Archive pour ‘propriété intellectuelle’
La guerre de l’Internet est commencée
Lors du Chaos Computer Congress, à Berlin, en décembre dernier, Cory Doctorow annonçait que l’Internet ouvert est devenu l’enjeu d’une guerre sans merci entre les tenants du contrôle et les défenseurs des libertés individuelles (Lockdown, The coming war on general purpose computing).
Nous subissons déjà, par le biais de nos ordinateurs et applications, un contrôle insidieux :
- comment on accède aux contenus (des interfaces si faciles à utiliser);
- à quoi on nous donne accès (des contenus sélectionnés et contrôlés pour notre bien).
The fantasies of those days were like a boring science fiction adaptation of the Old Testament Book of Numbers, a tedious enumeration of every permutation of things people do with information—and what might be charged for each.
Unfortunately for them, none of this would be possible unless they could control how people use their computers and the files we transfer to them.
Vidéo de la conférence de Cory Doctorow, The coming war on general computation.
Il y a actuellement un débat enflammé autour du contrôle des machines et des applications au nom de la protection du droit d’auteur (Stop Online Piracy Act). Il y a également l’affaire des rootkits implantés dans les téléphones portables.
We haven’t lost yet, but we have to win the copyright war first if we want to keep the Internet and the PC free and open. Freedom in the future will require us to have the capacity to monitor our devices and set meaningful policies for them; to examine and terminate the software processes that runs on them; and to maintain them as honest servants to our will, not as traitors and spies working for criminals, thugs, and control freaks.
Qu’est ce qui fait le plus peur : les possibles dérives des usages numériques de quelques-uns ou le contrôle d’un médium à présent intégré dans notre quotidien pour des raisons politiques et économiques ?
Contraintes légales et surveillance des internautes, jardins clos (le Web dans l’environnement contrôlé d’une plateforme de réseau social), « appification » croissante du Web (accès aux contenus sur Internet par le biais d’applications développées par des entreprises comme un service) : la guerre de l’Internet est commencée.
Le livre: pirates et conquérants
Celui qui pille avec un petit vaisseau se nomme pirate ;
celui qui pille avec un grand navire s’appelle conquérant.
Proverbe grec.
Il y a un an, lors du précédent évènement, l’émotion était perceptible pendant les discussions. On la sentait moins, cette année, cette inquiétude face au renversement des modèles établis. Était-ce en raison d’une certaine acceptation (résignation) ou plus simplement parce que les principaux tenants du statu quo n’y étaient pas ?
Aux abonnés absents
Absence remarquée des représentants des organisations suivantes:
- Grands groupes d’édition, apparemment tous partis au Saguenay (Salon du livre).
- Chaînes de librairies.
Bibliothécaires = médiateurs ou passeurs
Les bibliothécaires toujours aussi présents et intéressés. Dommage qu’on ne leur donne pas suffisamment de place (peut-être devraient-ils/elles la prendre).
À l’opposé du cerbère de la bibliothèque du roman d’Umberto Ecco, les bibliothécaires d’aujourd’hui sont les médiateurs de l’écosystème de l’édition (garants de l’accès aux livres, experts des catalogues et métadonnées, vigies de l’évolution du système).
Verrous numériques
Les bibliothèques publiques et académiques semblent être le dernier Klondike de certains groupe d’édition. L’usage des DRM constitue un enjeu important pour l’accès à la culture et aux connaissances et les bibliothécaires n’ont (jusqu’à présent) pas d’autre choix que de faire avec.
En réduisant considérablement l’accès, cette technologie nuit aux consommateurs, aux éditeurs et aux créateurs en étouffant le marché. À qui profitent les DRM alors ? Aux entreprises de logiciels.
Les liseuses sur les tablettes ?
Alexandre Enkerli a remarqué qu’on a peu parlé des liseuses, alors qu’Amazon vient tout juste de lancer son Kindle Fire.
Et les auteurs dans tout ça ?
Bruno Boutot, communicateur-journaliste-vrai-spécialiste-des-communautés a énoncé la plus belle opportunité pour les auteurs. Je l’ai condensée en moins de 140 caractères:
La communauté autour de l’auteur et non du livre. L’auteur passe au numérique pour être le gestionnaire de sa communauté.
Moments de poésie
Au cours des éternelles discussions sur le piratage, réminiscences d’Aragon et Vialatte.
