Archive pour ‘édition’
Apple : intégrer la chaîne du livre, de l’auteur au lecteur
Serions-nous séduits par un jardin au point de ne pas nous inquiéter de l’absence de portes de sorties ?
Le nouveau programme d’autoédition lancé par Apple propose un modèle de production très audacieux. Voici un premier aperçu et quelques commentaires à chaud, publié par Martin Lessard sur Triplex, le blogue techno de Radio-Canada.
Apple à l’assaut du livre scolaire 2.0
Il est évident qu’Apple a compris depuis le début ce qu’il fallait faire : offrir gratuitement des outils de création et les gens s’y précipiteront pour y créer du contenu. Il faudra bien éventuellement qu’ils achètent la plateforme de production ou de lecture (l’iPad) et qu’ils passent par des tuyaux pour diffuser leur contenu (l’iTunes U). C’est à ce moment-là précis qu’Apple est à la caisse enregistreuse.
Une discussion sur les possibles avantages pour l’amélioration des pratiques dans le domaine de l’éducation s’est poursuivie sur mon fil Google+ avec Mario Asselin, spécialiste des technologies et de l’éducation (entre autres choses).
Je suis prêt à modifier ma position si on me prouve que l’outil de l’écosystème iBooks 2, iBooks Author et iTunes U permet facilement la co-construction via la capacité d’adapter un manuel par un prof et des élèves qui l’utiliseraient, ceci dans une dynamique où l’interopérabilité des dispositifs serait au service de l’avancement des connaissances et des itinéraires pour les présenter à des apprenants qui n’intègrent pas tous en même temps les mêmes choses au même rythme.
Un autre commentaire, à chaud, par Clément Laberge, un des spécialistes québécois de l’édition numérique que je suis, (avec Christian Liboiron et Patrick M. Lozeau). Un commentaire prudent qui résonne comme une mise en garde.
Et si Apple était devenu éditeur ?
Non, décidément, je ne reproche rien à Apple. Et je n’en suis pas moins admiratif. Je juste un peu préoccupé de l’absence de produits/services/approches alternatives pour éviter une hégémonie qui me semble incompatible avec ma vision de l’éducation et de la culture en général.
Apple détournerait-il le standard de l’édition numérique, EPUB, à son profit ? Des questions adressées à Apple par un des collaborateurs de ZDNet, Ed Bott. Les réponses sont attendues.
How Apple is sabotaging an open standard for digital books
So, for nearly two years, Apple has wooed digital book publishers and authors with its unconditional support of an open, industry-leading standard. (The EPUB standard is managed by the International Digital Publishing Forum [IDPF], of which Apple Inc. is a member.)
With last week’s changes, Apple is deliberately sabotaging this format. The new iBooks 2.0 format adds CSS extensions that are not documented as part of the W3C standard. It uses a closed, proprietary Apple XML namespace. The experts I’ve consulted think it deliberately breaks the open standard.
À jouter dans mes liens sur la guerre de l’Internet ?
La guerre de l’Internet ce sont des batailles pour la propriété intellectuelle et le contrôle des utilisateurs (contrôle de ce à quoi on accède et du comment on y accède). Apple est la plateforme technologique, l’éditeur, le responsable du marketing et le détaillant. Les acteurs de l’écosystème de l’édition doivent analyser les avantages et les risques (ou concessions) qui sont présents dans un tel système.
Le livre: pirates et conquérants
Celui qui pille avec un petit vaisseau se nomme pirate ;
celui qui pille avec un grand navire s’appelle conquérant.
Proverbe grec.
Il y a un an, lors du précédent évènement, l’émotion était perceptible pendant les discussions. On la sentait moins, cette année, cette inquiétude face au renversement des modèles établis. Était-ce en raison d’une certaine acceptation (résignation) ou plus simplement parce que les principaux tenants du statu quo n’y étaient pas ?
Aux abonnés absents
Absence remarquée des représentants des organisations suivantes:
- Grands groupes d’édition, apparemment tous partis au Saguenay (Salon du livre).
- Chaînes de librairies.
