Archive pour ‘presse’
Deux visions du futur des magazines: audace et immobilisme
Deux visions du futur des magazines :
Wired
Mentionnant une vidéo de Wired Magazine, qui présente sa vision du futur du magazine, Mitch Joel a demandé à ses lecteurs: est-ce cela le futur de l’édition ? (Is this the future of publishing?)
Dans cette vidéo, le directeur de la création, évoque un magazine qui utilise savamment le site web de la publication comme une extension de la marque et comme un enrichissement de l’expérience média.
Une prise de position audacieuse et décidément en dehors du credo habituel des entreprises d’édition menacées par le web. Des idées rafraîchissantes qui démontrent que Wired se prépare à saisir les opportunités offertes par le changement plutôt que de se battre contre celui-ci.
Magazine Premium
Premium est un nouveau magazine que les Éditions Transcontinental destinent aux gens d’affaires. Qu’est ce qui cloche ?
- Un concept qui ignore la montée en puissance de l’information et de la rétroaction en temps réel ?
- L’impression que la version numérique ne sera pas différente de la version imprimée ?
- Un modèle de communication unidirectionnel où la rédaction s’adresse à un lectorat passif ?
- L’insistance sur les prestigieuses sources d’information et l’aspect luxueux du magazine qui destine celui-ci à finir en évidence sur une crédence, dans le bureau du PDG ou dans la salle d’attente ?
On ne peut que constater le retard de l’industrie de l’édition au Canada, sur celle des États-Unis ou de l’Europe dans l’espace numérique. Constat similaire pour ce qui est de la présence des entreprises et commerces sur le web qui a suscité une lettre ouverte au premier ministre du Québec.
Laquelle de ces deux visions présente le plus d’opportunités pour le futur de l’édition ? Certainement pas celle de Transcontinental. Ce magazine permettra probablement de générer des revenus, à court terme, mais ne constitue pas un positionnement stratégique, à long terme, auprès des consommateurs de l’ère numérique.
Passages : Rénover une agence de presse menacée
L’AFP, ce « paquebot fixé dans l’espace-temps »
L’intégralité du rapport de Frédéric Filloux sur l’AFP sur bakchich.info.
Dans le contexte de l’adaptation des modèles économiques des médias, comment rendre indispensable une agence de presse ? Frédéric Filloux explore de nouveaux modèles d’affaires pour les agences de presse qui souhaitent adopter une position concurrentielle de fournisseurs de contenu.
État de la situation et proposition de recentrer l’agence sur ses compétences motrices: faire moins pour faire mieux.
Un des défis : s’aligner sur les besoins d’une clientèle plus exigeante (entre autres: services personnalisés, mobilité, moteurs de recherche plus performants).
Y a-t-il encore de la place pour ce type d’intermédiaire dans les nouveaux modèles économiques des médias ?
Revenus des médias: de la publicité au commerce
Les médias traditionnels, trop dépendants, des revenus publicitaires, doivent se repositionner sur la chaîne de valeur et développer de nouveaux services pour les entreprises et consommateurs.
La tendance: expérimentation de stratégies mixtes
Tout comme le constatait l’AFP, dans un rapport publié tout récemment, le principe du contenu payant et financé par des revenus publicitaires est sérieusement ébranlé. La majorité des acteurs internationaux de l’industrie expérimente de nouvelles approches. Cependant, à l’image du nouvel écosystème de l’information, fragmenté et changeant, la mixité et le dosages des différentes stratégies est un exercice complexe.
Le poids de la tradition
Le changement se révèle plus difficile pour certains. Les médias de la presse auront plus de difficulté à se détacher du modèle payant pour explorer d’autres avenues.
/../ les médias de la presse restent encore largement attachés au modèle payant (48% des répondants) . Au contraire, les acteurs du web, bénéficiant dans une certaine mesure du transfert des investissements publicitaires sur le Net, favorisent les stratégies mixtes (41%) et le gratuit financé par la publicité (41%).
Troquer la publicité pour le commerce
En écho au rapport de l’AFP, un article du magazine FolioMag fait un retour sur Media Dealmakers Summit 2010 qui avait lieu le 4 février dernier. Where We Go From Here: Content and Commerce fait état de l’expérimentation de nouveaux modèles d’affaires, incluant les contenus fermés (pay walls).
Passages : Vers une culture de l'image pour les médias écrits ?
Comment informer à l’ère numérique – AFP-MediaWatch
Résultats d’une enquête internationale de l’AFP auprès des médias et professionnels de l’information.
Premier des 5 thèmes abordés par l’enquête, Le temps de la révolution éditoriale, est particulièrement intéressant. Il souligne la popularité des contenus vidéos auprès des internautes et la demande des lecteurs pour les contenus visuels.
