Archive pour ‘modèles’
Passages : Économie de la culture, industries de contenu et développement du numérique
Économie de la culture – Bloc-notes de Jean-Michel Salaün
L’économie de la culture est-elle particulière ?
Jean-Michel Salaün fait le lien entre l’article de Xavier Greffe (un des experts en analyse économique de la culture en France) et le développement du numérique. Également d’un très grand intérêt pour les industries de contenu.
3 grands thèmes pour alimenter une réflexion sur l’économie du numérique :
Faible durabilité de la culture dans une économie de marché
Où on reconnaît que l’art est créateur de bien être collectif tout en entretenant la vision romantique de l’artiste qui ne peut vivre de son art.
L’offre et la demande: incertitude des deux côtés du marché
Le producteur de l’activité artistique ne sait pas comment celle-ci sera reçue, le demandeur potentiel en ignore la qualité (ni identifiée et/ou ni expérimentée).
Levier de développement durable
« /…/la contribution de la créativité artistique à la qualité des produits et au renforcement de la compétitivité ; la satisfaction de besoins sociaux ; le renforcement de l’attractivité et de la dynamique des territoires.»
Liens partagés par J-M S
Notes d’un économiste: Blogue de Mathieu Perona, doctorant en économie et wikipédien. Billets sur l’économie de la culture, les industrie de contenu et sur la propriété intellectuelle.
Panorama sur l’économie de la culture – Page Wikipédia
Passages : Il faut socialiser l’intranet
The Content Economy by Oscar Berg: Why traditional intranets fail today’s knowledge workers
Si les intranets connaissent autant d’échecs auprès des métiers qui font une consommation/production intensive du savoir (données, information, documents) c’est que leur conception repose sur la poussée automatique de contenu (« push technology »).
Caractéristiques d’un intranet du modèle « push » :
- Contenu produit à l’avance ou sélectionné;
- Besoins informationnels anticipés;
- Contenu produit par un ensemble de ressources spécialisées;
- Le contrôle du message, le format et l’organisation de l’information sont sous la responsabilité d’un groupe d’individus.
Ce modèle ne peut donc pas répondre adéquatement aux besoins d’information imprévus, aux contributeurs potentiels issus de l’ensemble des membres de l’organisation et à la nécessaire sérendipité (« découverte d’individus ou d’information que nous ne savions pas que nous cherchions »), autrement dit, la longue traîne de l’information.
L’intranet du modèle « pull » est un intranet social :
- Abondance de contenu;
- Diversité de sources et de contributeurs;
- Rôle essentiel des filtres (technologie et effet de réseau);
- Auto régulation (communautés d’intérêt).
Le principal enjeu d’un intranet est la longue traîne de l’information.
Un intranet pourrait combiner un système d’information stable pour répondre aux besoins courants et prévisibles et un système d’information organique (social) pour favoriser la recherche de solutions créatives à des situations imprévisibles.
Passages : Modèles économiques du livre numérique
Modèles économiques d’un marché naissant: le livre numérique
Analyse des différentes configurations possibles du marché du livre numérique incluant les marchés émergents (dont le Canada). Étude publiée par le Ministère de la Culture et de la Communication (France)
Effets de la dématérialisation sur les modèles
- La dématérialisation du livre entraîne la disparition éventuelle de certains acteurs (distributeurs et diffuseurs) et l’apparition de nouveaux acteurs sont les agrégateurs et les opérateurs de téléphonie mobile (plateformes de distribution).
- Une autre conséquence de la dématérialisation est le déplacement de la valeur: de l’objet à l’accès, du contenu au service.
Marchés émergents : Canada, Québec
Aperçu de différents marchés et de leurs particularités dont ceux du Japon, des États-Unis et du Canada. Spécificité culturelle oblige, le Québec se démarque du reste du pays.