@karlpro les auteurs, les poètes sont les plus grands pirates. Ils volent à chaque coin de rue, les baisers, les colères, les émotions. #bcmtl
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@joplam #bcmtl Les pirates sont aussi des consommateurs (@culturelibre) #hygrade
@sebprovencher @joplam J’ai envie de répondre « ils achètent des perroquets, des navires et des cache-oeil » mais je ne le ferai pas…
Marie-Christine Lemieux-Couture, auteure : « Je me pirate moi-même. Je donne mes livres à ma famille, mes amis. »
Pour rattraper le fil des échos sur Twitter : #bcmtl.
Passages : vers de nouveaux modèles industriels pour la production de contenus riches
Le documentaire et les plateformes numériques: un écosystème en transformation
Deux des enjeux analysés dans ce rapport de l’Observatoire du documentaire ont également des échos dans l’industrie de la musique:
Financement de la production de contenu
Qui doit financer la production de contenu ? Les producteurs indépendants et les radiodiffuseurs doivent-ils assumer la quasi-totalité du financement alors que les géants des télécommunications récoltent les revenus toujours croissants de notre utilisation d’Internet ?
Nouveaux modèles de gestion du droit d’auteur
Comment faciliter la distribution et la diffusion des œuvres dans un contexte de multiplication des contrats d’exploitation (formats et plateformes) ? comment protéger les droits des créateurs tout en permettant la copie privée ?
Dans la même veine, la Société des auteurs-compositeurs Canadiens propose un Projet de monétisation du partage de fichiers musicaux à des fins non-commerciales de l’Association des auteurs-compositeurs canadiens.
Le changement est irréversible, mais la transformation des écosystèmes et des modèles économiques est lente.
Richard Stallman, gourou du logiciel libre

- Richard Stallman en Saint iGNUtius, au Salon du logiciel libre du Québec 2010
Photo: @MagicBlob alias Fabian Rodriguez
- Richard Stallman en Saint iGNUtius, au Salon du logiciel libre du Québec 2010
Photo: @MagicBlob alias Fabian Rodriguez
Salon du logiciel libre du Québec, 6 et 7 décembre 2010, Université Laval, Québec.
Hashtag : #s2lq
Grrr ! Pas de wifi gratuit et interdiction de photographier (défiée) pendant les présentations.
Il s’est écoulé près de 2 ans, avant le jugement de juin 2010 qui a donné raison à Savoir Faire Linux envers la Régie des rentes du Québec qui avait accordé, sans appel d’offres, un contrat de renouvellement de licences à Microsoft. Ce jugement n’a pas empêché, il y a quelques semaines, une autre agence gouvernementale d’adopter des normes accordant pratiquement l’exclusivité à Microsoft.
Le gouvernement du Québec s’intéresse au logiciel libre Malgré plusieurs études réalisées par le gouvernement depuis 2005.
Près de 700 participants se sont déplacés malgré les 20 centimètres de neige annoncés aujourd’hui.
Saint iGNUtius priez pour notre libération
Conférence-fleuve de Richard Stallman (@rmstallman, alias RMS) sur le mouvement pour le logiciel libre, le système d’exploitation GNU/Linux et la liberté.
Une prestation qui s’est finalement déroulée sans que nous ayons senti le temps passer. Fondateur de la Free Software Foundation et de GNU/Linux, M. Stallman a une apparence baba cool et parle un français émaillé d’amusantes traductions comme programmes «privateur» (propriétaire). Geek-hippie, cet évangéliste du libre annonce ses couleurs et tient un discours qui agace (ou fait tranquillement rigoler) les tenants de choix technologiques, disons, «commerciaux». Discours pour discours, je préfère celui qui prône la solution des enjeux éthiques avant de s’attaquer aux enjeux pratiques.
Mise à jour (10 décembre 2010)
Vidéo de la conférence de Richard Stallman. Salon des logiciels libres du Québec, 6 décembre 2010.
Dépasser les limites du livre – BookCamp Montréal 2010
Retour sur mes notes prises lors du BookCamp Montréal, 26 novembre 2010 au Salon b Bibliocafé.

Particularité du «camp» (anti-conférence) : élaboration collective du programme de la journée.
Cette première édition semble déjà un succès : la salle est pleine et l’assistance est diversifiée (secteurs d’activité, groupes d’âge).
Pour suivre le fil des commentaires sur Twitter: #bcmtl.
Oser
Il semble qu’il soit difficile de sortir du modèle du livre imprimé (et même du support papier). Quelques exemples:
- Utiliser l’iPad pour faire vendre plus de copies papier.
- Utiliser une application pour produire une version numérique d’un document papier.
