui ou celle qui l’expérimente ou l’observe. Cependant, une des plus efficaces démonstrations de la complexité et de l’envergure du changement est l’excellente vidéo (moins de 8 minutes) produite par Michel Cartier il y a déjà cinq ans: Êtes-vous prêts pour le 21e siècle.

Mais alors, comment réussir à prendre le virage numérique avant de frapper le mur? Certainement pas en adoptant des solutions simplistes, limitées aux avancées technologiques et compartimentées par secteur d’activité. Et, surtout pas, en excluant la dimension humaine et sociale du phénomène. Peter Drucker a relevé dès 1967 cet enjeu incontournable de la révolution numérique:

We are becoming aware that the major questions regarding technology are not technical but human questions,

Si la maîtrise des nouveaux outils et usages, qu’il s’agisse de mobilité, d’objets connectés ou de science des données, nous accordait une certaine maturité technologique, il manquerait malgré tout à nombre de nos élus et dirigeants la capacité ou la volonté de sortir du schéma mental qui conditionne actuellement leurs décisions.

Connecter les réseaux

Évidement, on ne devient pas visionnaire en suivant une formation, mais on peut se mettre à l’écoute de ceux qui décodent et expérimentent les changements.  On peut également se sensibiliser aux enjeux qui bouleversent les écosystèmes socioéconomiques comme l’on fait les élus, ailleurs dans le monde, qui ont rassemblé les forces vives de l’innovation dans divers domaines au cours d’états généraux ou d’assises publiques.

Comment transformer les mentalités, les usages et les modèles afin que des écosystèmes complets se reconfigurent et que nous ne devenions pas que les clients, mais les bâtisseurs de la nouvelle économie? Dans un billet publié récemment, j’écrivais : « Si nous retirions le mot « numérique » de l’expression « transformation numérique », nous inviterions probablement les bonnes personnes autour des tables de discussion ».

Sommes-nous prêts, élus, dirigeants, chercheurs, créateurs et citoyens, pour ce type de changement?

Commerce électronique: deux bonnes raisons pour aller voir ailleurs

Initialement publié dans le blogue de Direction informatique, le 18 décembre 2013.

Lorsqu’on parle de commerce électronique au Québec, il est souvent question de stratégie et de technologie, mais rarement d’information. Pourtant, qui n’a déjà fait ou entendu ce genre de commentaire : « C’est plus facile à trouver avec Google que sur le site de [XYZ]! »?

Tout comme l’information stratégique, l’organisation et l’exploitation des données concernant l’offre commerciale ne semblent pas encore faire partie des enjeux prioritaires de trop d’entreprises.

Labyrinthe de la Cathédrale de Reims

Une question d’information

Selon une étude récemment publiée par le CEFRIO, malgré la croissance du nombre d’achats en ligne, ceux-ci sont majoritairement effectués à l’extérieur du Québec. Quel dommage pour notre économie! Parmi les raisons qui pourraient expliquer cette préférence, il y en a deux pour lesquelles il serait tout à fait possible d’apporter des correctifs :

1. Le catalogue de produits n’est pas terrible

Les géants du commerce en ligne, ainsi qu’un nombre croissant de grandes marques américaines, investissent dans la mise en valeur de leur offre commerciale sur Internet en ouvrant aux internautes de très efficaces catalogues de produits.

Cela fait plusieurs années que des sites de commerce européens déploient cette force de frappe numérique. Il suffit, lors d’un séjour outre-mer, de chercher un simple appareil électro-ménager en ligne pour se voir proposer différentes marques et prix à même les résultats affichés par Google. Par ailleurs, plusieurs grandes enseignes s’intéressent au web sémantique afin d’ajuster leur moteur de recherche interne aux besoins exprimés de façon non explicite.

Désolée d’insister : les métadonnées descriptives sont au cœur de la recherche sur Internet. Les moteurs de recherche raffolent particulièrement de celles qui s’appuient sur des formats standards car elles sont faciles à interpréter et à contextualiser. Or, la plupart des catalogues en ligne au Québec ne sont constitués que de fiches d’information qui sont fournies par les manufacturiers. Résultat : il y a aucun format commun et on utilise un vocabulaire qui s’adresse davantage au service de l’approvisionnement qu’à la clientèle cible.