Canada :
Le marché du livre numérique reste très modeste, dans un contexte de marché global stagnant (– 0,8% de 2005 à 2008) sans éditeur tête de proue du numérique ni d’équipementier ayant développé une offre de terminaux spécifiques. Le Canada anglophone se construit en partie dans le sillage des États-Unis avec une offre plus modeste − les leaders sont des acteurs de la distribution de livres imprimés au premier rang desquels l’enseigne Indigo Books & Music, présente avec le libraire américain Borders au capital de Kobo.
Québec :
Dans un marché de taille modeste, les éditeurs, soucieux de se développer sur le segment numérique, ont engagé une politique volontariste et spécifique par l’intermédiaire des organisations professionnelles, l’Association nationale des éditeurs (Anel) et l’Association pour l’exportation du livre canadien (AELC), à l’instar de la politique publique volontariste existant pour le livre imprimé. En juin 2009, la création concertée d’un entrepôt numérique met à disposition des librairies et éditeurs une plate-forme professionnelle unique.
Passages : Musique: perpétuer le modèle ou innover
The big question: The next 10 years of the music industry
Le magazine Wired a demandé à quelques experts de l’industrie de la musique quel sera le plus important changement à survenir au cours des 10 prochaines années. Une perspective qui varie selon l’attachement au modèle traditionnel.
Attitude attentiste
Ne rien changer au modèle économique actuel et beaucoup attendre des grandes organisations (la plus grande part de budget des maisons de disque est allouée à la promotion traditionnelle et à l’organisation des tournées).
“ But will the meagre subscription and advertising cuts that bands and labels make be enough to sustain them? If not, who will take financial responsibility for developing and touring new artists? ” (Krissi Murison, Editor, NME)
Attitude proactive
Être à l’écoute des mutations qui affectent la création, la production, la promotion et la consommation de la musique et agir dans son champ d’expertise.
Diffusion
“ With no industry pushing manufactured hits on us, the only music bubbling up to public recognition will be the truly powerful or fascinating ” (Derek Sivers, fondateur de CD Baby, un distributeur indépendant)
Technologie
“ New forms of listening to music and creating music ” (Karlheinz Brandenburg, co créateur du format MP3)
Communautique
“/…/ continued shift from ownership of music to access to music. /…/ a new era of sharing, discovery and social connectivity around your music and friends. ” (Daniel Ek, PDG et fondateur de Spotify)
Passages : Magazines sur iPad: payer pour quoi et combien ?
Disposable Content On The Non-Disposable iPad
À la recherche d’un modèle économique (toujours élusif) pour les médias.
Billet publié sur TechCrunch à propos de la diffusion de magazines sur iPad. Mettre un prix sur un produit permet de réfléchir sur sa valeur réelle et perçue et sur le comportement des consommateurs.
Quelques éléments à considérer avant de se lancer dans une nouvelle entreprise de distribution de contenu sur iPad.
Les nouveaux supports mobiles (vraiment mobiles: des téléphones intelligents au iPad) transforment notre façon de consommer les médias (et les autres contenus).
Le contenu des médias est jetable (d’où la faible valeur perçue, par rapport à la musique, par exemple).
La valeur des magazines (et de certains journaux) tient à leur support (objet) et à leur présentation visuelle. Avantage que certains éditeurs de site web tentent de récupérer par l’intégration de technologies qui reproduisent l’expérience du feuilletage, son inclus.
La dématérialisation des contenus et leur usage unique (contenu informationnel) contribuent à la dévalorisation de leur valeur.
La plupart des consommateurs qui achètent la version imprimée d’un magazine, refusent de payer lorsque ce magazine est offert en ligne. Cette attitude est également courante chez les utilisateurs de iPad où la version numérique de certains magazines est tout aussi séduisante que la version papier. Nous attendons-nous à la gratuité des contenus qui sont en ligne ?