Bibliothécaires = médiateurs ou passeurs
Les bibliothécaires toujours aussi présents et intéressés. Dommage qu’on ne leur donne pas suffisamment de place (peut-être devraient-ils/elles la prendre).
À l’opposé du cerbère de la bibliothèque du roman d’Umberto Ecco, les bibliothécaires d’aujourd’hui sont les médiateurs de l’écosystème de l’édition (garants de l’accès aux livres, experts des catalogues et métadonnées, vigies de l’évolution du système).
Verrous numériques
Les bibliothèques publiques et académiques semblent être le dernier Klondike de certains groupe d’édition. L’usage des DRM constitue un enjeu important pour l’accès à la culture et aux connaissances et les bibliothécaires n’ont (jusqu’à présent) pas d’autre choix que de faire avec.
En réduisant considérablement l’accès, cette technologie nuit aux consommateurs, aux éditeurs et aux créateurs en étouffant le marché. À qui profitent les DRM alors ? Aux entreprises de logiciels.
Les liseuses sur les tablettes ?
Alexandre Enkerli a remarqué qu’on a peu parlé des liseuses, alors qu’Amazon vient tout juste de lancer son Kindle Fire.
Et les auteurs dans tout ça ?
Bruno Boutot, communicateur-journaliste-vrai-spécialiste-des-communautés a énoncé la plus belle opportunité pour les auteurs. Je l’ai condensée en moins de 140 caractères:
La communauté autour de l’auteur et non du livre. L’auteur passe au numérique pour être le gestionnaire de sa communauté.
Moments de poésie
Au cours des éternelles discussions sur le piratage, réminiscences d’Aragon et Vialatte.
@karlpro les auteurs, les poètes sont les plus grands pirates. Ils volent à chaque coin de rue, les baisers, les colères, les émotions. #bcmtl
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@joplam #bcmtl Les pirates sont aussi des consommateurs (@culturelibre) #hygrade
@sebprovencher @joplam J’ai envie de répondre « ils achètent des perroquets, des navires et des cache-oeil » mais je ne le ferai pas…
Marie-Christine Lemieux-Couture, auteure : « Je me pirate moi-même. Je donne mes livres à ma famille, mes amis. »
Pour rattraper le fil des échos sur Twitter : #bcmtl.
Bookcamp Montréal: le livre a-t-il été enterré ?
En retournant au Bookcamp Montréal cette année, je me demande si nous (participants) saurons porter plus loin notre exploration des possibles avenues pour la transformation du secteur du livre. Malgré l’inégalités des prestations (normal, dans un camp), j’avais beaucoup apprécié la plupart des échanges de l’édition précédente, notamment ceux autour de l’intevention volontairement provocante de Karl Dubost (voir ci-après).
Retour sur le Bookcamp 2010
Pour ceux qui souhaitent reprendre la conversation sur certains points chauds, voici le billet de Karl Dubost: Aujourd’hui, on enterre le livre. C’est une perspective que les acteurs du livre ne partagent pas tous, cependant, il y a des questions qui sont des coups de sonde pour les fondations du système. Karl rapporte également dans son billet les principaux sujets de discussion du Bookcamp de 2010.
Mes avenues de recherche (ou de discussion) pour le Bookcamp 2011:
Quels changements ?
Internet change irrémédiablement les modèles économiques, les contenus et les usages. Un changement qui devrait ébranler tous les secteurs d’activité humaine et économique.
- Quels sont les éléments de la chaîne du livre et les usages (créateurs et consommateurs de contenus) qui changent réellement ?
- Doit-on protéger une industrie (et les conventions et privilèges ou favoriser un environnement propice à la création ?
Consomm-acteurs de contenus
La plupart des jeunes de la prochaine génération auront probablement grandi les deux pouces sur les manettes de jeu, les yeux passant d’un flux de messagerie instantanée à une vidéo sur le Web et les oreilles remplies d’un fond musical issu de fichiers mp3.
- Que signifiera écrire un livre pour la plupart des créateurs de cette génération ?
- Comment créeront-ils des récits, des guides d’apprentissage, des oeuvres d’art avec les mots ?