- Créer une application pour tablette qui imite le livre.
Évidemment, rien n’oblige un éditeur ou un auteur à délaisser le livre pour se jeter sur les pixels. Mais si on tente l’expérience du numérique, pourquoi ne pas s’en servir pour aller au delà des limites de l’imprimé et explorer les possibilités du nouveau médium ?
Comment accroître son potentiel d’innovation et trouver des solutions à ses problèmes quand on se cantonne à ce qu’on connait ?
Quand les frontières entre les pratiques deviennent floues
La dématérialisation de l’objet «livre» et l’élargissement des horizons du monde de l’édition dans l’espace numérique effraient. C’est une réaction naturelle; ces changements questionnent la pertinence des métiers et des façons de faire. L’antidote à l’incertitude est l’acquisition de connaissances pour se fixer de nouveaux repères (et pas nécessairement pour changer radicalement sa pratique).
Qu’est ce qu’un livre ?
J’ai perçu l’inconfort de plusieurs intervenants face aux définitions mêmes des objets qui sont remises en question. Un livre interactif est-il un livre ou un jeu ? Ou ne serait-ce pas plutôt une application ? On peut s’interroger sur ce qui motive cette volonté de marquer les frontières entre les manifestations créatives.
Notre définition de l’objet limite-t-elle notre capacité d’innovation ? C’est une question que pose Mitch Joel dans un billet tout juste publié : When The Definitions Are Wrong.
Analphabétisme numérique
Beaucoup d’acteurs de monde de l’édition (dont beaucoup d’éditeurs) ne sont pas encore familiers avec les nouvelles technologies. Comment parler des enjeux de distribution numérique quand on ne sait pas faire la différence entre un fichier et une page web ? Comment interpréter les changements, identifier les menaces, oui, mais surtout les opportunités d’innovation ?
Des paroles qui dérangent (pour notre bien)
Karl Dubost (@karlpro), qui contribue activement à l’exploration des possibilités du web a bien tenu le rôle de catalyseur (ou «brasseur de cage») qu’il avait déjà joué, face à un auditoire en partie ravi et en partie sur la défensive, aux rencontres de l’Espace Infusion, lors du Festival du nouveau cinéma.
On pourra longuement réfléchir sur ce constat: « La technologie modifie les comportements, le marché et donc la culture. L’infrastructure n’est pas neutre.»
Voir le compte-rendu de cet évènement par Karl Dubost, sur son carnet.
Formation oui, mais vers qui se tourner ?
Les artistes sont ceux qui ont le moins à craindre des changements du numérique, contrairement aux éditeurs, distributeurs qui sont menacés par de nouveaux intermédiaires comme iTunes et qui devront nécessairement se réinventer. Cependant, où les créateurs peuvent-ils acquérir les connaissances requises pour profiter des avantages du numérique ? Les organisations associatives ne devraient-elles pas prendre rapidement l’initiative et offrir à leurs membre une formation aux outils et pratiques des nouvelles technologies ?
Où sont les bibliothécaires ?
Malgré une assistance diversifiée, nous n’avons pas entendu de bibliothécaires, exception faite d’Olivier Charbonneau qui s’en est tenu à la dimension juridique (voir plus bas). Les bibliothèques constituent des points d’accès publics et gratuits à l’information. Cette profession a pourtant un rôle actif à jouer dans l’écosystème de l’édition, tant par son expertise spécifique que sa position privilégiée d’intermédiaire entre les utilisateurs/lecteurs et l’offre.
Où sont les sociétés de gestion collective ?
Il a beaucoup été question de propriété intellectuelle, il aurait été intéressant d’entendre les commentaires de représentants des sociétés de gestion collective de droits d’auteur.
Protéger la création et encourager la diffusion
À lire et à méditer par tous les intervenants concernés par la diffusion et la distribution de contenus culturels à l’ère numérique, et plus spécialement, les sociétés de gestion collective de droits d’auteur. Selon Olivier Charbonneau (@culturelibre), il est plus payant, pour les éditeurs, de vendre un droit d’accès unique; c’est une économie de bien privé. Le numérique nous offre une économie de bien public.
Présentation d’Olivier Charbonneau : Le droit du livre.
Un grand absent: celui/celle qui fait sonner la caisse
Acteur central et élément clé du modèle économique, le consommateur était absent des présentations. Le numérique a-t-il changé nos usages et notre consommation de contenus culturels ? Si oui, comment ces changements se traduisent-ils ?