Ces mêmes consommateurs seront souvent prêts à débourser pour télécharger des applications sur leur iPad. Certains éditeurs ont ajusté leur modèle et vendent à présent l’application qui permet d’accéder à leur contenu en ligne (le modèle d’abonnement reporté sur l’usage de l’application). D’autres prévoient vendre leur contenu le biais d’une application spécifique à chaque numéro.
Chose certaine, les consommateurs ne s’attendent pas à payer cher pour accéder à la version dématérialisée d’un magazine, aussi attrayante soit-elle.
Passages : Le numérique est une chance pour la presse
L’«hyperjournaliste» Plenel et Internet – Le numérique doit dorénavant se situer en amont de la chaîne | Le Devoir
Parallèle avec l’enquête sur la présence web des magazines où le numérique n’est encore, dans la plupart des cas, qu’une extension de l’édition imprimée avec toutes les contraintes et les faiblesses que cela impose à l’émergence de nouveaux médias.
Le numérique doit être au cœur de la production de contenu (imprimé et en ligne).
Après, on pourra faire un journal, un magazine ou autre chose. Le journal en papier doit bouger, car il s’adresse à un public qui a déjà eu de l’information. Il doit comprendre que le numérique n’est pas la déclinaison du papier. La crise des médias n’est pas une bataille de support. C’est une crise de l’offre. La presse doit se recentrer sur sa plus-value, sa spécificité, son identité éditoriale.
Un changement qui suscite des craintes chez ceux qui n’ont pas compris (ou ne veulent pas comprendre) les nouveaux usages et pratiques du web.
Les médias doivent se recentrer sur leur plus précieux actif: une information de qualité, à valeur ajoutée et originale (marque).
Article du cahier spécial du Devoir publié en marge du colloque Le journal indépendant: vue de l’esprit ou phare de la démocratie? qui aura lieu vendredi le 12 mars, à la Bibliothèque nationale du Québec.
Passages : Magazines web encore tributaires de l’édition imprimée
Magazines and Their Web Sites: A Columbia Journalism Review survey and report
Résultats d’une enquête à laquelle ont participé 665 magazines aux État-Unis. Les réponses démontrent, entre autres, que le mode de gestion et le processus décisionnel de l’éditions imprimée ne conviennent pas à l’édition web.
Quelques résultats:
Compétences web
En général, l’édition en ligne est tributaire des décisions de l’édition imprimée. La profitabilité de l’édition en ligne est directement liée à l’indépendance de sa rédaction (tant pour les décisions de nature éditoriale que budgétaire.)
La plupart des employés n’ont aucune expérience web préalable.
Qualité du contenu
Les éditions sont beaucoup moins pointilleuses quand il s’agit de contenu en ligne que pour leur produit imprimé (le contenu fait l’objet, en général, de beaucoup moins de révision et de validation).
Originalité
La raison la plus fréquemment invoquée pour publier sur le site un contenu déjà paru en version imprimée est le recyclage.
Stratégie publicitaire
Dans la plupart des magazines, l’édition imprimée et en ligne partage le même service de ventes publicitaires. Pas étonnant que les stratégies publicitaires des sites soient si mal adaptées au web.
Modèles économiques
Un tiers seulement des sites de magazines font des profits.
L’offre gratuite de contenu en ligne n’a pas nécessairement d’effet négatif sur la rentabilité des magazines.
Manque de planification
20% des magazines ne savent pas s’ils font ou non des profits.
Ceci permet de confirmer ce qu’on avait deviné (et expérimenté au cours de projets web avec des groupes média): il n’y a pas de réelle stratégie, ni de planification (et encore moins d’analyse coût-bénéfice) derrière la présence web de la plupart des magazines.
Contenu payant – Qui payer ? Payer pour quoi ? Payer combien ?
Tout a un prix, même le contenu gratuit. Sélection de signets de la semaine.