Comment hausser le niveau des échanges ?
J’ai trouvé beaucoup de connexions concernant nos rapports ambivalents à l’ère dans laquelle nous vivons dans les capsules vidéo de la série L’édifice sur la culture contemporaine. L’intro musicale est un peu longuette et on apprécierait entendre les interventions de Vincent Olivier, mais c’est une de rares séries qui m’a accroché.
Le virage numérique c’est pour quand ?

Lors de la présentation du budget du Québec, en mars dernier, le Ministre des Finances, Monsieur Raymond Bachand, a annoncé des mesures pour « poursuivre le virage numérique ».
Nombre de publications américaines encouragent les entreprises qui font du commerce électronique à mieux cibler le marché canadien. Pendant ce temps, au Québec, nous investissons dans la numérisation de contenu et dans les infrastructures, mais pas dans l’appropriation des technologies et la connaissance des usages numériques. Notre commerce électronique et notre économie numérique sont en retard. À quand un programme pour le transfert de l’expertise numérique vers nos gestionnaires d’entreprises ?
Patrice-Guy Martin, directeur général du Réseau ActionTI, a fait une remarque en ce sens dans son billet Les premiers jalons d’une stratégie numérique pour le Québec :
/../ trop peu de PME québécoises disposent d’un site Web transactionnel. Bien qu’un meilleur réseau, plus rapide, constitue un outil pouvant favoriser le développement du commerce électronique, nous croyons à la nécessité d’autres mesures originales et structurantes pour soutenir l’usage stratégique des TIC.
Élément révélateur rapporté par Direction Informatique : absence du mot « informatique » dans l’allocution du ministre. Est-ce l’amorce du passage d’une vision essentiellement technologique à une culture numérique issue d’un métissage de champs de pratiques (technologies, sciences humaines, arts visuels, administration des affaires, etc.)
Passages : la tablette n'est pas la bouée de sauvetage de l'imprimé
Survey finds iPad negatively affecting print media
Article repéré par l’agence web TP1.
Se servir de supports électroniques pour vendre plus de publications imprimées est une mauvaise idée. Cette stratégie n’exploite pas les avantages spécifiques du numérique et ne tient pas compte du changement de comportement d’une partie grandissante des consommateurs.
Inclure les tablettes numériques dans votre stratégie de distribution (ou de visibilité par la diffusion) est une meilleure idée.
While this trend may ultimately curtail print editions, it also creates a new distribution method for those newspapers willing to move out of their comfort zone. Several large newspapers, including the WSJ, The New York TImes, and the London-based City A.M., are making that transition and have released iPad apps.
Et alors ?
- Les habitudes des consommateurs évoluent plus rapidement que l’industrie des médias. N’oubliez pas vos utilisateurs actuels et potentiels lorsque vous élaborez votre stratégie de marché.
- Cessez de tenter de reproduire ce que vous connaissez, vous n’êtes plus en territoire connu (les nouvelles technologies n’ont peut-être pas encore changé votre façon de voir les choses, nous ne sommes qu’au début d’une vague de changements). Comme bien d’autres, sortez de votre zone de confort en explorant de nouveaux usages.
- Attention aux mirages : le modèle de distribution d’Apple n’est pas avantageux pour tous les éditeurs de contenu (iPad au secours des vieux modèles ?).
Dépasser les limites du livre – BookCamp Montréal 2010
Retour sur mes notes prises lors du BookCamp Montréal, 26 novembre 2010 au Salon b Bibliocafé.

Particularité du «camp» (anti-conférence) : élaboration collective du programme de la journée.
Cette première édition semble déjà un succès : la salle est pleine et l’assistance est diversifiée (secteurs d’activité, groupes d’âge).
Pour suivre le fil des commentaires sur Twitter: #bcmtl.
Oser
Il semble qu’il soit difficile de sortir du modèle du livre imprimé (et même du support papier). Quelques exemples:
- Utiliser l’iPad pour faire vendre plus de copies papier.
- Utiliser une application pour produire une version numérique d’un document papier.