Enrichir les données d’une fiche produit avec des métadonnées permet d’ouvrir un catalogue à un grand nombre d’applications de recherche, et ainsi, de diffuser plus largement une offre qui, autrement, restera confinée au site Internet d’origine.

De tous les secteurs d’activité au Québec, par exemple, seule la musique connaît une initiative liée aux métadonnées. Il s’agit de TGiT, qui promeut l’adoption de métadonnées standards incrustées aux fichiers MP3 afin d’intensifier la présence numérique des créations québécoises.

La concertation autour de normes requiert des efforts considérables de la part de l’ensemble des acteurs d’un écosystème, mais c’est à ce prix que s’acquiert une présence forte et une certaine autonomie face aux géants du web comme Amazon et Apple.

2. La recherche sur ce site est une corvée

L’accessibilité et la qualité de l’information concernant les produits et leurs processus d’achat sont à l’origine de l’insatisfaction de nombreux consommateurs.

Si la partie transactionnelle peut être améliorée par des spécialistes de l’interface utilisateur, l’architecture de l’information devrait être élaborée avec les méthodes des sciences de l’information. De trop nombreux catalogues en ligne, incluant ceux des grandes entreprises, n’ont pas de schéma de classification, de catégorisation et de métadonnées cohérents et évolutifs qui permettraient aux moteurs de recherche internes et externes d’être plus efficaces.

Les moteurs de recherche internes sont rarement paramétrés adéquatement et cela constitue le plus grand irritant : il y a trop de résultats ou bien aucun résultat, le tout sans proposition d’alternative.

Un autre sujet d’amélioration est la recherche à facettes, qui permet de trier des résultats en fonction d’attributs spécifiques. Ces attributs se limitent habituellement au prix et à la marque, alors que d’autres informations plus utiles, comme les caractéristiques propres au type de produit, n’y sont pas.

Par exemple : pour un convecteur de 150 watts, on devrait proposer linéaire, thermostat intégré, puissance, spécialité (p. ex. un chauffe-serviettes). C’est un investissement qui permet de faciliter la recherche et, donc, d’accroître les ventes et de rentabiliser ainsi le coût d’acquisition de la technologie.

De plus, ces attributs permettent non seulement de contextualiser l’offre (p. ex. la variété des options), mais également d’enrichir l’analyse des données sur les besoins de la clientèle.

Le catalogue de produits demeure le maillon faible du commerce électronique au Québec. Pour trop d’entreprises, c’est encore une brochure ou, au mieux, une arborescence de site web. Mais pour les plateformes commerciales à succès, il s’agit plutôt d’un ensemble de données structurées s’adressant aux consommateurs afin de faciliter leurs décisions d’achat. Et pour celles qui sont entrées dans l’économie numérique, c’est aussi la composante d’un système d’information stratégique.

Pour Noël 2014, les sites de commerce en ligne seront-ils enfin passés en mode « information » au Québec?

Maîtrise des métadonnées: enjeu culturel et économique majeur

The Semantic Web isn’t just about putting data on the web. It is about making links, so that a person or machine can explore the web of data. With linked data, when you have some of it, you can find other, related, data. Tim Berners-Lee, Linked Data

Les 5 règles des données liées (linked data)

Métadonnées: la France est en retard…

Le numérique est avant tout un espace d’échange de métadonnées : si vous ne contrôlez pas les métadonnées, vous laissez à d’autres le pouvoir d’exposer ou non vos œuvres, de vous rémunérer ou pas… Je trouve que nous gérons collectivement cet enjeu des métadonnées avec beaucoup trop de légèreté, le réveil risque d’être douloureux.

Pendant qu’en France nous enchainons les colloques sur la nécessité de s’intéresser aux métadonnées, le gouvernement anglais investit des millions de livres pour faire émerger le plus rapidement possible des acteurs mondiaux sur la gestion des métadonnées.

ÉlectronLibre, entrevue avec Jean-François Bert, fondateur de Transparency, une société qui agit comme un tiers de confiance pour les ayants droit qui veulent surveiller l’exploitation de leurs oeuvres sur le Net.