Culture, médias et divertissement: des enjeux communs
L’édition, la musique, les journaux et magazines, le cinéma: toutes les industries culturelles, même le jeu vidéo (voir le billet sur les conférences du Sommet international du jeu de Montréal) ont des enjeux communs et des expérimentations à partager. Internet change irréversiblement la façon dont nous créons, produisons, promouvons et consommons des produits culturels. Pour s’adapter (ou survivre) aux bouleversements, les entreprises et créateurs doivent accroître leur capacité d’innovation. C’est possible, avec des rencontres du même type que celles de vendredi dernier qui favorisent les échanges entre spécialistes, industries et initiés et non-initiés.
MIGS 2010 – S'intéresser au jeu pour innover
Pour combien de temps encore les industries du numérique chemineront-elles chacune de leur côté ?
Plus pour très longtemps.
Préoccupations d’affaires partagées
Financement, modèles économiques, recrutement, propriété intellectuelle, réseaux de distribution, très grandes entreprises vs. indépendants.
Enjeux technologiques communs
Accélération des changements technologiques, multiples plateformes, virtualisation du développement, expérience utilisateur, mobilité, accessibilité (divertissement pour tous) et l’effet tablette numérique.
La programmation du Salon international du jeu de Montréal 2010 illustre bien la lente tombée des murs qui séparent des secteurs d’activité pourtant issus du même creuset (informatique et électronique). Voici une sélection de conférences qui devrait intéresser tout veilleur à l’affut des transformations du numérique, quelque soit le secteur d’activité ou, même, l’industrie (comme la musique).
Ma liste :
Virtualisation (cloud computing)
- Développement de jeux en infonuagique: un nouveau niveau de collaboration
- Le jeu en infonuagique est le futur proche
Modèles économiques
- La propriété intellectuelle dans l’industrie des jeux vidéo
- Le point sur la plateforme et les affaires PlayStation
- Un bref historique du développement indépendant
- Les hauts et les bas de la création pour les dispositifs Apple
- Monétiser votre jeu : solliciter le portefeuille virtuel
Marketing
- Marketing et RP : les nouvelles règles du jeu
- Le jeu et le Web social : stratégies de marketing et communications intégrées qui interpellent et habilitent les communautés en ligne
Organisation du travail et ressources humaines
- Développement collaboratif : développer la bonne entente
- Investir dans le talent : une approche structurée pour la formation à l’échelle du studio
- Stratégie visible : des outils afin d’augmenter l’intelligence, la créativité et la collaboration
- Comment j’ai appris à aimer la sous-traitance
Création et expérience utilisateur
- Conception pour un public transgénérationnel
- Les leaderboards peuvent aller se rhabiller : sept meilleures idées pour visualiser des données de joueurs pour le divertissement et des bénéfices
- Convergence : création et production transmédia.
- Industries de création : convergence et collaboration dans les jeux et les films
L’homme de la Renaissance
«Renaissance du jeu : histoire de l’art à l’intention des développeurs»
Je ne manquerai pas d’aller entendre cette conférence de John Sharp, historien de l’art et concepteur de jeu, professeur au Savannah College of Art and Design, d’Atlanta.
Donc, pourquoi s’intéresser au jeu ? Pour les mêmes raisons pour lesquelles, il faut s’intéresser aux autres sphères d’activité du numérique: pour explorer de nouveaux territoires, pour multiplier nos apprentissages, nos expériences et nos perspectives de développement, pour accroître notre potentiel d’innovation.
Passages : Économie de la culture, industries de contenu et développement du numérique
Économie de la culture – Bloc-notes de Jean-Michel Salaün
L’économie de la culture est-elle particulière ?
Jean-Michel Salaün fait le lien entre l’article de Xavier Greffe (un des experts en analyse économique de la culture en France) et le développement du numérique. Également d’un très grand intérêt pour les industries de contenu.
3 grands thèmes pour alimenter une réflexion sur l’économie du numérique :
Faible durabilité de la culture dans une économie de marché
Où on reconnaît que l’art est créateur de bien être collectif tout en entretenant la vision romantique de l’artiste qui ne peut vivre de son art.
L’offre et la demande: incertitude des deux côtés du marché
Le producteur de l’activité artistique ne sait pas comment celle-ci sera reçue, le demandeur potentiel en ignore la qualité (ni identifiée et/ou ni expérimentée).
Levier de développement durable
« /…/la contribution de la créativité artistique à la qualité des produits et au renforcement de la compétitivité ; la satisfaction de besoins sociaux ; le renforcement de l’attractivité et de la dynamique des territoires.»