- Créer une application pour tablette qui imite le livre.
Évidemment, rien n’oblige un éditeur ou un auteur à délaisser le livre pour se jeter sur les pixels. Mais si on tente l’expérience du numérique, pourquoi ne pas s’en servir pour aller au delà des limites de l’imprimé et explorer les possibilités du nouveau médium ?
Comment accroître son potentiel d’innovation et trouver des solutions à ses problèmes quand on se cantonne à ce qu’on connait ?
Quand les frontières entre les pratiques deviennent floues
La dématérialisation de l’objet «livre» et l’élargissement des horizons du monde de l’édition dans l’espace numérique effraient. C’est une réaction naturelle; ces changements questionnent la pertinence des métiers et des façons de faire. L’antidote à l’incertitude est l’acquisition de connaissances pour se fixer de nouveaux repères (et pas nécessairement pour changer radicalement sa pratique).
Qu’est ce qu’un livre ?
J’ai perçu l’inconfort de plusieurs intervenants face aux définitions mêmes des objets qui sont remises en question. Un livre interactif est-il un livre ou un jeu ? Ou ne serait-ce pas plutôt une application ? On peut s’interroger sur ce qui motive cette volonté de marquer les frontières entre les manifestations créatives.
Notre définition de l’objet limite-t-elle notre capacité d’innovation ? C’est une question que pose Mitch Joel dans un billet tout juste publié : When The Definitions Are Wrong.
Analphabétisme numérique
Beaucoup d’acteurs de monde de l’édition (dont beaucoup d’éditeurs) ne sont pas encore familiers avec les nouvelles technologies. Comment parler des enjeux de distribution numérique quand on ne sait pas faire la différence entre un fichier et une page web ? Comment interpréter les changements, identifier les menaces, oui, mais surtout les opportunités d’innovation ?
Des paroles qui dérangent (pour notre bien)
Karl Dubost (@karlpro), qui contribue activement à l’exploration des possibilités du web a bien tenu le rôle de catalyseur (ou «brasseur de cage») qu’il avait déjà joué, face à un auditoire en partie ravi et en partie sur la défensive, aux rencontres de l’Espace Infusion, lors du Festival du nouveau cinéma.
On pourra longuement réfléchir sur ce constat: « La technologie modifie les comportements, le marché et donc la culture. L’infrastructure n’est pas neutre.»
Voir le compte-rendu de cet évènement par Karl Dubost, sur son carnet.
Formation oui, mais vers qui se tourner ?
Les artistes sont ceux qui ont le moins à craindre des changements du numérique, contrairement aux éditeurs, distributeurs qui sont menacés par de nouveaux intermédiaires comme iTunes et qui devront nécessairement se réinventer. Cependant, où les créateurs peuvent-ils acquérir les connaissances requises pour profiter des avantages du numérique ? Les organisations associatives ne devraient-elles pas prendre rapidement l’initiative et offrir à leurs membre une formation aux outils et pratiques des nouvelles technologies ?
Où sont les bibliothécaires ?
Malgré une assistance diversifiée, nous n’avons pas entendu de bibliothécaires, exception faite d’Olivier Charbonneau qui s’en est tenu à la dimension juridique (voir plus bas). Les bibliothèques constituent des points d’accès publics et gratuits à l’information. Cette profession a pourtant un rôle actif à jouer dans l’écosystème de l’édition, tant par son expertise spécifique que sa position privilégiée d’intermédiaire entre les utilisateurs/lecteurs et l’offre.
Où sont les sociétés de gestion collective ?
Il a beaucoup été question de propriété intellectuelle, il aurait été intéressant d’entendre les commentaires de représentants des sociétés de gestion collective de droits d’auteur.
Protéger la création et encourager la diffusion
À lire et à méditer par tous les intervenants concernés par la diffusion et la distribution de contenus culturels à l’ère numérique, et plus spécialement, les sociétés de gestion collective de droits d’auteur. Selon Olivier Charbonneau (@culturelibre), il est plus payant, pour les éditeurs, de vendre un droit d’accès unique; c’est une économie de bien privé. Le numérique nous offre une économie de bien public.