Le Québec numérique dans son enfance

Pour réaliser à quel point notre retard va nous mettre à la merci des économies numériquement plus avancées, il suffit de visiter des sites comme semanticweb.com. On retrouve très rarement au Québec et au Canada des postes similaires à celui-ci (extrait) :

Core to the work of Pearson International is excellence in information architecture. Information architecture benefits PI businesses by making content reusable through the application of standards; and « smart » by the use of metadata, taxonomies and semantic technologies.

Candidate Profile

Deep understanding of the complex challenges of information and knowledge management.

• Proven success incorporating Taxonomy and Metadata programs within a large enterprise organisation.

• Experience leading teams on taxonomy and metadata strategy projects

• Experience implementing industry taxonomy standards

• Experience implementing metadata standards such as Dublin Core

Un risque pour la culture et l’économie

Les récentes interrogations de l’industrie de la musique illustrent le retard numérique du Québec, notamment en ce qui concerne le web des données:

Au Québec, les ventes d’albums et de pistes numériques représentent 24 % du total; aux États‐Unis, cette proportion passe à 47 %, un peu plus que les 45 % du marché de la musique enregistrée au Canada. /…/ Non seulement la vente d’albums et de fichiers individuels de produits québécois est‐il significativement plus faible qu’en format physique, mais, contrairement à la tendance générale /…/, elle est en recul depuis deux ans.

/…/

Dans un contexte où le format physique semble condamné à perdre du terrain face au commerce numérique de la musique, il appert essentiel que les produits québécois accroissent leur part de marché au courant des prochaines années pour assurer la pérennité du disque québécois. Comment s’y prendre? Est‐ce que le disque (et le « single ») québécois sont assez bien représentés sur les différentes plates‐formes de téléchargement légal (iTunes, eMusic, Zik)? Peut‐on exiger de ces détaillants du Web qu’ils mettent mieux en valeur les produits québécois, voire qu’ils créent une « boutique Québec » sur leurs plates‐formes? Est‐ce que l’industrie de la musique doit investir davantage dans la publicité sur le Web et dans les réseaux sociaux pour mieux diffuser la musique d’ici?

(Philippe Renaud, Un portrait de la chanson québécoise, janvier 2013, pages 19-20)

S’il se vend moins de musique québécoise, c’est, en grande partie, parce qu’elle n’est pas présente/visible là où vont les consommateurs pour trouver de nouveaux contenus culturels (sur Internet). La découverte de contenus culturels québécois sur le Web passe par des métadonnées de qualité (nos catalogues de produits sont en général pitoyables, sémantiquement). De plus, la multiplication des plateformes aux technologies  propriétaires et aux formats non standards (voir la définition des données liées, au début de ce billet) entraîne une balkanisation de l’offre culturelle au détriment des consommateurs.

Startup Festival : carte des interactions et pistes narratives

En facilitant le repérage de connections entre des sujets et des acteurs, l’analyse des conversations sur les médias sociaux permet de raconter des histoires.

La deuxième édition du Startup Festival (informations plus détaillées dans la version anglaise du site) avait lieu les 11, 12 et 13 juillet derniers, au bout du quai Alexandra. J’utilisais jusqu’à présent la technologie de Nexalogy pour filtrer et analyser les contenus et les interactions sur les réseaux sociaux.  Dès la fin de la première journée de conférences, la carte des interactions m’a permis de repérer les éléments d’une histoire à raconter.

Parler de startups et d’opportunités au festival des startups de Montréal

StartupFest sur Twitter_Interaction_Comptes les plus actifs
Startupfest sur Twitter - Carte des interactions (comptes les plus actifs) Les comptes du Festival sont au centre des interactions. Plus les autres comptes sont près de ces derniers, plus ils sont en interaction avec eux.

Plusieurs femmes ont participé à cet évènement. C’était remarquable car les technologies de l’Internet attirent relativement peu de femmes. Vers la fin de la première journée de conférence, la carte des interactions a révélé la présence active de plusieurs participantes dans l’espace numérique des conversations. Qu’elles développent des applications ou des contacts d’affaires, ces entrepreneures font tranquillement leur chemin dans un univers bien différent de celui des entreprises de l’ère industrielle.