Rédaction : Mieux vaut vendre qu’informer
Le travail du concepteur-rédacteur web (connoté publicité, communication, marketing) est mieux rémunéré que celui de journaliste. Aurélie Bernard, rédactrice web, effectue d’intéressantes recherches en rémunération : tarifs recueillis auprès de rédacteurs et journalistes pigistes (France).
Point intéressant : les nuances, tant pour la perception des clients que pour la rémunération, entre le concepteur-rédacteur et le journaliste.
Application pour iPhone : modèle à explorer pour la presse
Le iPhone a habitué ses utilisateurs à payer pour l’accès au contenu. Ceux-ci sont donc plus enclins à débourser 1,99 dollar par année pour une application présentant des contenus exclusifs. Exemple de l’application de Sport Illustrated pour iPhone: un utilisateur sur trois achète du contenu additionnel.
Point intéressant : les consommateurs de contenu payant ne constituent pas une meilleure audience pour les publicités en ligne. La stratégie publicitaire du journal ne sera donc pas liée au modèle d’abonnement.
Article du Devoir sur le juste prix à payer pour voir un contenu vidéo (émission de télévision en rediffusion sur le web). Un prix ne dépassant pas les 3 dollars peut-il couvrir la production de contenu créatif?
Point intéressant : même s’ils ont un faible pour la gratuité, les consommateurs sont prêts à payer pour des contenus. Ces derniers sont, dans l’ordre : les films, la musique, les vidéos professionnels (émission de télévision?), les journaux.
Édition numérique : le marketing reste le marketing
Les maisons d’édition jugent les attentes des consommateurs irréalistes lorsque ceux-ci estiment que la numérisation devrait entraîner une baisse considérable du prix des livres. L’éditeur de la revue The Atlantic dresse une liste des coûts de production d’un livre; liste dans laquelle les frais de représentation (repas et évènements) occupent la plus large part.
L’édition numérique au Québec: aborder le changement
La fabrique du numérique : une journée d’échanges résumée en 60 secondes. Vidéo de Clément Laberge (Remolino)
Tout récemment avait lieu un évènement organisé par la Fabrique du numérique autour des métamorphoses du livre et des enjeux de l’édition numérique.
Dans son compte rendu, l’un des organisateurs, Clément Laberge, note le peu d’intérêt des participants pour les métadonnées. Celles-ci sont la condition de réussite pour la diffusion, l’accès et le partage de l’information sur les œuvres numériques. Deux mondes: les sciences de l’information et l’industrie du livre.
Un autre organisateur, René Audet, relève l’attentisme qui prévaut dans le domaine de l’édition, face à la révolution numérique. Attendre que les modèles économiques se définissent d’eux-mêmes c’est laisser le champ libre aux acteurs qui sont en position de force, au détriment de l’innovation.
Une initiative dont nous pourrions nous inspirer pour la musique.
Modèle d’édition à sens unique
ou quand l’expérience de l’utilisateur est limitée au feuilletage des pages (son en option).
Comme certains quotidiens (Le Devoir, La Presse), Le journal Les Affaires est à présent disponible en format numérique. Un modèle d’édition à sens unique où l’utilisateur interagit avec les contenus, mais jamais avec les autres utilisateurs. Ce modèle présente l’avantage de contrôler la diffusion de contenu, mais réduit considérablement l’expérience utilisateur. La version papier traditionnelle se révèle tout à coup beaucoup plus utile pour partager et signaler des contenus et pour les annoter.
Les versions numérisées des journaux et magazines sont fermées. Elles permettent de perpétuer un vieux modèle économique basé sur le contrôle, la rareté et la communication unidirectionnelle. Un mirage pour les entreprises qui espèrent toujours un retour au bon vieux temps : les consommateurs de l’ère numérique ont de nouvelles attentes qui ne sont pas du tout en phase avec l’ancien modèle (abondance de contenu, ouverture, personnalisation, partage, réutilisation, interopérabilité).
Merci à Louis Durocher (@orenoque) pour le signalement de cette nouvelle.