Présentation d’Olivier Charbonneau : Le droit du livre.
Un grand absent: celui/celle qui fait sonner la caisse
Acteur central et élément clé du modèle économique, le consommateur était absent des présentations. Le numérique a-t-il changé nos usages et notre consommation de contenus culturels ? Si oui, comment ces changements se traduisent-ils ?
Culture, médias et divertissement: des enjeux communs
L’édition, la musique, les journaux et magazines, le cinéma: toutes les industries culturelles, même le jeu vidéo (voir le billet sur les conférences du Sommet international du jeu de Montréal) ont des enjeux communs et des expérimentations à partager. Internet change irréversiblement la façon dont nous créons, produisons, promouvons et consommons des produits culturels. Pour s’adapter (ou survivre) aux bouleversements, les entreprises et créateurs doivent accroître leur capacité d’innovation. C’est possible, avec des rencontres du même type que celles de vendredi dernier qui favorisent les échanges entre spécialistes, industries et initiés et non-initiés.
Passages : Modèles économiques du livre numérique
Modèles économiques d’un marché naissant: le livre numérique
Analyse des différentes configurations possibles du marché du livre numérique incluant les marchés émergents (dont le Canada). Étude publiée par le Ministère de la Culture et de la Communication (France)
Effets de la dématérialisation sur les modèles
- La dématérialisation du livre entraîne la disparition éventuelle de certains acteurs (distributeurs et diffuseurs) et l’apparition de nouveaux acteurs sont les agrégateurs et les opérateurs de téléphonie mobile (plateformes de distribution).
- Une autre conséquence de la dématérialisation est le déplacement de la valeur: de l’objet à l’accès, du contenu au service.
Marchés émergents : Canada, Québec
Aperçu de différents marchés et de leurs particularités dont ceux du Japon, des États-Unis et du Canada. Spécificité culturelle oblige, le Québec se démarque du reste du pays.
Canada :
Le marché du livre numérique reste très modeste, dans un contexte de marché global stagnant (– 0,8% de 2005 à 2008) sans éditeur tête de proue du numérique ni d’équipementier ayant développé une offre de terminaux spécifiques. Le Canada anglophone se construit en partie dans le sillage des États-Unis avec une offre plus modeste − les leaders sont des acteurs de la distribution de livres imprimés au premier rang desquels l’enseigne Indigo Books & Music, présente avec le libraire américain Borders au capital de Kobo.
Québec :
Dans un marché de taille modeste, les éditeurs, soucieux de se développer sur le segment numérique, ont engagé une politique volontariste et spécifique par l’intermédiaire des organisations professionnelles, l’Association nationale des éditeurs (Anel) et l’Association pour l’exportation du livre canadien (AELC), à l’instar de la politique publique volontariste existant pour le livre imprimé. En juin 2009, la création concertée d’un entrepôt numérique met à disposition des librairies et éditeurs une plate-forme professionnelle unique.
Passages : Le numérique est une chance pour la presse
L’«hyperjournaliste» Plenel et Internet – Le numérique doit dorénavant se situer en amont de la chaîne | Le Devoir
Parallèle avec l’enquête sur la présence web des magazines où le numérique n’est encore, dans la plupart des cas, qu’une extension de l’édition imprimée avec toutes les contraintes et les faiblesses que cela impose à l’émergence de nouveaux médias.
Le numérique doit être au cœur de la production de contenu (imprimé et en ligne).
Après, on pourra faire un journal, un magazine ou autre chose. Le journal en papier doit bouger, car il s’adresse à un public qui a déjà eu de l’information. Il doit comprendre que le numérique n’est pas la déclinaison du papier. La crise des médias n’est pas une bataille de support. C’est une crise de l’offre. La presse doit se recentrer sur sa plus-value, sa spécificité, son identité éditoriale.
Un changement qui suscite des craintes chez ceux qui n’ont pas compris (ou ne veulent pas comprendre) les nouveaux usages et pratiques du web.
Les médias doivent se recentrer sur leur plus précieux actif: une information de qualité, à valeur ajoutée et originale (marque).