Potentiel narratif: 6 femmes, 6 histoires d’entrepreneures

@christinerenaud
Fondatrice de E-180, une plateforme qui permet de faire connaître et partager votre expertise ou votre savoir-faire en rencontrant des gens qui ont les mêmes affinités.

@JessicaLChalk
Entrepreneure de l’Ontario, responsable au développement des affaires pour I Think Security qui offres des services et des solutions de protection des données.

@misskavita
Kavita Ajwani, née à Montréal et a vécu en Thaïlande et en Inde avant de revenir démarrer une startup, Taskhire.com, qui permet de trouver en ligne de l’aide pour effectuer diverses tâches et travaux.

@MorganeSuel
Étudiante en anthropologie médicale, originaire de la Silicon Valley (ce qui explique sa passion pour les startups) et animatrice de la communauté du Startup Festival.

@sarahQB
Sarah Queen Browning, diplômée de Stanford et co-fondatrice de Panafold, une startup qui développe des interfaces et des applications mobiles pour faciliter l’acquisition de connaissances.

@SuzanneMGrant
Entrepreneure d’Ottawa qui contribue à la croissance d’un écosystème pour les startups du monde arabe. Elle publie le blogue ArabStarts.

Les contenus échangés par ces participantes, ainsi que leur profil et leurs traces sur le web recèlent un potentiel narratif, une perspective différente sur l’univers des startups.

Analyser les médias sociaux c’est tendance

En maîtrisant progressivement les usages et la culture du web, des médias et organisations s’intéressent aux conversations sur les médias sociaux. L’intérêt de certains se limite pas qu’au contenu, mais à l’utilisation qu’en font certaines personnalités.

Canadian Who's Who

Nathalie Petrowski, chroniqueuse au journal La Presse, commente dans un récent billet, les efforts médiatiques d’un pilier de l’industrie de l’humour, Gilbert Rozon, dans le cadre de la crise sociale actuelle au Québec.

À ce jour, Rozon compte 7719 tweets à son actif, dont au moins 7000 ont été écrits au cours des derniers mois. J’exagère un peu, mais peut-être pas tant que ça. Rozon s’est vraiment engagé à fond dans le débat sur la hausse des droits et sur la loi spéciale (78). Il a écrit des choses pas toujours nuancées, et il en a payé le prix, en recevant en retour son lot d’insultes, d’injures et de menaces, ce qui est regrettable.

Prédiction facile : les comptes Twitter des personnalités et organisations qui y sont présents seront de plus en plus consultés afin d’enrichir les dossiers de presse et de préparer des entrevues.

Analyse des médias sociaux : aller au-delà des évidences

Je réponds ici aux questions qu’un lecteur a formulées en commentaire de mon précédent billet.  Je le remercie d’avoir pris la peine de s’exprimer et de m’obliger à préciser mes constats.

Machine à écouter les conversations
Machine à écouter les conversations

Mais globalement est-ce que cela modifie les conclusions ? Même intuitivement, ou en analysant rapidement mon fil d’actualité Twitter, j’aurais dit que la grande majorité des commentaires sur Twitter sont pro-étudiants.

Je ne suis pas intéressée aux conclusions de cette étude, mais uniquement à la démarche employée. Une telle étude peut être d’une grande utilité pour les médias ou les organisations qui désirent se positionner dans ce débat.  Cependant, la démarche doit être rigoureuse et l’analyse doit aller au-delà de ce que l’on peut déjà percevoir par la simple lecture des flux sur Twitter. On peut toujours remettre en question ou discréditer une étude dont la méthodologie n’est pas rigoureuse. J’ai pour preuve, la controverse qu’ont suscité les sondages récemment publiés à propos de la loi 78.

Par ailleurs, si la plupart des échanges semble prendre une couleur particulière, c’est probablement parce qu’il y a des acteurs plus déterminés, plus présents et qui maîtrisent les outils du web social. Ceci dit, bien des échanges sur qui ne sont pas marqués par des mots clic comme #manifencours, auront échappé à cette analyse.