Plusieurs médias proposent déjà des produits visuels (par exemple, les galeries de photos de The Big Picture, du Boston Globe). L’intégration grandissante des contenus multimédias parmi les sites Internet des journaux signale-t-elle l’adoption d’une culture de l’image par les médias écrits ?
Autres thèmes abordés:
Les nouveaux vecteurs de diffusion
Complémentarité des supports (journaux, télévision, web) et participation des utilisateurs (réseaux sociaux);
Innovation et programmes d’investissement
Priorités: gestion et livraison des contenus (solutions technologiques flexible et ergonomiques);
Vers une adaptation des modèles économiques
Mixité (gratuit et payant) et flexibilité, notamment pour les services aux entreprises (partenariats: technologie, contenu, diffusion);
Un écosystème en mutation
Profonds changements culturels (synergie, partage de compétences), services spécifiques répondants aux besoins (personnalisation, archives, impartition de journalisme, formation) et reconnaissance du rôles des agences de presse.
*** Le document gagnerait à être diffusé en format PDF. Je suis tout à fait d’accord avec le commentaire exprimé sur le blogue de l’AFP. Le mode de présentation en Flash est plutôt contradictoire avec la diffusion de l’information. En reproduisant le feuilletage de pages, il témoigne d’une certaine nostalgie du support imprimé, mais n’apporte rien de plus à l’expérience utilisateur.
Passages : The Media Business: MEDIA, INNOVATION, AND THE STATE
The Media Business: MEDIA, INNOVATION, AND THE STATE
Considérant leur peu d’efficacité démontrée par les gouvernements en matière d’innovation des processus, les médias devraient-ils se tourner vers l’État pour obtenir le support nécessaire à leur adaptation au changement ?
Robert Picard, économiste et spécialiste de la gestion des médias, questionne le souhait émis par certains médias, tant en Amérique qu’en Europe, de voir l’État participer au sauvetage d’une industrie qui a du mal à réagir au changement.
Comment innover
Les médias doivent innover, c’est une question de survie pour plusieurs. Cependant, le véritable défi de l’innovation n’est pas la modernisation d’une industrie, mais la définition de nouvelles fonctions et de nouvelles formes de médias.
Innover, ce n’est pas se limiter à améliorer ou adapter les processus et les produits/services existants, mais trouver de nouvelles façons de produire et de distribuer du contenu:
- Repenser et reformuler l’offre de contenu;
- Où, quand, comment ce contenu doit-il être offert ?
- Quels nouveaux produits et services devraient être offerts et lesquels devraient être supprimés ?
- À quel point et de quelle manière le contenu devrait-il se distinguer et/ou surpasser celui de la concurrence ?
- Comment établir de nouvelles et meilleures relations avec la clientèle ?
- Comment les activités sont-elles organisées et quels processus doivent être élaborés ?
- Quelles relations doivent être établies avec les partenaires et intermédiaires ?
- Et, ultimement, comment les activités sont-elles financées ?
Selon Robert Picard, l’État ne sera d’aucune aide si les groupes médias ne s’engagent pas pleinement d’eux-même vers le changement. Et ceci, reste encore à démontrer.
Passages : Media after the site « BuzzMachine
Media after the site « BuzzMachine
La prochaine évolution des médias: après la page, après le site: le flux. Piste pour un modèle économique basé sur le processus (comment est traitée et diffusée l’information) et non sur le produit lui-même.
Media must insinuate itself into our streams.
Intéressante perspective: ce ne sont plus les utilisateurs qui cherchent l’information, c’est la nouvelle qui trouve le lecteur.
- Très important: le concept d’identité pour un service axé sur l’hyperpersonnalisation.
- Important également: la priorité (Jarvis fait référence à Clay Shirky: algorithmic authority).
Passages : Context is King ! – AFP-MediaWatch
Context is King ! – AFP-MediaWatch
Excellent rapport dirigé par Éric Scherrer (AFP Media Watch) . Une analyse à chaud de la situation actuelle des médias qui suite The Perfect Storm et Mediapocalypse ou mediamorphose.
N’est-ce pas la pertinence des contenus qui fait défaut aujourd’hui ? Et avec elle, la preuve de la valeur ajoutée ?
Le vieux modèle économique n’est plus viable parce que basé sur le monopole de la production et de la distribution de contenu. Monopole que le web a remis en question. Le contrôle de l’accès est une illusion. Il faut se résoudre à revoir le modèle. La grande difficulté: les points d’appui d’un nouveau modèle n’émergeront que lentement, alors que les fondements de l’ancien modèle sont déjà érodés.
Il y une surabondance de contenu (dont une bonne part d’hypermédiation, ou ubiquité de l’information), mais cela résulte-t-il pour autant en information ?