Article du cahier spécial du Devoir publié en marge du colloque Le journal indépendant: vue de l’esprit ou phare de la démocratie? qui aura lieu vendredi le 12 mars, à la Bibliothèque nationale du Québec.
Passages : Magazines web encore tributaires de l'édition imprimée
Magazines and Their Web Sites: A Columbia Journalism Review survey and report
Résultats d’une enquête à laquelle ont participé 665 magazines aux État-Unis. Les réponses démontrent, entre autres, que le mode de gestion et le processus décisionnel de l’éditions imprimée ne conviennent pas à l’édition web.
Quelques résultats:
Compétences web
En général, l’édition en ligne est tributaire des décisions de l’édition imprimée. La profitabilité de l’édition en ligne est directement liée à l’indépendance de sa rédaction (tant pour les décisions de nature éditoriale que budgétaire.)
La plupart des employés n’ont aucune expérience web préalable.
Qualité du contenu
Les éditions sont beaucoup moins pointilleuses quand il s’agit de contenu en ligne que pour leur produit imprimé (le contenu fait l’objet, en général, de beaucoup moins de révision et de validation).
Originalité
La raison la plus fréquemment invoquée pour publier sur le site un contenu déjà paru en version imprimée est le recyclage.
Stratégie publicitaire
Dans la plupart des magazines, l’édition imprimée et en ligne partage le même service de ventes publicitaires. Pas étonnant que les stratégies publicitaires des sites soient si mal adaptées au web.
Modèles économiques
Un tiers seulement des sites de magazines font des profits.
L’offre gratuite de contenu en ligne n’a pas nécessairement d’effet négatif sur la rentabilité des magazines.
Manque de planification
20% des magazines ne savent pas s’ils font ou non des profits.
Ceci permet de confirmer ce qu’on avait deviné (et expérimenté au cours de projets web avec des groupes média): il n’y a pas de réelle stratégie, ni de planification (et encore moins d’analyse coût-bénéfice) derrière la présence web de la plupart des magazines.
Contenu payant – Qui payer ? Payer pour quoi ? Payer combien ?
Tout a un prix, même le contenu gratuit. Sélection de signets de la semaine.
Rédaction : Mieux vaut vendre qu’informer
Le travail du concepteur-rédacteur web (connoté publicité, communication, marketing) est mieux rémunéré que celui de journaliste. Aurélie Bernard, rédactrice web, effectue d’intéressantes recherches en rémunération : tarifs recueillis auprès de rédacteurs et journalistes pigistes (France).
Point intéressant : les nuances, tant pour la perception des clients que pour la rémunération, entre le concepteur-rédacteur et le journaliste.
Application pour iPhone : modèle à explorer pour la presse
Le iPhone a habitué ses utilisateurs à payer pour l’accès au contenu. Ceux-ci sont donc plus enclins à débourser 1,99 dollar par année pour une application présentant des contenus exclusifs. Exemple de l’application de Sport Illustrated pour iPhone: un utilisateur sur trois achète du contenu additionnel.
Point intéressant : les consommateurs de contenu payant ne constituent pas une meilleure audience pour les publicités en ligne. La stratégie publicitaire du journal ne sera donc pas liée au modèle d’abonnement.
Article du Devoir sur le juste prix à payer pour voir un contenu vidéo (émission de télévision en rediffusion sur le web). Un prix ne dépassant pas les 3 dollars peut-il couvrir la production de contenu créatif?
Point intéressant : même s’ils ont un faible pour la gratuité, les consommateurs sont prêts à payer pour des contenus. Ces derniers sont, dans l’ordre : les films, la musique, les vidéos professionnels (émission de télévision?), les journaux.
Édition numérique : le marketing reste le marketing
Les maisons d’édition jugent les attentes des consommateurs irréalistes lorsque ceux-ci estiment que la numérisation devrait entraîner une baisse considérable du prix des livres. L’éditeur de la revue The Atlantic dresse une liste des coûts de production d’un livre; liste dans laquelle les frais de représentation (repas et évènements) occupent la plus large part.