Le constat de cette étude ne fait que renforcer la perception de polarisation, ce qui apporte peu aux organisations et individus qui souhaiteraient passer un message divergeant. Elle aurait pu relever les groupes qui ont des échanges démontrant des positions plus nuancées. Ce sont ces groupes qu’il faudrait cibler avec des contenus ayant une valeur informationnelle et non ceux qui n’échangent que des opinions, sans aucun ouverture à la discussion.

Un des objectifs de l’analyse des échanges sur les médias sociaux est le choix des conversations parmi lesquelles se positionner en diffusant de l’information utile.

Mais, même si je ne suis pas sûr de ce qu’ils voulaient dire exactement dans leur conclusion, je pense qu’il n’y avait pas de réelle stratégie. Il y avait des tactiques brillamment menées, des opportunités rapidement exploitées, de la coordination extrême, une capacité à gérer le chaos, etc. Je ne sais pas si on peut parler de stratégie et peut-être, que d’une certaine façon, la stratégie est morte (On dirait un mauvais titre de Wired ; )

Je ne crois pas que la stratégie soit morte, elle est simplement réinventée dans le contexte numérique (bottom up plutôt que top down). Les médias sociaux sont désormais un élément incontournable de l’écosystème de l’information. Savoir les utiliser est stratégique et beaucoup plus efficace qu’une page de publicité payée dans les journaux.

je ne comprend pas ton point sur la police…

Concernant le Service de police de la Ville de Montréal, cette étude a remarqué sa présence. Il n’était pas nécessaire d’employer une application de recherche pour se rendre compte de la fréquence de l’acronyme spvm dans le flux #manifencours (et même hors du flux) pendant les heures d’activité du compte Twitter du SPVM (et, également, hors de ses heures d’activité). Ce qui est remarquable, c’est que ce compte est au centre des conversations et qu’il constitue un exemple de maîtrise des médias sociaux (voir mon précédent billet). Contrairement au gouvernement du Québec, le service de police a compris le changement socio-culturel en cours avec le numérique et s’est rapidement fait conseiller (d’excellente façon, d’ailleurs). Bien des marques qui sont établies depuis quelques années sur les médias sociaux ne lui arrivent pas à la cheville pour sa réactivité, son professionnalisme et la valeur de l’information échangée.

Mise à jour (9 juin 2012)

Melissa Carroll anime le compte du SPVM depuis novembre 2011 et est une autodidacte des médias sociaux. Voir cette entrevue réalisée par Marie-Annick Boisvert : Portrait de gestionnaire de communauté : Melissa Carroll.

 

Crise étudiante : analyse ou interprétation ?

Que penser de cette analyse repérée et tweetée par Bruno Guglielminetti et reprise aujourd’hui par Mario Roy dans un blogue de La Presse ?

Il s’agit d’une analyse de plus de 700 000 messages échangés sur les médias sociaux effectuée avec des applications d’analyse statistique et sémantique (Radian6, Cirilab, Tweettronics).

Passons sur le ton employé et le choix des termes qui participent à l’émotivité de l’évènement et diluent la neutralité de l’analyse. Passons également sur le fait que l’analyse purement sémantique peut introduire un biais (choix des termes, statistiques de popularité) et que le mélange de l’anglais et du français peut créer des enjeux de signification (marge d’erreur de 12%).

Certains éléments de cette analyse se rapprochent plutôt d’une interprétation large des informations recueillies.

Présumés étudiants, levez-vous !

Cette étude porte-t-elle uniquement sur les conversations des étudiants ? Si oui, comment leurs messages ont-ils été isolés dans le lot des conversations ? Comment les carrés rouges, verts et blancs ont-ils été identifiés ? Et ceux dont la position n’est pas tranchée (il y en a) ?

Mais que fait la police ?

Le service de police est ici, un sujet; sa position d’acteur au centre des conversations est absente.

Qui est un journaliste ?

The Quebec student conflict and the social media

Des blogueurs et personnalités sont inclus dans la catégorie journalistes (@danyturcotte, @michelleblanc); ces derniers sont des commentateurs; il est tout naturel qu’ils expriment leurs opinions.