Liens partagés par J-M S
Notes d’un économiste: Blogue de Mathieu Perona, doctorant en économie et wikipédien. Billets sur l’économie de la culture, les industrie de contenu et sur la propriété intellectuelle.
Panorama sur l’économie de la culture – Page Wikipédia
Passages : Modèles économiques du livre numérique
Modèles économiques d’un marché naissant: le livre numérique
Analyse des différentes configurations possibles du marché du livre numérique incluant les marchés émergents (dont le Canada). Étude publiée par le Ministère de la Culture et de la Communication (France)
Effets de la dématérialisation sur les modèles
- La dématérialisation du livre entraîne la disparition éventuelle de certains acteurs (distributeurs et diffuseurs) et l’apparition de nouveaux acteurs sont les agrégateurs et les opérateurs de téléphonie mobile (plateformes de distribution).
- Une autre conséquence de la dématérialisation est le déplacement de la valeur: de l’objet à l’accès, du contenu au service.
Marchés émergents : Canada, Québec
Aperçu de différents marchés et de leurs particularités dont ceux du Japon, des États-Unis et du Canada. Spécificité culturelle oblige, le Québec se démarque du reste du pays.
Canada :
Le marché du livre numérique reste très modeste, dans un contexte de marché global stagnant (– 0,8% de 2005 à 2008) sans éditeur tête de proue du numérique ni d’équipementier ayant développé une offre de terminaux spécifiques. Le Canada anglophone se construit en partie dans le sillage des États-Unis avec une offre plus modeste − les leaders sont des acteurs de la distribution de livres imprimés au premier rang desquels l’enseigne Indigo Books & Music, présente avec le libraire américain Borders au capital de Kobo.
Québec :
Dans un marché de taille modeste, les éditeurs, soucieux de se développer sur le segment numérique, ont engagé une politique volontariste et spécifique par l’intermédiaire des organisations professionnelles, l’Association nationale des éditeurs (Anel) et l’Association pour l’exportation du livre canadien (AELC), à l’instar de la politique publique volontariste existant pour le livre imprimé. En juin 2009, la création concertée d’un entrepôt numérique met à disposition des librairies et éditeurs une plate-forme professionnelle unique.
Passages : Télécharger pour combler les lacunes du marché
Le téléchargement pair-à-pair au Québec – Un premier portrait statistique
Première enquête de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec.
Des résultats qui renversent certaines idées largement reçues dans l’industrie de la musique au sujet du piratage de contenu.
Confirmation du fossé générationnel: le PaP est très majoritairement pratiqué par les jeunes. Ce cie explique les chiffres de vente importants qu’obtiennent les produits qui attirent une clientèle plus traditionnelle.
Contrairement à ce qui est véhiculé par l’industrie de la musique, cette activité a peu d’impact sur le marché. Elle ne peut donc à elle seule être responsable de la chute des ventes chez les majors (aller voir du côté du modèle d’affaires et des nouveaux comportements des consommateurs peut-être ?).
Le PaP comble les lacunes du marché: l’essentiel des échanges porte sur des titres qui ne sont pas disponibles sur le marché. On peut considérer dans cet ensemble, les enregistrements québécois et internationaux qui ne sont pas soutenus et distribués par les réseaux commerciaux conventionnels.
Passages : Gestion collective: pas de soucis pour les majors
Patrick Zelnik : La gestion collective n’est pas obligatoire
Rapport Zelnik : la proposition de gestion de licence collective est, pour ainsi dire, abandonnée. Les grands industriels de la musique n’ont pas à s’inquiéter: leur modèle économique est encore à l’abri des changements de l’ère numérique.
Le rapport Zelnik fait suite à la création de la HADOPI (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet), en France. Les mesures de répression des infractions à la propriété intellectuelle sont perçue par certains comme une volonté du gouvernement Sarkozi de protéger le modèle d’affaires actuel d’une certaine industrie de la musique.
La gestion collective aurait permis d’apporter des correctifs aux problématiques qui sont à la source de déséquilibres (accès au marché, modèles économiques des plateformes, répartition des redevances).
Lire le commentaire de Pichevin Aymeric, professeur et auteur, entre autres, d’un livre sur l’autoproduction de la musique, qui participait au MIDEM de Cannes, à titre d’animateur de groupes de discussion. Son blogue, La valeur de la musique, offre une perspective articulée sur la nouvelle économie de la musique.