Passages : Du mur de Berlin et des lunettes roses des médias
How Berlin In 1989 Is Like The Media Business In 2009 | paidContent
Comme la chute du mur de Berlin, la réduction des barrières à l’accès et à la distribution de contenu est une révolution.
James McQuivey, analyste pour Forrester Research, souligne à sa façon l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. En permettant à tous de créer, publier et distribuer du contenu, le web a sonnée la fin d’un modèle économique basé sur le monopole du contenu et de la distribution.
Stop building value on your supposed content and distribution monopolies because digital economics have forever reduced barriers to competitive entry.
La première réaction des médias est souvent cantonnée au budget (coupures, regroupement, abandon de certain segments). Il est temps de se positionner pour mieux servir les clients (quoi, comment et quand):
You’ll have to embrace the devices consumers embrace – connected TVs, smartphones and e-readers – offering content as a service that spans multiple platforms, and charging for the convenience of easy access to what you provide.
Pourquoi continuer à répéter des constats qui ne sont pas nouveaux ? McQuinvey signale que l’état de déni prévaut encore chez un trop grand nombre de décideurs de l’industrie des médias.
Some chirp that this is all obvious and inevitable, why do we even bother to write about it? Others squawk that we can’t possibly be serious – have we never stopped to consider how impossible such a massive relocation of labor, assets, and economic value is? To the former, I applaud your naiveté and welcome your bold moves in the market. To the latter, I encourage you to learn your history lesson. Those who rebuild now will still be here to discuss the finer points of the digital transition 10 years from now. Those who do not, will not.
Les lunettes roses des patrons de presse
Pour preuve qu’il faut continuer à marteler le message, les résultats d’un sondage de l’American Press Institute qui démontrent un certain décalage entre patrons de presse et internautes. La perception de la valeur du contenu et de la difficulté de trouver une alternative aux sites de journaux est bien différente selon qu’on soit le producteur ou le consommateur.
Passages : Journalisme et démocratie – Les électeurs restent indifférents à l'appel des médias (Le Devoir)
Journalisme et démocratie – Les électeurs restent indifférents à l’appel des médias (Le Devoir)
Article accessible aux abonnés du Devoir uniquement.
Les médias ont-ils encore de l’influence sur leurs lecteurs ? On peut en douter en constatant le faible taux de participation aux élections municipales de Montréal, malgré la médiatisation de la série de scandales qui secouent la mairie. Les médias sont-ils toujours les chiens de garde de la démocratie ? Ils aboient, mais aboient-ils au bon moment ?
Stéphane Baillargeon a interrogé deux professeurs en science politique * et en journalisme **. Il y a 3 trois leçons à tirer pour les médias:
Les médias ont peu d’influence sur les choix politiques
- «Les enquêtes montrent que les éditoriaux n’ont pas d’impact dans l’opinion», enchaîne encore plus cruellement le professeur Marc-François Bernier, titulaire de la chaire en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa. «Ils sont lus par une frange politisée qui a déjà son opinion et n’en changera que petit à petit.»
Les médias traditionnels ont fait leur travail d’enquête
Par contre, en région, les médias ne disposent pas des budgets et ressources leur permettant de réaliser ce type d’enquête. Les médias citoyens (blogues, forums) ont fait office d’amplificateurs.
«Les blogueurs fonctionnent comme les animateurs de lignes ouvertes, dit-il. Ils lisent les journaux et ils commentent.»
La vie politique n’a pas suffisamment de place dans les médias
Les chiens de garde de la démocratie se détournent-ils de leur cible dès qu’un os alléchant leur est jeté (la soirée des élections, entre le Gala de l’ADISQ et l’épisode clé de la série de télé réalité) ?
«La structure de certains médias et l’environnement social peuvent être défavorables à l’enquête»
* Anne-Marie Gingras, professeure agrégée de science politique à l’Université Laval, spécialiste des rapports entre la démocratie et les médias.
** Marc-François Bernier, titulaire de la chaire en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa.
Passages : Suivre les 2 journalistes français sur la piste de la révolution numérique entre Bamako et Dakar
Excellent blogue de l’Atelier des médias, animé par Philippe Couve. Bel exemple de collaboration et de partage des connaissances et usages entre professionnels de l’information.
Un reportage qui pourrait nous en apprendre. Afrique entre aussi dans l’ère numérique. Quels sont les enjeux sociaux et politiques ? Quelles sont les pratiques innovantes ? Comment les utilisateurs adaptent-ils les outils à leurs besoins, à leurs différents contextes ?
Journalistes 2.0
Les journalistes, Jean Abbiateci et Antonin Sabot, publient un blogue sur LeMonde.fr (Africascopie), un complice diffuse une frise chronologique (charmant équivalent pour « interactive timeline ») qui permet de les suivre en temps réel. On pourra échanger avec eux via Twitter.
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