Le Devoir a pris soin de mettre entre guillemets le message affiché sur une bannière durant une manifestation. Attention également aux citations de personnalités politiques et aux extraits d’articles de journaux.

Différence culturelle

« Student associations : no social network strategy ». « Individualists – No organizational expertise or will. »

Comment en est-on arrivé à cette conclusion ? Par comparaison avec des stratégies de communication sur des médias traditionnels ?  Au contraire, le mouvement étudiant donne une leçon aux experts marketing. C’est Forbes qui l’affirme.

Humains, après tout

De nombreuses technologies d’analyse existent sur le marché et chacune a ses forces et faiblesses. C’est cependant la rigueur de la démarche des spécialistes qui effectuent l’analyse et l’interprétation des données qui soulève le doute sur les résultats d’une analyse.

 

 

Crise étudiante : choisir ses conversations sur les médias sociaux

Un récent billet de Michelle Blanc a attiré mon attention parce qu’il fait référence à l’outil d’analyse des conversations sur les médias sociaux développé par Nexalogie. Je travaille avec l’interface de recherche qui permet de générer le rapport analytique des conversations sur Twitter à propos de la crise étudiante (http://hausse-fr.nexalive.com/)

Crise étudiante - Carte lexicale des conversations en français, sur Twitter - Nexalogie
Crise étudiante - Carte lexicale des conversations, en français, sur Twitter, 2 juin 2012 (Nexalogie)

Je ne m’étendrai pas sur ce qui fait qu’un contenu est de gauche ou de droite et qui peut être perçu comme intolérant par les tenants d’une opinion adverse. Je ne partage pas toutes les opinions de Michelle, mais je respecte son expérience des médias sociaux.

Je reviens plutôt sur deux éléments du billet qui sont en rapport avec l’outil d’analyse .

Les messages principalement véhiculés étaient ceux des médias traditionnels

Ce sont les utilisateurs qui deviennent les relayeurs de l’information produite par les médias et qui jouent un rôle important dans cette crise. Ces utilisateurs engagés ne sont pas de simples porte-voix; ils ne se contentent pas de retweeter les contenus des médias, ils les commentent. Dans le flux analysé, les contenus des médias qui sont les plus retweetés sont le plus souvent accompagnés de commentaires négatifs. Les médias sociaux amplifient l’expression du sarcasme et de la dérision envers les gouvernants et les personnalités qui prennent position (ou sont perçues comme telles) en faveur de ce dernier.

Finalement, si on transpose ces différentes données au Québec, on peut comprendre pourquoi, en partie, Twitter en particulier, Facebook et les autres médias sociaux sont maintenant devenus un champ de mines pour ceux « oseraient » exprimer une opinion divergente de la gauche casserole…

Je ne crois pas que les médias sociaux soient des champs de mines. Certains savent se positionner dans les conversations pour faire entendre leur message.

L’illustration ci-dessous est la carte des interactions entre les comptes sur Twitter qui est issue du même flux mentionné précédemment. Le gros point rouge, au centre de la nébuleuse, est le compte du Service de police de la ville de Montréal (@spvm). Tous les soirs, au cours des manifestations, ce compte est au centre des conversations. Contrairement au gouvernement, le SPVM n’est pas qu’un sujet de discussion, il est un acteur. Le compte @spvm n’interagit qu’avec des individus dont l’activité sur Twitter fait preuve de mesure, évitant ainsi toute confrontation. Ses messages, contenant de l’ information plutôt que des opinions, sont abondamment suivis, relayés et commentés, tant par ses supporteurs que ses détracteurs.

Carte des interactions - Nexalogie
Crise étudiante - Carte des interactions (comptes Twitter) - Nexalogie

Une organisation ou un individu qui souhaite exprimer une opinion divergente sur les médias sociaux ne doit pas s’en priver. Une analyse fine des conversations permet de repérer l’expression d’opinions nuancées et d’identifier des relayeurs d’information. Il devient alors possible de diffuser un message en s’inscrivant dans une logique de discussion pour peu qu’on ait de l’information à partager.